Selon le Conseil thaïlandais des investissements (BOI), la Chine est devenue la 1ʳᵉ source d’investissements directs étrangers (IDE) en Thaïlande en 2023.
Au cours des trois premiers trimestres de l’année, près de 2,84 milliards de dollars ont été investis dans 264 projets, soit 24 % du total des IDE de la Thaïlande.
Au cours des deux dernières années, la Chine a soumis 588 projets d’investissement totalisant 7 milliards de dollars.
Les relations entre la Chine et la Thaïlande sont stratégiques.
La Chine est le principal partenaire commercial de la Thaïlande, absorbant 40 % de ses exportations agricoles.
De son côté, la Thaïlande se classe au troisième rang des partenaires commerciaux de la Chine au sein de l’ASEAN.
La Chine et la Thaïlande entretiennent un partenariat économique solide, avec des échanges bilatéraux atteignant 126,3 milliards de dollars en 2023.
L’un des points forts de leur coopération est l’ambitieux projet de chemin de fer transcontinental, qui vise à relier la péninsule indochinoise au détroit de Malacca.
Voir : Chemin de fer Chine-Thaïlande : une nouvelle ère de connectivité
Cette initiative promet d’améliorer la connectivité régionale et de stimuler la croissance du tourisme.
Voir : La Thaïlande avance à grands pas sur le projet de train rapide vers la Chine
Alors que le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a annoncé en 2024 son intention de rejoindre la ligue de coopération économique des BRICS, le pays vise à attirer davantage d’investissements étrangers pour renforcer son économie et contribuer à des secteurs clés.
Voir : La Thaïlande va devenir partenaire officiel des BRICS+ le 1ᵉʳ janvier 2025
En particulier l’énergie verte et les véhicules électriques (VE).
La Thaïlande cherche à s’intégrer dans la chaîne de valeur mondiale et à se positionner comme un acteur de premier plan en Asie et dans le monde.
Les deux pays ont signé un accord de coopération stratégique en 2013 pour renforcer leurs liens économiques.
La Thaïlande soutient l’initiative chinoise des Nouvelles routes de la soie (Belt and Road – BRI), qui facilite le commerce et la mobilité, car le tourisme et les exportations représentent la plus grande part de l’économie thaïlandaise.
Dans ce contexte, les investissements chinois ont considérablement augmenté, principalement dans les véhicules électriques, l’économie numérique et l’industrie manufacturière.
Pourquoi investir en Thaïlande ?

Vue de Bangkok. Photo : National News Bureau of Thailand
Une région stratégique
La Thaïlande occupe une position clé en Asie du Sud-Est.
En tant que membre central de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), une organisation régionale promouvant la coopération économique, politique et culturelle, la Thaïlande dispose d’infrastructures solides et de politiques d’investissement attrayantes.
La Chine, qui cherche à consolider son leadership en Asie, considère la Thaïlande comme un allié stratégique.
L’intérêt de la Chine pour la Thaïlande est également souligné par l’initiative BRI, qui vise à renforcer la connectivité régionale et l’intégration économique.
Des projets clés, tels que la liaison ferroviaire à grande vitesse reliant la Chine à la Thaïlande via le Laos, mettent en évidence l’approfondissement des liens économiques entre les deux nations.
Au-delà de l’économie, les échanges culturels et diplomatiques ont encore renforcé leurs relations bilatérales, les deux pays mettant l’accent sur le respect mutuel et les objectifs de développement communs.
Des politiques favorables aux investisseurs
En décembre 2024, l’Autorité thaïlandaise des zones industrielles (IEAT) a annoncé une nouvelle initiative visant à attirer les investisseurs chinois.
Baptisée « Deux pays, deux parcs », cette initiative vise à faire de la Thaïlande une destination clé pour les investissements chinois en facilitant les échanges, selon le ministre de l’Industrie, Akanat Promphan.
Cette mesure s’appuie sur des accords antérieurs qui ont déjà assoupli les procédures d’investissement et réduit les barrières commerciales entre les deux pays.
L’initiative « Deux pays, deux parcs » devrait renforcer les liens économiques entre la Thaïlande et la Chine, en favorisant la collaboration dans des secteurs tels que la fabrication, la technologie et la logistique.
Selon les responsables, le programme comprendra le développement de zones industrielles conçues pour répondre spécifiquement aux besoins des entreprises chinoises, en leur offrant des services simplifiés, des incitations fiscales et des infrastructures adaptées à leurs besoins.
Le ministre Akanat Promphan a souligné que cette initiative s’inscrit dans la stratégie économique plus large de la Thaïlande visant à se positionner comme une plaque tournante régionale pour le commerce et les investissements internationaux.
L’industrie automobile : un exemple complet

Voiture électrique en recharge. Photo : Kindel Media
Le gouvernement thaïlandais vise à faire du pays une plaque tournante régionale pour la production de véhicules électriques.
L’initiative « 30@30 » vise à ce que les véhicules électriques représentent 30 % de la production totale de véhicules d’ici à 2030, avec pour objectifs de produire 725 000 voitures zéro émission, 675 000 scooters électriques et 24 000 bus électriques.
Le gouvernement encourage également les consommateurs thaïlandais à acheter des VE.
Actuellement, 80 % des VE vendus en Thaïlande sont de marques chinoises.
La politique « 30@30 » comprend des subventions et des réductions d’impôts qui attirent les investisseurs, les fabricants et les fournisseurs de l’industrie des véhicules électriques.
Le financement de la recherche et du développement (R&D) permet à la Thaïlande de conserver son avantage concurrentiel et de s’imposer comme un leader dans le secteur.
Certains constructeurs automobiles chinois se sont déjà implantés en Thaïlande.
BYD et Great Wall Motor ont investi près de 1,5 milliard de dollars dans la construction d’usines dans le pays.
Voir : Pourquoi les constructeurs automobiles chinois s’intéressent à la Thaïlande ?
Parallèlement, la société chinoise CATARC a ouvert un centre de R&D.
L’attrait de la Thaïlande pour les investisseurs chinois dans le secteur des véhicules électriques est motivé par :
- Les incitations financières ;
- Les infrastructures ;
- Une main-d’œuvre qualifiée et une connaissance approfondie de l’industrie, qui lui permettent d’intégrer toutes les étapes de la chaîne de production et d’approvisionnement, y compris la fabrication de batteries.
Diversité des secteurs d’investissement

Le logo TikTok, à l’extérieur du siège social de l’entreprise aux États-Unis, à Culver City, en Californie, en septembre 2020. Photo : Reuters
Le Conseil thaïlandais des investissements a récemment annoncé que TikTok, propriété de la société chinoise ByteDance, prévoit d’investir 126,8 milliards de bahts en Thaïlande pour un projet d’hébergement de données.
Voir : TikTok mise gros sur la Thaïlande avec un data center à 3,8 milliards de dollars
Cette annonce fait suite à des engagements d’investissement majeurs de la part de grandes entreprises technologiques américaines, telles que Google (1 milliard de dollars), Amazon Web Services (5 milliards de dollars sur 15 ans) et Microsoft, qui construit son premier centre de données régional en Thaïlande.
Alors que la Thaïlande devient une plaque tournante stratégique pour l’économie numérique, elle attire également d’importants investissements chinois dans ce secteur.
De nombreuses autres industries bénéficient des investissements chinois.
En 2024, le Corridor économique de l’Est (EEC) a rencontré une délégation d’entrepreneurs chinois afin d’explorer les possibilités de coopération sino-thaïlandaise dans le domaine des infrastructures vertes, notamment les fermes solaires et les systèmes de stockage d’énergie.
La Chine investit également dans le secteur du tourisme en Thaïlande.
Les investissements chinois dans l’hôtellerie et la restauration contribuent à renforcer les liens entre les deux pays, stimulant l’économie thaïlandaise en améliorant les services et les infrastructures, ce qui attire un plus grand nombre de touristes.
Impact sur l’économie thaïlandaise

La Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra et le président chinois Xi Jimping. Photo : Bangkok Post
Les investissements chinois contribuent à la création d’emplois.
L’entrée des entreprises chinoises sur le marché thaïlandais favorise le recrutement de main-d’œuvre qualifiée, le développement de l’expertise, ainsi que le transfert et la création de connaissances technologiques dans les industries d’avenir.
En tirant parti de sa situation stratégique en Asie du Sud-Est, la Thaïlande vise à attirer non seulement les investisseurs chinois, mais aussi les entreprises mondiales qui cherchent à accéder aux marchés de l’ASEAN.
Les analystes prévoient que ce partenariat pourrait considérablement augmenter les volumes d’échanges bilatéraux et créer de nouvelles opportunités pour les industries locales afin de s’intégrer dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le gouvernement thaïlandais a également fait allusion à des projets visant à étendre des initiatives similaires avec d’autres partenaires commerciaux clés, signalant ainsi son engagement à favoriser un environnement d’investissement plus ouvert et plus dynamique.
Cependant, les entreprises thaïlandaises doivent s’adapter à la concurrence des nouveaux entrants qui bénéficient de technologies de pointe et de coûts de production plus faibles.
Elles doivent s’ajuster en collaborant avec ces nouveaux acteurs et en établissant des relations commerciales.
Il incombe également au gouvernement thaïlandais de veiller à ce que l’ouverture de son économie et de ses infrastructures à la Chine reste bénéfique, permettant à la Thaïlande d’affirmer son influence dans la région Asie-Pacifique.
Cependant, certains analystes thaïlandais se méfient de l’influence croissante de la Chine, craignant que la Thaïlande ne devienne trop dépendante de ce pays.
Malgré ces préoccupations, le gouvernement thaïlandais reste optimiste quant aux investissements chinois, qu’il considère comme un élément essentiel de la stratégie de croissance économique du pays.
Voir aussi :
La Thaïlande et la Chine renforcent leur partenariat avec 14 accords clés
Sous la pression de la Chine, la Thaïlande s’attaque enfin aux centres d’appels
Thaïlande : annulations ou voyage la peur au ventre pour les touristes chinois
Thaïlande : afflux record de touristes chinois malgré les affaires de kidnapping
Crise des durians en Thaïlande : la Chine laisse de nouveau passer les conteneurs
Nouvel an chinois en Thaïlande en 2025, l’année du serpent
La Thaïlande reçoit en grande pompe une dent de Bouddha prêtée par la Chine
L’économie de la Thaïlande mise à mal par l’afflux de marchandises chinoises
Source : Thai Business News
Vous appréciez Toutelathailande.fr ?
👉 Laissez-nous un avis sur Trustpilot.
Votre avis renforce la crédibilité de notre travail et la confiance de nos lecteurs.
Liens utiles pour préparer votre voyage en Thaïlande
Souscrire une assurance voyage
Réserver bus, train et bateau en Thaïlande
Gérer son argent en voyage avec Wise
Voyage sur mesure avec Evaneos
Si nos actualités, nos informations touristiques ou culturelles vous ont été utiles et que vous souhaitez nous remercier :
Vous pouvez nous suivre sur :
Twitter, LinkedIn, Facebook,Google Actualités
Ou installer notre application : Installez l’application de Toute la Thaïlande sur votre smartphone
1 commentaire
Il semble que la Thaïlande renforce de manière appréciable ses liens culturels, politiques et économiques avec la Chine et s’éloigne de facto d’un renforcement de ses liens commerciaux avec les États-Unis.
La première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra, son entourage politique, ses conseillers et son gouvernement ne semblent pas apprécier les manœuvres taxatoires et l’instabilité des attitudes et des décisions de Donald Trump concernant de nombreux aspects de l’équilibre politique, économique et financier mondial…
Un dictateur ne s’y prendrait pas autrement pour déstabiliser l’ordre mondial et son fragile équilibre…
Je suppose que ce rapprochement significatif avec la seconde puissance mondiale (qui, à mon avis, est sur la voie pour devenir la première au cours de la prochaine décennie) a été mûrement réfléchie et que ses conséquences à court, moyen et long terme ont été étudiées, analysées et prises en compte pour effectuer ce virage stratégique vers le géant asiatique…
Suite à ces évènements, la réaction des marchés financiers ne se sont pas fait attendre et le bath est reparti à la baisse et est sur le chemin de retrouver une valeur qui correspond mieux à sa place sur le marché des transferts internationaux dont la balance commerciale va progressivement pencher vers le Yuan en diminuant les parts de marchés exportateurs en dollars.
Il est clair que, à moyen terme, les déclarations à l’emporte-pièce du Président américain et de son bras droit Elon Musk, vont inévitablement se retourner contre eux et contre l’économie américaine.
Tout ce qu’ils vont réussir, c’est à créer une unanimité grandissante contre les USA et en définitive (c’est le souhait secret de nombreux dirigeants politiques d’États du monde), les isoler économiquement en boycottant tous les produits américains tant à l’importation qu’à l’exportation pour recentrer leurs économies nationales respectives vers des accords d’échanges économiques et des exportations entre eux, États-Unis exclus !!!
Il semble que l’Oncle Sam va atteindre ses limites d’influence dans les mois ou prochaines années… reste à savoir comment le reste du monde fera payer la facture à celui (ceux) qui se croi(en)t maitre(s) de la planète, sans se soucier par contre que 12 % (36 millions) de leurs compatriotes vivent sous le seuil de pauvreté, les États-Unis occupant une peu reluisante 9ᵉ place sur un total de 34 pays d’Amérique, derrière notamment le Canada, le Brésil, le Chili !!!
« America great again » ???
Il y a du boulot, Tonton Donald !!!