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La pauvreté en hausse en Thaïlande : 3,4 millions de personnes concernées

2 commentaires 4 minutes à lire
Habitants d'un quartier pauvre en Thaïlande

Le taux de pauvreté a augmenté en Thaïlande en 2024 pour atteindre 4,9 % de la population, soit 3,4 millions de personnes.

À retenir
  • La pauvreté progresse malgré une légère croissance économique en 2024.
  • 4,3 millions de « quasi-pauvres » restent exposés à un risque élevé de basculer sous le seuil officiel.
  • Pattani et Mae Hong Son figurent parmi les provinces les plus touchées depuis plus de 15 ans.
  • Le secteur agricole (9,6 %) et les ménages avec enfants (8,7 %) sont les plus vulnérables.
  • Le système d’aide sociale reste fragmenté, freinant la lutte contre la pauvreté intergénérationnelle.

Le Conseil national de développement économique et social (NESDC) a souligné que le problème est profondément enraciné dans plusieurs provinces, où les inégalités restent difficiles à réduire, la majorité de la pauvreté étant concentrée dans le secteur agricole.

Le NESDC a rendu compte des progrès réalisés dans le cadre du 13ᵉ plan national de développement économique et social (2023-2027).

Au cours des deux premières années du plan, malgré les efforts déployés pour mettre en œuvre diverses initiatives, la répartition des opportunités économiques entre les secteurs n’a pas permis de réduire efficacement les disparités régionales, en particulier en matière de lutte contre la pauvreté.

L’institution estime que la pauvreté montre désormais des signes de chronicité.

Contrairement au passé, où la pauvreté diminuait généralement à mesure que l’économie se développait, en 2024, la tendance s’est inversée malgré une légère croissance économique.

Pendant la pandémie de COVID-19 (2019-2023), le taux de pauvreté a diminué de manière continue, en grande partie grâce aux mesures d’aide et de relance économique prises par le gouvernement.

En outre, la Thaïlande compte toujours un groupe de « quasi-pauvres » – ceux dont les dépenses ne dépassent pas de plus de 20 % le seuil de pauvreté – avec 4,3 millions de personnes présentant un risque élevé de retomber dans la pauvreté.

De plus, la pauvreté reste profondément enracinée dans certaines régions, telles que Pattani et Mae Hong Son, qui affichent les taux de pauvreté les plus élevés du pays depuis plus de 15 ans.

La pauvreté est également étroitement liée à d’autres facteurs.

La plupart des personnes pauvres ont un niveau d’éducation inférieur ou égal au niveau primaire, et la majorité d’entre elles vivent dans le secteur agricole, où le taux de pauvreté est de 9,6 %.

En outre, les ménages avec des enfants âgés de 6 à 14 ans, qui affichent le taux de pauvreté le plus élevé (8,7 %), sont également particulièrement vulnérables.

Cela s’explique en partie par le coût élevé de la vie et par le fait que les membres du ménage chargés de s’occuper des enfants ont moins de possibilités de travailler, ce qui rend ces ménages plus vulnérables à une aggravation de leur situation.

Le NESDC reconnaît que la réduction de la pauvreté s’est principalement concentrée sur l’octroi d’une aide financière à court terme afin d’atténuer les difficultés.

Parallèlement, des efforts ont été déployés pour améliorer la précision de l’identification et du ciblage des groupes les plus vulnérables.

On peut citer comme exemples :

  • l’amélioration des prestations dans le cadre du programme de carte sociale
  • l’augmentation des allocations familiales dans le système de sécurité sociale
  • la promotion d’un accès plus large aux aides à l’éducation des enfants pour toutes les familles éligibles

Le conseil s’est également efforcé de mettre au point des mécanismes plus efficaces, fondés sur des données, afin d’améliorer les programmes d’aide.

En matière de protection sociale, le NESDC s’est efforcé d’étendre les prestations et la couverture des groupes cibles, en intégrant les données sur les populations vulnérables afin de rendre le système d’aide sociale plus systématique.

Les défis de la réduction de la pauvreté intergénérationnelle

Famille thaïlandaise

Famille thaïlandaise. Photo : Aphiluck Puangkaew – UNICEF

Malgré les progrès réalisés, plusieurs défis persistent dans les efforts visant à réduire la pauvreté intergénérationnelle.

Parmi les principales limites, on peut citer le manque d’incitations adéquates pour les agences locales à lutter contre la pauvreté, car les indicateurs d’évaluation des performances ne favorisent pas une action efficace au niveau local.

Il existe également un manque de données longitudinales collectées de manière continue, ce qui nuit à la précision et à l’efficacité des politiques de lutte contre la pauvreté.

L’un des principaux défis du système de protection sociale est la fragmentation des services, qui entraîne des chevauchements pour certains groupes cibles et des lacunes pour d’autres, ce qui nuit à l’efficacité du système et entraîne un gaspillage des ressources budgétaires.

Si de nombreux secteurs reconnaissent désormais l’urgence de ces questions et déploient des efforts continus pour y remédier, l’intégration des travaux, de la politique à la pratique, reste lente.

Des défis structurels tels que le partage des données entre les agences, la déconnexion des systèmes de gestion des services publics et les obstacles juridiques entravent la progression de ces efforts intégrés.

Voir aussi :

2,39 millions de personnes en Thaïlande vivent encore dans la pauvreté

Des millions de personnes en Thaïlande risquent de sombrer dans la pauvreté


Source : The Nation Thailand

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2 commentaires

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HANSSON 20 février 2026 - 13 h 40 min

3,4 millions de (très) pauvres et 4,3 millions de Thaïlandais au bord du seuil de pauvreté…

Si on totalise les 2 pourcentages, ça fait 7,7 millions de Thaïlandais vivant dans une précarité certaine et ne pouvant s’offrir au mieux juste de quoi se nourrir et se loger avec un (in)confort proche d’une habitation classée insalubre chez nous…

Ça fait entre 11 et 12 thaïlandais sur 100… c’est beaucoup !!!

Et étant donné la situation géopolitique actuelle qui engendre une instabilité économique mondiale affectant plus durement (comme toujours dans ces cas de figures-là) les classes sociales les plus précarisées, la situation des « pauvres et presque pauvres » ne va pas s’améliorer à court ou moyen terme…

Peut-être en 2029, quand Trump sera un président « pensionné » et qu’il ne pourra plus jouer au bowling avec l’économie mondiale !!!

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Freeman 20 février 2026 - 21 h 32 min

Le chiffre de 2,39 millions est probablement faux…

Je l’avais estimé à presque 10 millions tenant compte des regroupements familiaux très nombreux…

Beaucoup d’enfants démarrent avec des conditions pas très bonnes.

Mais leurs sourires effacent tout.

C’est un peuple extrêmement résilient.

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