Un pétrolier thaïlandais a été autorisé à traverser le détroit d’Ormuz après des négociations avec l’Iran et Oman, un autre est en attente.
- Un pétrolier thaïlandais a traversé le détroit d’Ormuz après des négociations avec l’Iran et Oman.
- Un second navire, exploité par SCG Chemicals, reste en attente d’une autorisation de passage.
- Les autorités iraniennes contrôlent désormais les transits au cas par cas via un couloir maritime sécurisé.
- Le passage est réservé aux pays jugés non hostiles, selon les déclarations de Téhéran.
- Le trafic reste fortement perturbé dans cette zone stratégique par laquelle transite près de 20 % du pétrole mondial.
Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, a indiqué mardi 24 mars que les autorités s’étaient coordonnées avec Téhéran pour permettre le passage de navires thaïlandais dans cette voie maritime stratégique.
Selon ses déclarations, deux navires ont été soumis aux autorités iraniennes : l’un appartenant à Bangchak Corporation, l’autre exploité par SCG Chemicals.
Un premier pétrolier thaïlandais traverse Ormuz en toute sécurité
Bangchak Corporation Plc a confirmé qu’un pétrolier transportant du pétrole brut, immobilisé dans le golfe Persique depuis le 11 mars, avait pu franchir le détroit d’Ormuz sans incident.
« Le pétrolier traverse actuellement l’océan Indien et devrait livrer sa cargaison en Thaïlande début avril », a indiqué la société dans un communiqué.
Le ministre a précisé que ce navire avait reçu le feu vert des autorités iraniennes et avait déjà quitté la zone.
Bangchak a remercié le ministère des Affaires étrangères pour sa coordination, ainsi que les autorités iraniennes et omanaises pour avoir facilité le passage « conformément au droit international ».
L’ambassade d’Iran en Thaïlande a également salué une « étroite coopération » entre les deux pays et le Sultanat d’Oman.
Un second navire toujours en attente d’autorisation
Si le premier pétrolier a pu franchir le détroit, le second navire thaïlandais, exploité par SCG Chemicals, reste en attente d’un accord similaire.
Les autorités thaïlandaises ont transmis les informations nécessaires à l’Iran et poursuivent les discussions afin d’obtenir un passage sécurisé pour ce bâtiment.
Cette situation souligne que le transit maritime dans la zone reste strictement encadré et dépend de négociations au cas par cas avec Téhéran.
Une coordination diplomatique dans un contexte de forte tension
Cette évolution intervient alors que la situation reste extrêmement tendue dans le détroit d’Ormuz, axe stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Le trafic maritime a fortement chuté depuis le début du conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël, perturbant les flux énergétiques mondiaux et provoquant un ralentissement massif du transit des navires.
Dans ce contexte, plusieurs pays tentent d’obtenir des garanties de passage pour leurs navires en négociant directement avec l’Iran.
Un couloir “sécurisé” se met en place sous contrôle iranien
Ces derniers jours, des informations font état de l’émergence d’un couloir maritime « sécurisé » à travers les eaux territoriales iraniennes dans le détroit d’Ormuz.
Selon des sources maritimes, plusieurs navires auraient déjà emprunté cette route, autorisée au cas par cas par les autorités iraniennes.
Ce dispositif s’accompagnerait d’un système de contrôle strict, incluant la transmission d’informations détaillées sur les navires et leurs cargaisons avant tout transit.
Les autorités iraniennes ont toutefois clairement indiqué que ce passage ne serait accordé qu’à certains pays.
« Le détroit est ouvert, mais fermé à nos ennemis », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, soulignant que seuls les navires issus de pays considérés comme alliés ou non hostiles pourraient bénéficier de ce couloir sécurisé.
Cette évolution s’accompagne également de la mise en place d’un système de contrôle économique du transit maritime.
Selon le service d’information maritime Lloyd’s List, au moins neuf navires auraient déjà emprunté ce couloir « sûr » à travers les eaux iraniennes.
Plusieurs pays — dont l’Inde, le Pakistan, l’Irak, la Malaisie et la Chine — seraient en discussions directes avec Téhéran pour obtenir un accès.
Les navires sont autorisés au cas par cas, mais le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) mettrait en place un système d’enregistrement incluant des péages pouvant atteindre jusqu’à 2 millions de dollars par navire.
« À ce jour, un seul pétrolier aurait effectué un paiement, estimé à environ 2 millions de dollars », précise Lloyd’s List.
Selon ces informations, les autorités iraniennes exigeraient que ces paiements soient effectués en yuans chinois.
Ce dispositif pourrait redéfinir les conditions d’accès à l’un des axes maritimes les plus stratégiques au monde.
Trois marins thaïlandais toujours portés disparus
Parallèlement, les autorités thaïlandaises poursuivent leurs efforts pour retrouver trois membres d’équipage du vraquier thaïlandais Mayuree Naree, attaqué le 11 mars dans la région.
Voir : Un cargo thaïlandais attaqué près d’Ormuz, trois marins piégés à bord
Selon le ministre, une opération conjointe menée par l’Iran et Oman a permis d’accéder au navire.
Les autorités ont pu établir un contact avec les trois marins, bien que leur état reste incertain et en cours de vérification.
Lors de l’attaque, 20 membres d’équipage avaient été secourus, tandis que trois autres étaient restés portés disparus après des explosions ayant endommagé la poupe et la salle des machines du navire.
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Source : Bangkok Post, The Nation Thailand