Accueil Alerte en Thaïlande : des voyageurs refoulés faute de preuves de moyens financiers

Alerte en Thaïlande : des voyageurs refoulés faute de preuves de moyens financiers

7 commentaires 7 minutes à lire
Des passagers font la queue aux guichets d'immigration de l'aéroport de Suvarnabhumi à Bangkok en Thaïlande

Des voyageurs étrangers ont récemment été refoulés à leur arrivée en Thaïlande, faute d’avoir pu présenter des preuves de moyens financiers.

Cette situation ne résulte pas d’un changement de loi, mais d’une application plus stricte des règles existantes par les services d’immigration, suscitant inquiétudes et interrogations parmi touristes et expatriés.

Durcissement des contrôles à l’entrée en Thaïlande

Des voyageurs attendent pour passer les formalités d'immigration à l'aéroport Suvarnabhumi.

Des voyageurs étrangers attendent pour passer les formalités d’immigration à l’aéroport Suvarnabhumi. Photo : Somchai Poomlard/Bangkok Post

Au cours de la semaine dernière, plusieurs grands aéroports thaïlandais, notamment Don Mueang (Bangkok), Chiang Mai et Phuket, ont signalé des refus d’entrée visant des voyageurs étrangers.

Ceux-ci n’ont pas été en mesure de prouver qu’ils disposaient de moyens financiers suffisants à leur arrivée en Thaïlande.

Bien que ces incidents semblent soudains, ils ne découlent d’aucune nouvelle loi sur l’immigration.

Ils reflètent plutôt une application plus stricte des pouvoirs discrétionnaires existants en matière d’immigration.

En particulier en ce qui concerne l’exigence de longue date selon laquelle les visiteurs doivent être en mesure de subvenir à leurs besoins financiers pendant leur séjour en Thaïlande.

Il en résulte une inquiétude croissante parmi les touristes et les expatriés qui vient s’ajouter au fait que les policiers de l’immigration peuvent aussi décider de refuser l’entrée sans visa après deux utilisations dans l’année.

Voir : Thaïlande : non, l’entrée sans visa n’est pas limitée à deux fois par an

Il ne s’agit pas d’une nouvelle règle, mais d’une règle réactivée

Entrée d'un bureau de l'immigration en Thaïlande.

Entrée d’un bureau de l’immigration en Thaïlande.

En vertu de la loi thaïlandaise sur l’immigration B.E. 2522 (1979), les agents d’immigration sont habilités à demander la preuve qu’un ressortissant étranger dispose de fonds suffisants pour subvenir à ses besoins pendant son séjour.

Traditionnellement, ce montant est estimé à environ :

20 000 bahts (533 euros) par personne, ou 40 000 bahts (1 067 euros) par famille.

Dans la pratique, cependant, cette exigence a rarement été appliquée ces dernières années.

Une preuve est nécessaire lors de la demande de visa touristique, mais n’était pas appliquée pour les entrées sans visa.

Ce qui a changé, ce n’est pas la loi elle-même, mais la volonté des agents d’immigration d’exercer leur pouvoir discrétionnaire de manière plus rigoureuse au point d’entrée.

Il est donc désormais fortement conseillé aux voyageurs d’avoir l’équivalent d’au moins 20 000 bahts en espèces ou un relevé bancaire récent facilement accessible, afin de pouvoir prouver immédiatement leurs moyens financiers à l’arrivée.

Refus d’entrée signalés à Don Mueang et Chiang Mai

Aéroport de Don Mueang

Aéroport de Don Mueang. Photo : AOT

À l’aéroport de Don Mueang à Bangkok, plusieurs cas ont été signalés dans lesquels des voyageurs ont été longuement interrogés, temporairement détenus et finalement refoulés après avoir échoué à prouver qu’ils disposaient de fonds suffisants ou de documents justificatifs.

Des témoignages similaires ont été rapportés à Chiang Mai, principalement par le biais de réseaux de voyageurs et de forums en ligne.

Bien que tous les passagers ne soient pas interrogés, l’application de la loi manque de cohérence.

Cette situation a contribué à créer un climat d’incertitude et d’inquiétude, en particulier parmi les visiteurs réguliers et les résidents de longue date habitués à des procédures d’entrée relativement fluides.

Aéroport de Phuket : un témoignage de première main

Aéroport international de Phuket

Aéroport international de Phuket. Photo: Achadthaya Chuenniran

Dans le cas de l’aéroport international de Phuket, un journaliste du Pattaya Mail a été contacté directement par un touriste russe, et non par les services d’immigration.

Le voyageur s’était vu présenter un document à l’immigration et avait demandé s’il pouvait le signer en toute sécurité.

Après examen, le document a été identifié comme un formulaire standard de « refus d’entrée » délivré par les services d’immigration thaïlandais.

Il est important de noter que le document ne contenait aucune mention indiquant une inscription sur une liste noire, une exclusion permanente ou des sanctions à long terme en matière d’immigration.

Il indiquait simplement que l’entrée avait été refusée à cette occasion précise.

Le touriste a été informé que la signature du document n’entraînerait pas son inscription sur une liste noire et ne compromettrait pas ses futurs voyages en Thaïlande.

Une fois que les fonds ou les pièces justificatives nécessaires seront disponibles, la réadmission restera possible dans le cadre des procédures d’immigration normales.

Cet épisode met en évidence un problème récurrent : de nombreux voyageurs comprennent mal l’effet juridique des documents de refus d’entrée, ce qui entraîne des craintes et des spéculations inutiles.

Refus d’entrée : pas d’inscription automatique sur liste noire

Pages de passeport avec des visas

Pages de passeport avec des visas. Photo : National News Bureau of Thailand

L’une des idées fausses les plus préjudiciables qui circulent parmi les communautés d’expatriés est la croyance selon laquelle le refus d’entrée entraîne automatiquement un placement sur liste noire.

Ce n’est généralement pas le cas.

Le refus d’entrée est une décision administrative prise à la frontière, sur la base de l’évaluation de l’agent à ce moment-là.

Il ne s’agit pas en soi d’une interdiction, ni d’une interdiction permanente d’entrée future, à moins qu’il ne soit accompagné d’une décision distincte d’inscription sur une liste noire, qui serait expressément mentionnée.

Malheureusement, cette distinction est rarement expliquée clairement aux voyageurs à l’aéroport.

Pourquoi ces refus d’entrée inquiètent les voyageurs

Une famille de touristes se balade à vélo dans une ville de Thaïlande

Une famille de touristes se balade à vélo dans une ville de Thaïlande. Photo : Apichart Jinakul

L’inquiétude des voyageurs ne provient pas de l’existence d’un pouvoir discrétionnaire en matière d’immigration, car ce pouvoir a toujours existé.

L’inquiétude réside dans :

1. L’absence de communication officielle claire sur le renouvellement de l’application de la loi

2. L’incertitude quant à ce qui constitue une preuve acceptable de fonds

3. La confusion quant à savoir si les fonds doivent être détenus en espèces ou peuvent être présentés sous forme numérique

4. La crainte que la signature de documents d’immigration puisse avoir des conséquences à long terme

Lorsque les règles semblent être appliquées de manière inégale et sans directives claires, la confiance s’érode, même parmi ceux qui respectent la loi et ont l’intention de s’y conformer.

Une question de communication, pas de politique

Police de l'immigration

Police de l’immigration. Photo: Romeo Gacad/AFP

La Thaïlande conserve le droit de contrôler ses frontières, comme tout État souverain.

Cependant, la prévisibilité et la clarté sont essentielles, en particulier pour un pays qui dépend fortement du tourisme et des résidents étrangers de longue durée.

Des directives claires contribueraient grandement à restaurer la confiance, notamment en anglais, confirmant que :

  • La preuve de fonds peut prendre plusieurs formes
  • Le refus d’entrée n’équivaut pas à une inscription sur une liste noire, et
  • La conformité rétablit l’éligibilité pour une entrée future

Ce à quoi nous assistons n’est pas un changement juridique, mais opérationnel.

Les agents d’immigration exercent un pouvoir discrétionnaire qui a toujours existé, mais ils le font de manière plus visible et plus stricte.

Pour les voyageurs et les expatriés, la leçon est simple : soyez prêts.

Ayez sur vous une preuve de fonds accessible et des documents justificatifs, même si cette preuve n’a jamais été demandée par le passé.

Pour les décideurs politiques, le message est tout aussi clair : l’application de la loi fonctionne mieux lorsqu’elle s’accompagne de transparence.

Sans cela, même un pouvoir discrétionnaire légal peut sembler arbitraire.

Voir aussi :

Visa Thaïlande : de nombreux touristes refoulés, le flou des règles inquiète

Thaïlande : chasse aux touristes enchaînant les entrées sans visa

Thaïlande : l’exemption de visa critiquée pour l’afflux de mauvais touristes


Source : Pattaya Mail

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7 commentaires

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JeanMoulin 5 février 2026 - 16 h 22 min

Selon les provinces, on vous refuse ou vous accorde les prolongations de visa.

On m’a refusé à Lamphun et accepté à Chiang Mai le mois dernier.

La clarté et l’anticipation de la loi sont deux piliers de l’état de droit !

La loi doit pouvoir être connue de tous facilement pour pouvoir être respectée.

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Luc 555 6 février 2026 - 10 h 40 min

Il y a des lois mais l’officier de l’immigration restera le seul décisionnaire et ce, dans tous les pays.

C’est pourquoi il peut être accepté dans un bureau, un aéroport ou un poste frontière et pas dans un autre…

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Madeinswiss 6 février 2026 - 1 h 33 min

Perso, je trouve cela tout à fait normal car d’autres pays, dont l’Australie, le font depuis longtemps.

Et cela permettra de supprimer un peu de rac…

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Adrienne 6 février 2026 - 13 h 09 min

Moi personnellement je trouve que c’est tout à fait normal, si tu n’as pas de blé, tu restes chez toi.

C’est comme certains qui racontent qu’ils vivent à Pattaya avec 500,00 € par mois sans se priver de quoi que ce soit, alors que s’ils avaient 2000,00 € par mois ils pourraient dire qu’ils sont millionnaires en Thaïlande.

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DAVE 6 février 2026 - 20 h 48 min

Pas sûr, la rac… a souvent plus d’argent que les honnêtes gens, surtout du liquide.

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Domedriver 8 février 2026 - 0 h 36 min

Pouvoir discrétionnaire du douanier = il peut t’em…der parce qu’en vrai il passe une sale journée, sa meuf l’a largué, etc et c’est toi qui prends sa colère et perds toutes les dépenses engagées non remboursables en plus du billet d’avion de sortie et des vacances gâchées.

Il faudrait au moins un recours possible sur place pour revérification si bien sûr on est dans les règles (pas plus de 2 entrées, etc., et surtout équivalent baths et pas somme en baths comme certains en ont fait l’expérience alors que tout le reste était ok).

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Legno 11 février 2026 - 16 h 24 min

En France, ils débarquent en canoë et dans la journée ils ont la carte bancaire, la CMU, les allocs, un logement gratuit et une rente mensuelle.

C’est pas beau, bien sûr, tout ça avec les impôts de ceux qui bossent.

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