Le ministère de l’Intérieur thaïlandais intensifie ses efforts pour lutter contre la pauvreté, en s’appuyant sur la philosophie de l’économie de suffisance.
Cette philosophie conçue par le Roi Bhumibol Adulyadej Le Grand, Rama IX, propose des techniques pour aider les Thaïlandais à devenir autosuffisant.
Voir : L’économie d’autosuffisance en Thaïlande, un héritage fondamental
Le 21 novembre, Suttipong Juljarern, secrétaire permanent du ministère, a discuté des mesures d’éradication de la pauvreté avec le département du développement communautaire, le département administratif local, les gouverneurs provinciaux, les chefs de district et les responsables administratifs locaux de tout le pays par vidéoconférence.
Il a expliqué que les gouverneurs de province et les fonctionnaires locaux avaient travaillé avec des réseaux d’alliés pour mener des enquêtes en porte-à-porte sur la pauvreté des ménages dans tout le pays.
Sur les 14,5 millions de ménages recensés au cours des derniers mois, plus de 3,8 millions sont des personnes vivant sous le seuil de pauvreté.
Jusqu’à présent, les autorités ont pu soulager la situation de 3,6 millions de personnes, soit environ 94 %, a-t-il déclaré.
Voir aussi : La pauvreté est en baisse en Thaïlande
Les solutions ont été élaborées sur la base de la philosophie de l’économie de suffisance du défunt roi et avec l’aide d’un système d’information connu sous le nom de Thai QM (Thai Quarantine Monitor), a-t-il déclaré.

Modèle de ferme utilisant le principe d’économie de suffisance en Thaïlande. Photo : emrojapan
Des efforts sont également déployés pour aider les autres ménages, a déclaré M. Suttipong.
Le Thai QM est un système développé à l’origine par le centre d’information du département administratif provincial pour suivre et contrôler les personnes entrant et sortant des communautés locales pendant la pandémie de Covid-19.
Il a maintenant été adapté pour soutenir les efforts du ministère dans la lutte contre la pauvreté.
M. Suttipong a indiqué que 6 millions de ménages supplémentaires n’avaient pas encore été recensés dans les municipalités locales du pays.
« Le ministère de l’Intérieur devra s’assurer que personne n’est laissé pour compte.
Nous devrons enquêter auprès des ménages dans chaque municipalité afin de connaître leurs problèmes, tels que les prêts informels, le manque d’éducation des enfants ou même les toilettes qui ne répondent pas aux normes sanitaires », a-t-il déclaré.
« Nous revisiterons également les ménages qui ont été enquêtés précédemment et qui sont maintenant confrontés à de nouveaux problèmes qui sont souvent portés à la connaissance du public sur les médias sociaux.
« Les gouverneurs de province, les chefs de district, les organisations locales, les bénévoles, les chefs religieux, les communautés et les médias doivent travailler ensemble pour trouver des moyens d’éradiquer la pauvreté », a déclaré M. Suttipong.
Voir aussi :
L’économie de suffisance en Thaïlande s’adapte à un monde en mutation
Économie d’autosuffisance en Thaïlande, le cadeau de Rama IX
Comment la pauvreté a été réduite de moitié en Thaïlande
Source : Bangkok Post
2 commentaires
Excellente campagne d’aide auprès des personnes démunies !
Hommage et honneur vous soient rendus.
Que l’esprit divin vous protège et vous couvre de sa bienveillance.
Le principe de l’économie d’auto-suffisance et de ses qualités humanitaires, environnementales, sociales, initiée par le défunt Roi Bhumibol (Rama 9) est une alternative qui va à l’encontre de la mondialisation et de l’économie capitaliste.
Un pays qui arriverait à fonctionner économiquement et socialement de cette manière s’isolerait du reste du monde à tous les niveaux, car cette philosophie d’auto-suffisance est en contradiction avec la société de consommation qui prône la production et l’usage de biens dont, pour la plupart, nous pouvons nous passer pour vivre.
Les principes de l’auto-suffisance nécessitent un retour à l’essentiel, à une vie qui se développe économiquement par rapport à la demande et non pas basée sur une offre exponentielle qui doit se vendre pour persister, faire de la richesse et creuser des fossés entre classes sociales générées par les principes économiques mondiaux…
Cela remet en cause les bases mêmes de nos sociétés et n’est pas envisageable de manière exclusive.
Mais ses principes sont basiques, simples, adaptables et applicables dans de nombreuses situations de vie sociétale, rurales ou urbaines, moyennant des changements d’habitudes de vie et de priorités économiques, et cela, au niveau local et régional, partout dans le monde, sans pour cela se fermer au monde économique que nous connaissons et retourner à la préhistoire…
Mais un juste milieu est potentiellement envisageable en appliquant une réflexion de vie basée sur une indépendance économique et la production coopérative de certains de ses besoins réels dans un maximum de domaines possibles, tout en limitant une dépendance universelle que nous ne contrôlons pas individuellement et dont nous sommes en somme, les esclaves consentants…
C’est une question de volonté individuelle et de groupe.
L’humanité crée, chaque jour, tant de choses nouvelles et complètement futiles, qui coûtent des fortunes, alors que le quart de l’humanité ne dispose pas de l’indispensable pour juste vivre dans la dignité et dont la dépendance est entretenue par ceux-là mêmes qui sont à la base de cette situation et ne permettent pas ces changements.