Le baht thaïlandais pourrait s’affaiblir jusqu’à 35 pour un dollar américain si le conflit au Moyen-Orient se prolonge, selon les projections du centre de recherche de la banque Kasikorn (K-Research).
Dans ce scénario jugé le plus probable par les analystes, une guerre qui s’étendrait sur deux mois maintiendrait les prix du pétrole au-dessus de 100 dollars le baril, avec des répercussions directes sur la monnaie thaïlandaise et l’économie du pays.
- Le baht pourrait chuter jusqu’à 35 pour un dollar en cas de guerre prolongée.
- Les prix du pétrole dépassent déjà 100 dollars et pourraient atteindre 130 dollars dans le pire scénario.
- La croissance thaïlandaise pourrait tomber autour de 1,9 %.
- Le risque de stagflation augmente avec la hausse des prix de l’énergie.
- Le gouvernement dispose de moins de marges pour subventionner les prix de l’énergie.
Ce vendredi 20 mars, 1 euro s’échange à 37,81 bahts et 1 dollar américain à 32,71 bahts.
Voir : Cours du baht thaïlandais (THB) : le taux de change du jour face à l’euro
Pour les expatriés et les voyageurs, un affaiblissement du baht pourrait rendre la Thaïlande plus abordable pour les détenteurs de devises étrangères, mais aussi provoquer une hausse des prix locaux liée à l’inflation, notamment sur l’énergie et les produits importés.
Un baht sous pression face à la hausse du pétrole
Selon K-Research, un conflit prolongé provoquerait une augmentation durable des cours mondiaux du brut, alimentant une pression à la baisse sur le baht et accentuant sa volatilité.
Burin Adulwattana, économiste en chef du centre, souligne que la devise thaïlandaise est déjà affectée par les tensions actuelles.
Depuis le début de l’année, le baht a fluctué d’environ 9 %, contre une fourchette de 7,5 à 8 % sur l’ensemble de l’année précédente.
Dans le même temps, la monnaie s’est dépréciée d’environ 4 % face au dollar américain, ce qui en fait la deuxième devise la plus faible de la région, derrière le won sud-coréen.
Une économie thaïlandaise fragilisée
Dans un contexte marqué par une incertitude accrue, K-Research estime que la croissance du PIB thaïlandais pourrait reculer d’environ 0,5 point de pourcentage dans ce scénario.
Plus largement, Nattaporn Triratanasirikul, directeur général adjoint du centre, anticipe une baisse de la croissance comprise entre 0,2 et 0,7 point, ramenant l’expansion économique annuelle autour de 1,9 %.
Ces prévisions reposent sur l’hypothèse de tensions prolongées impliquant l’Iran et de perturbations de l’approvisionnement énergétique via le détroit d’Ormuz sur une période de un à trois mois.
Dans ce contexte, les prix du pétrole resteraient durablement au-dessus de 100 dollars le baril, avec une moyenne annuelle estimée entre 75 et 90 dollars pour 2026.
Voir : La Thaïlande craint un choc économique majeur si la guerre avec l’Iran s’enlise
Des effets en chaîne sur l’économie mondiale et la Thaïlande
La guerre au Moyen-Orient a déjà contribué à une forte hausse des prix de l’énergie, notamment en raison des perturbations des routes maritimes traversant le détroit d’Ormuz.
Cette situation pourrait entraîner une série de conséquences économiques à l’échelle mondiale, allant de pénuries de matières premières dans le secteur pétrochimique à une hausse des prix alimentaires dans les mois à venir.
Le conflit perturbe également les échanges commerciaux et le transport aérien, avec une diminution du nombre de vols et une augmentation des coûts de déplacement.
Voir aussi : Thaïlande : la pénurie de carburant s’aggrave dans plusieurs provinces
Dollar fort, inflation et risque de stagflation
Sur le plan financier, le renforcement du dollar américain face aux devises asiatiques accentue les difficultés pour la Thaïlande, particulièrement dépendante des importations d’énergie.
Cette dynamique exerce une pression supplémentaire sur le baht, les marchés financiers et la croissance économique, tout en alimentant l’inflation et en augmentant le risque de stagflation.
« La stagflation exercerait une pression sur les banques centrales du monde entier, y compris la Banque de Thaïlande, pour qu’elles reportent les baisses de taux directeurs ou limitent l’assouplissement monétaire », a indiqué M. Burin.
Voir :La Thaïlande risque une stagflation si la guerre au Moyen-Orient se prolonge
Un scénario plus sombre en cas de flambée du pétrole
Dans l’hypothèse la plus défavorable, si les prix du pétrole dépassaient 130 dollars le baril pendant plus de trois mois, l’inflation en Thaïlande pourrait dépasser la limite supérieure de 3 % fixée par la Banque de Thaïlande.
Dans ce cas, la croissance économique en 2026 pourrait stagner.
Mme Nattaporn souligne que des pressions inflationnistes sont déjà visibles dans le pays, principalement liées à la hausse des prix de l’énergie.
L’impact sur l’économie réelle devrait devenir plus marqué au deuxième trimestre.
Des marges budgétaires limitées pour soutenir les prix de l’énergie
Contrairement à la période du conflit entre la Russie et l’Ukraine, la capacité du gouvernement thaïlandais à subventionner les prix de l’énergie est aujourd’hui plus restreinte en raison de contraintes budgétaires plus strictes.
Dans ce contexte, K-Research recommande de cibler plus précisément les aides, en les concentrant sur certains groupes, niveaux de prix et périodes spécifiques, si des subventions devaient être maintenues.
Voir aussi :
Crise énergétique : la Russie prête à vendre du pétrole à la Thaïlande
Ruée sur le carburant en Thaïlande : le gouvernement appelle à ne pas paniquer
Entre Washington et Pékin, la Thaïlande face au dilemme du « bad boy »
Source : Bangkok Post
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