La vigueur du baht, passé sous le seuil des 31 pour un dollar pour la première fois en près de cinq ans, inquiète en Thaïlande.
Si la monnaie nationale traduit une certaine confiance des marchés, elle commence à peser sur le tourisme, les exportations et la compétitivité globale de l’économie.
- Le baht est passé sous le seuil de 31 pour un dollar, un niveau jugé préoccupant par les acteurs économiques.
- La vigueur de la monnaie pourrait freiner les réservations touristiques pendant la basse saison.
- Les exportateurs alertent sur une perte de compétitivité face aux pays voisins.
- La Banque de Thaïlande reconnaît une influence majeure du prix de l’or sur le taux de change.
- Des mesures de surveillance et de limitation des transactions sur l’or sont en préparation.
Ce jeudi 22 janvier 2026, selon les taux de change du jour, 1 euro vaut 36,64 bahts et 1 dollar US 31,35 bahts.
Voir : Cours du baht thaïlandais (THB) : le taux de change du jour face à l’euro
Un baht fort qui pèse sur le tourisme

Des touristes font la queue à un guichet de change. Photo : Bangkok Post.
Le renforcement du baht devrait avoir un impact sur les réservations touristiques dans les prochains mois, en particulier durant la basse saison.
Thaneth Tantipiriyakij, président de l’Association touristique de Phuket, indique que les agences de voyage expriment leurs inquiétudes depuis l’an dernier, la vigueur du baht constituant un frein pour plusieurs marchés majeurs, notamment les États-Unis, l’Europe, la Russie et le Japon.
Selon les échanges avec les commerçants — centres commerciaux, restaurants et boutiques — les touristes étrangers dépensent moins durant leur séjour en Thaïlande.
Voir : Hausse du baht : la Thaïlande devient trop chère pour ses touristes fidèles
Les hôtels, confrontés à la hausse des coûts, n’ont augmenté leurs tarifs que d’environ 5 % par rapport à l’an dernier.
La monnaie n’est toutefois pas le seul facteur en cause, les tensions géopolitiques et la concurrence accrue de destinations comme le Vietnam ou la Chine affaiblissent également l’attractivité du tourisme thaïlandais.
Voir : Tourisme : la Thaïlande en alerte face à la montée en puissance du Vietnam
Certains visiteurs pourraient ainsi réduire leur séjour à Phuket et passer davantage de temps dans les pays voisins lors de leurs voyages en Asie du Sud-Est.
Dans ce contexte, la croissance des recettes touristiques de Phuket en 2026 devrait ralentir, bien en deçà de la progression habituelle de 8 à 10 %.
Voyages d’affaires plus exposés que le tourisme de loisirs

Voyageurs d’affaires en Thaïlande. Photo : Park Grand Kensington
Ratchaporn Poolsawadee, vice-président du Conseil du tourisme de Thaïlande, estime que la vigueur du baht pourrait avoir un impact plus marqué sur les voyages d’affaires que sur le tourisme de loisirs.
Les déplacements professionnels sont souvent organisés dans des délais courts et nécessitent des budgets trois à quatre fois supérieurs à ceux des voyages d’agrément, ce qui les rend particulièrement sensibles au taux de change.
Pour les touristes de loisirs, la demande reste forte, notamment pour Koh Samui, mais la durée moyenne des séjours — généralement comprise entre 10 et 20 jours — pourrait être raccourcie.
Santi Sawangcharoen, directeur exécutif pour les Amériques, le Moyen-Orient et l’Afrique à l’Office du tourisme de Thaïlande, indique que le premier trimestre reste solide.
Les réservations sont stables pour l’Europe, en hausse de 11 % pour le Moyen-Orient et en baisse de 4 % pour les Amériques.
« Il n’y a pour l’instant aucun signe de baisse importante des réservations », assure-t-il.
Les exportateurs tirent la sonnette d’alarme

Grues et conteneurs d’expédition dans le port de Bangkok. Photo : Bangkok Post.
Les inquiétudes dépassent largement le secteur touristique.
Les exportateurs alertent sur l’impact d’un baht durablement fort, alors que les exportations représentent entre 60 et 70 % du PIB thaïlandais.
Ongart Kittikhunchai, président de l’Association thaïlandaise des transformateurs alimentaires, appelle la Banque de Thaïlande à gérer le taux de change de manière plus active.
Il estime qu’un baht au-dessus de 31 pour un dollar constitue un scénario dangereux, d’autant que la monnaie s’est déjà appréciée de 7 à 10 % en 2025, alors que les marges des exportateurs restent faibles.
Dhanakorn Kasetrsuwan, président du Conseil national des expéditeurs thaïlandais, souligne que l’appréciation du baht réduit les recettes d’exportation de 5 à 10 % une fois converties en monnaie locale.
Cela affaiblit la compétitivité face à des concurrents comme le Vietnam, l’Indonésie et la Chine.
Les exportateurs ne réclament pas un baht artificiellement faible, mais une monnaie stable, alignée sur les devises régionales.
Le niveau de 33 bahts pour un dollar est jugé plus approprié, même s’il reste difficile à atteindre dans le contexte actuel.
Voir : Baht trop fort : la Thaïlande est en train de perdre la bataille du riz
Or, capitaux et limites de l’intervention monétaire

Billets de 1 000 bahts thaïlandais, billets de 1 dollar américain et lingots d’or.
La Fédération des industries thaïlandaises avertit qu’en l’absence d’action rapide, la compétitivité du pays pourrait continuer de s’éroder, tandis que les touristes pourraient se tourner vers des destinations voisines plus abordables.
Le gouverneur de la Banque de Thaïlande, Vitai Ratanakorn, explique que l’appréciation récente du baht est principalement liée à la flambée des prix de l’or, qui agit comme un amplificateur des mouvements de change.
Les transactions sur l’or représenteraient environ 35 % des échanges sur le marché des devises.
La banque centrale reconnaît que ses marges de manœuvre sont limitées, mais annonce un renforcement de la surveillance des transactions sur l’or via des plateformes numériques.
De nouvelles règles imposeront des déclarations obligatoires et des plafonds quotidiens de transactions, compris entre 50 et 100 millions de bahts par personne.
Voir : Baht trop fort : la Thaïlande assouplit les règles sur les revenus étrangers
Un équilibre délicat pour l’économie thaïlandaise

Montage illustrant l’économie thaïlandaise. Source : The Nation Thailand
Entre tourisme sous pression, exportateurs fragilisés et facteurs externes difficiles à maîtriser, la Thaïlande fait face à un exercice d’équilibriste.
Si le baht fort reflète une certaine attractivité financière, il pourrait à terme freiner la croissance économique et détourner visiteurs comme investisseurs vers des destinations régionales plus compétitives.
Voir aussi :
Thaïlande : offensive contre l’argent gris et l’or pour stabiliser le baht
La force du baht thaïlandais est-elle liée aux réseaux d’escroquerie régionaux ?
La crise vénézuélienne pourrait faire baisser le baht thaïlandais
Source : Bangkok Post, Bangkok Post 2
Vous appréciez Toutelathailande.fr ?
👉 Laissez-nous un avis sur Trustpilot.
Votre avis renforce la crédibilité de notre travail et la confiance de nos lecteurs.
Liens utiles pour préparer votre voyage en Thaïlande
Souscrire une assurance voyage
Réserver bus, train et bateau en Thaïlande
Gérer son argent en voyage avec Wise
Voyage sur mesure avec Evaneos
Si nos actualités, nos informations touristiques ou culturelles vous ont été utiles et que vous souhaitez nous remercier :
Vous pouvez nous suivre sur :
Twitter, LinkedIn, Facebook,Google Actualités
Ou installer notre application : Installez l’application de Toute la Thaïlande sur votre smartphone
2 commentaires
Un énième article consacré au problème de la surévaluation de la valeur du bath !!!
Il y a à peine une semaine, la BoT se disait prête à agir sur le taux de change du bath en prenant des mesures plus significatives, en étant plus active, alors qu’auparavant, elle se contentait, dans un rôle passif de « conseiller » les responsables politiques et économiques pour prendre des dispositions censées faire redescendre la valeur de la monnaie et favoriser de cette manière l’économie en berne du pays en relançant les exportations et le tourisme international, grâce à une monnaie moins chère pour ses « clients » étrangers…
On attend toujours ces prises de décisions « urgentes » depuis plus d’un an et demi de déclarations stériles, sans aucun effet concret…
Le gouverneur de la BoT (Bank of Thaïland) affirme et martèle une fois de plus que la surévaluation du baht est due à la hausse constante de l’or.
Si c’était exact, comme l’Or augmente sur toutes les places mondiales en tant que valeur refuge, toutes les monnaies devraient se renforcer en même temps et dans la même proportion, ce qui n’est absolument pas le cas ailleurs dans le monde , en particulier aux États-Unis, en Europe, et plus près dans les pays asiatiques voisins de la Thailande, concurrents économiques et touristiques qui récoltent aujourd’hui les bénéfices des erreurs consécutives de la politique thailandaise d’un bath fort et cher.
Bref, au vu de cette attitude de dénégation de responsabilité de la plus grande instance financière de Thailande qui s’en tient à la litanie du « c’est pas moi, M’sieu,… c’est eux « , je crois que le problème ne se règlera pas de sitôt, à moins d’un changement de cap radical pour secouer la place boursière de Bangkok et faire bouger les lignes des mouvements de capitaux, faire revenir les investisseurs, augmenter les rentrées et revenus intérieurs et favoriser les échanges commerciaux à l’international, exportations et tourisme en tête, avec un baht ramené à un taux de change entre 35-36 baths/1 dollar (38,50 et 40 baths/1 euro).
Et, comme le dit (sans rien y changer) certains acteurs du secteur financier thaïlandais, il y a urgence depuis plus d’un an : le malade est proche du coma !!!
En prenant compte du professionnalisme des banquiers de la Banque nationale, à quoi joue-t-elle ?
À l’appauvrissement du pays ? À l’enrichissement de quelques personnes qui ont le pouvoir de gagner beaucoup d’argent sur les transactions financières ?
Si les banquiers sont incompétents (l’argent gris a été détecté par des journalistes basés à Singapour et pas par des banquiers thaïlandais), la Thaïlande a intérêt à faire sa Révolution Économique, Sociale, Financière, maintenant.
Sinon, les nuages noirs vont venir beaucoup plus vite que ce que vous écrivez.
Alors, que se passera-t-il à l’Avenir ?