La Thaïlande et la France veulent renforcer leur coopération après une rencontre entre Anutin Charnvirakul et Emmanuel Macron à Paris.
Les deux pays veulent accélérer leur coopération dans le commerce, l’investissement, la défense et la cybersécurité.
- La Thaïlande et la France veulent établir un partenariat stratégique officiel.
- Emmanuel Macron soutient la conclusion de l’accord UE-Thaïlande avant fin 2026.
- Les discussions ont porté sur l’IA, l’aérospatiale, la cybersécurité et la défense.
- Airbus, Thales et plusieurs groupes français envisagent de renforcer leur présence en Thaïlande.
Un dîner à l’Élysée pour sceller 170 ans de diplomatie
Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul et le président français Emmanuel Macron ont convenu d’élever les relations entre la Thaïlande et la France au rang de partenariat stratégique officiel.
Voir : France : la Thaïlande veut développer ses restaurants et accélérer son accord avec l’UE
La rencontre s’est déroulée le lundi 25 mai dans la soirée lors d’un dîner officiel au palais de l’Élysée à Paris, en présence de la délégation thaïlandaise.
Selon la porte-parole du gouvernement thaïlandais, Rachada Dhnadirek, les discussions ont porté sur le renforcement des relations économiques, technologiques et sécuritaires entre les deux pays, ainsi que sur plusieurs dossiers régionaux sensibles concernant notamment le Cambodge.
Un soutien français à l’accord de libre-échange UE-Thaïlande
La France a également réaffirmé son soutien à la conclusion des négociations sur l’accord de libre-échange entre la Thaïlande et l’Union européenne avant la fin de l’année.
Voir : La Thaïlande pousse pour un accord de libre-échange rapide avec l’UE
Cet accord constitue l’une des principales priorités économiques du gouvernement thaïlandais.
Les négociations avaient été lancées en 2013 avant d’être suspendues après le coup d’État militaire de 2014 en Thaïlande.
Elles ont officiellement repris en mars 2023.
Anutin Charnvirakul s’est déclaré convaincu qu’un tel accord créerait de nouvelles opportunités économiques et commerciales pour les deux parties.
IA, aviation et cybersécurité au cœur des discussions
Les deux dirigeants ont également évoqué le développement des investissements dans plusieurs industries à forte valeur ajoutée.
Les secteurs concernés incluent notamment :
- les énergies alternatives
- l’aérospatiale
- l’aviation
- les réseaux électriques intelligents
- les infrastructures pour les centres de données liés à l’intelligence artificielle
Les autorités thaïlandaises souhaitent profiter de l’expertise française dans ces domaines afin d’accélérer le développement des industries technologiques du royaume.
Voir : La Thaïlande et la France signent un accord majeur sur le développement
La Thaïlande et la France ont aussi convenu d’élargir leur coopération dans les domaines de la défense et de la cybersécurité, notamment dans le cadre des exercices militaires Cobra Gold menés avec les États-Unis.
Bangkok a également mis en avant ses partenariats internationaux contre la cybercriminalité, les escroqueries en ligne et les menaces numériques transnationales.
La Thaïlande réaffirme sa position sur le Cambodge
Au cours des discussions, Anutin Charnvirakul a réaffirmé l’engagement de la Thaïlande en faveur du dialogue pacifique et du respect du droit international concernant les différends frontaliers avec le Cambodge.
Le Premier ministre thaïlandais a indiqué que Bangkok poursuivrait les discussions dans le cadre des mécanismes juridiques internationaux, notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
Les deux pays ont également annoncé leur volonté de mettre en œuvre le Plan d’action conjoint pour le renforcement du partenariat franco-thaïlandais 2026-2028.
Emmanuel Macron a ensuite partagé plusieurs photos de cette rencontre sur ses réseaux sociaux, rappelant les 170 ans de relations diplomatiques entre la France et la Thaïlande.
Airbus, Thales et plusieurs groupes français intéressés par la Thaïlande
Plus tôt dans la journée, Anutin Charnvirakul avait rencontré les dirigeants de cinq grandes entreprises françaises afin d’encourager de nouveaux investissements en Thaïlande.
Les discussions ont réuni des représentants des groupes Imerys, Airbus, EssilorLuxottica, IN Groupe et Thales.
Les entreprises françaises ont exprimé leur confiance dans le climat d’investissement thaïlandais ainsi que dans les mesures de soutien mises en place par le gouvernement.
Imerys, spécialisé dans les matériaux avancés utilisés notamment pour les batteries de véhicules électriques, a été invité à renforcer ses investissements en Thaïlande afin de soutenir la chaîne d’approvisionnement régionale des véhicules électriques.
La Thaïlande reste actuellement la principale base de fabrication de véhicules électriques d’Asie du Sud-Est.
De son côté, Airbus a confirmé l’expansion de ses activités en Thaïlande, notamment dans les systèmes d’aviation numériques, l’ingénierie et la formation d’une main-d’œuvre spécialisée.
Voir aussi :
- La Thaïlande et la France renforcent leur partenariat stratégique
- Nouveau vol direct Paris–Phuket : Air France facilite les voyages en Thaïlande
- Macron : « la Thaïlande peut toujours compter sur l’amitié de la France »
Source : Bangkok Post
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2 commentaires
Je me pose la question suivante : qu’est-ce que la Thaïlande va fondamentalement gagner sur le plan économique à long terme de cette relation consolidée avec la France ?
Au lu de cet article, je constate surtout que la Thaïlande va « importer » sur son sol certaines industries françaises dans des domaines technologiques de pointe qui vont s’implanter avec des unités de fabrication et de développement qui vont permettre à ces sociétés françaises de disposer d’une porte grande ouverte proche d’une clientèle thaïlandaise et plus généralement asiatique déjà noyée par les technologies chinoises dans toutes les industries économiquement rentables au niveau mondial…
Alors, oui, il faut espérer dans une certaine mesure que de la main-d’œuvre thaïlandaise sera engagée au sein de ces sociétés et qu’un apport technologique pourra être injecté dans certaines sociétés industrielles et commerciales thaïlandaises, mais je doute que cet accord sera équilibré à un niveau de 50/50 entre les profits à court, moyen et long terme entre la Thaïlande et la France…
Mis à part, comme on l’a lu récemment dans un autre article, un accord de collaboration pour l’implantation en France d’un nombre plus important de restaurants thaïlandais authentiques et respectueux de la tradition culinaire thaïlandaise, je ne sais pas si la balance bénéficiaire de ces accords penchera globalement du côté thaïlandais…
Surtout, la création d’entreprise en France est équitable entre individus français ou étrangers.
Chose qui ne l’est pas ici.
Il ne faut pas rêver, la Thaïlande est lancée à pleine vitesse dans le déclin (comme d’autres pays).
L’équité est un mot inconnu dans le vocabulaire thaïlandais.