La Banque mondiale (BM) a révisé à la baisse ses prévisions de croissance du PIB thaïlandais pour 2025, les ramenant à 1,8 %.
La Banque de Thaïlande (BOT), elle, tablait sur 2,3 %.
Cette révision s’inscrit dans le contexte de la guerre commerciale actuelle, qui va avoir un impact sur les exportations.
Voir : Thaïlande – États-Unis : Bangkok veut limiter les droits de douane à 10 %
Une révision en forte baisse des prévisions de croissance

Circulation à Bangkok. Photo : TPW
Selon le rapport « Thailand Economic Monitor » de la Banque mondiale, l’institution a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour l’économie thaïlandaise en 2025, à 1,8 %, et a également abaissé ses prévisions pour 2026, à 1,7 %.
Le rapport souligne que l’incertitude liée à la politique commerciale était un facteur clé qui n’avait pas été pris en compte dans les projections de février de la Banque, qui tablaient sur un taux de croissance de 2,9 %.
Cette incertitude a eu un impact mondial significatif, affectant directement les exportations et ralentissant les investissements nationaux.
Dans son rapport « East Asia and Pacific Economic Update », publié lors de la réunion de printemps du FMI et de la Banque mondiale en avril, la Banque mondiale a révisé ses prévisions de PIB pour la Thaïlande en 2025 à 1,6 %.
Kiatipong Ariyapruchya, économiste senior pour la Thaïlande à la Banque mondiale, a noté que l’incertitude entourant les politiques commerciales ralentira les exportations au second semestre.
Si les exportations ont affiché des chiffres solides au premier trimestre, cela s’explique principalement par une forte augmentation des exportations avant le report de 90 jours des taxes imposé par le président américain Donald Trump.
Voir : Thaïlande : les exportations bondissent avant la guerre des droits de douane
Une fois ce facteur neutralisé, les prévisions de croissance du PIB s’établissent à 1,8 %, selon le rapport.
La Thaïlande est le pays le moins innovant de l’ASEAN en matière d’innovation commerciale, selon la Banque mondiale.
Selon M. Kiatipong, un autre facteur qui pèse sur la croissance est la baisse préoccupante du nombre de touristes chinois, qui reste inférieur aux niveaux d’avant la pandémie en raison des inquiétudes liées à la sécurité en Thaïlande.
Tourisme chinois en chute : la Thaïlande lance un plan de relance
Les touristes chinois préfèrent maintenant d’autres destinations asiatiques.
Voir : Thaïlande : panique à Pattaya : les touristes chinois préfèrent le Japon
Une inflation sous contrôle mais une consommation en berne

Passants dans une rue commerçante de Thaïlande.
En ce qui concerne les perspectives pour les prix des biens et des services, la Banque mondiale a noté que l’inflation en Thaïlande est particulièrement remarquable, car elle est restée proche ou inférieure à 0 %, dans la fourchette cible de la BOT.
Cette faible inflation s’explique principalement par deux facteurs clés :
- Faiblesse de la demande intérieure : la Banque mondiale a souligné qu’il s’agit d’un problème de longue date, aujourd’hui exacerbé par un endettement des ménages historiquement élevé, qui pèse sur la Thaïlande et entraîne une baisse de la consommation.
- Contrôle des prix : la Thaïlande a mis en place un contrôle des prix de certains biens et services, tels que l’électricité, ce qui a permis de maintenir les prix de nombreux articles à un niveau relativement stable, contribuant ainsi à la faiblesse de l’inflation.
Voir : La consommation s’effondre en Thaïlande : alerte sur l’économie
« Bien que l’inflation soit faible, nous ne sommes pas en situation de déflation, qui impliquerait une baisse généralisée des prix de tous les biens et services.
La baisse des prix est principalement liée aux coûts de l’énergie », a expliqué M. Kiatipong.
La Banque mondiale plus pessimiste que la Banque de Thaïlande

Banque de Thailande. Photo : Money and Banking Online
Auparavant, le Comité de politique monétaire (MPC) de la BOT avait révisé à la hausse ses prévisions de croissance du PIB thaïlandais pour 2025, à 2,3 %.
Cette hausse se base sur les chiffres optimistes des exportations pour le premier trimestre et l’amélioration des données économiques pour le deuxième trimestre.
Toutefois, M. Kiatipong a souligné que l’écart entre les prévisions de la BOT et celles de la BM s’explique par le fait que la BOT s’appuie sur des chiffres du PIB meilleurs que prévu pour le premier trimestre.
La Banque mondiale, quant à elle, considère que les bons résultats du premier trimestre sont temporaires, dus à l’accélération des exportations, et prévoit un ralentissement au second semestre.
Trois défis de long terme menacent la croissance

Couple de personnes âgées en Thaïlande. Photo : Thai PBS World
Outre les défis à court terme liés à la guerre commerciale, M. Kiatipong a identifié trois défis majeurs à long terme pour l’économie thaïlandaise, qu’il a comparés à des « collines » à franchir :
- Le vieillissement de la population : la diminution de la population active rend plus difficile la croissance économique.
- Le capital humain et les compétences numériques : il existe une pénurie de compétences numériques et le système éducatif n’est pas encore adapté aux exigences de l’économie numérique. Si la Thaïlande a fait des progrès dans le domaine de la robotique industrielle, elle manque encore de main-d’œuvre qualifiée pour gérer et contrôler ces technologies.
- Politique budgétaire : une bonne gestion du budget, de l’allocation des dépenses et de la génération de recettes est essentielle pour investir dans l’avenir sans imposer un endettement excessif aux générations futures.
Le potentiel économique de la Thaïlande continue de décliner depuis une décennie

Le jeudi 3 juillet, l’économiste senior pour la Thaïlande à la Banque mondiale a déclaré qu’au-delà des préoccupations à court terme liées à la croissance, la Thaïlande est confrontée à de nombreux défis structurels.
Notamment des problèmes technologiques, le vieillissement de la population et la réduction de la marge de manœuvre budgétaire.
Tous ces facteurs ont contribué à un déclin constant du « potentiel de croissance » du PIB thaïlandais, qui est passé de 3 % à 2,6-2,7 % au cours des dix dernières années.
Toutefois, M. Kiatipong a souligné :
« Si le gouvernement investit dans des infrastructures axées sur les technologies numériques, renforce le capital humain, recherche de nouveaux partenariats commerciaux, libéralise les secteurs des services et de l’agriculture ou réduit les obstacles à l’emploi et aux affaires, le potentiel de croissance du pays pourrait augmenter et atteindre 3,4 %. »
Voir aussi :
Chute du tourisme, recul industriel : l’économie de la Thaïlande ralentit
Crise des investissements en Thaïlande : appel à une refonte économique
Incertitude économique : la Thaïlande renonce au plan d’aide de 10 000 bahts
Économie en difficulté : la Thaïlande prépare un plan de relance d’urgence
Tourisme, économie : le Vietnam en passe de dépasser la Thaïlande
Une banque compare l’économie de la Thaïlande à l’homme malade de l’Asie
Source : The Nation Thailand
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2 commentaires
C’est tout, sauf une surprise… tous les indicateurs de la plupart des secteurs économiques et financiers de la Thaïlande sont passés à l’orange, le pays ne s’étant jamais vraiment remis de la crise du Covid, en stagnant dans une convalescence qui ne cesse de se prolonger en attendant le remède miracle…
Le tout est de voir si le pays, son gouvernement et les hommes qui dirigent le pays (et je ne parle pas seulement des hommes politiques) vont pouvoir réagir de la bonne manière pour repasser dans le vert et éviter que le feu ne passe au rouge !!!
Étant donné le climat actuel qui n’est pas au beau fixe, avec des perspectives à court et moyen terme qui sont loin d’être optimistes et euphoriques, le redressement de l’économie thaïlandaise ne va pas se faire sans crise, remaniements ministériels et remise en question sur les stratégies employées pour éviter le pire parmi les hautes sphères politiques et bureaucratiques du Royaume…
On ne peut pas dire qu’actuellement, on se dirige vers une amélioration générale, politique, économique, financière et sociale, car là aussi, dans ce dernier domaine, la situation des travailleurs, des familles et de la population en général suit la courbe descendante générale.
Que l’on se tourne de n’importe quel côté vers tous les pouvoirs dirigeants, lobbies d’influence à tous les niveaux, leaders de partis, finances de l’État, Banque nationale et autres facteurs de pressions internationales, il faut se préparer à un nouveau grand chambardement national…
Quand à savoir quelle forme il prendra, autant s’en remettre aux boules de l’Euromillions : 1 chance sur 13 millions de gagner le jackpot !
Lorsque les grands marabouts de l’économie auront compris que la croissance ne peut plus continuer ad’vitam eternam dans un environnement avec des limites/contraintes physiques… et quand ils auront aussi compris que leur croissance économique n’est qu’un sous-jacent de la croissance démographique… beh, on aura peut-être fait un progrès…
PEUT-ÊTRE !!