La Thaïlande est toujours confrontée à la pauvreté, avec 2,39 millions de personnes, soit 3,41 % de la population, classées comme pauvres en 2023.
C’est ce qu’a révélé une étude de l’Unité de gestion des programmes pour le développement régional (PMU-A).
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Un problème persistant malgré les efforts

Un sans-abri utilise une affiche comme lit, sur Sukhumvit Road à Bangkok. Photo : Yokin Charoenying
Le nord-est (Issan) enregistre la plus forte proportion de résidents pauvres avec 31,71 %, suivi du sud avec 30,65 %, de la région centrale avec 19,07 % et du nord avec 16,98 %.
Bangkok affichait le taux le plus bas, avec 1,6 %.
Ces conclusions ont été présentées lors du deuxième séminaire « Lutter contre la pauvreté » le 9 septembre.
À cette occasion, le directeur de la PMU-A, Kitti Sajjawattana, a averti que la pauvreté restait grave, alimentée par de faibles revenus, un endettement important des ménages et des opportunités limitées.
Des millions de ménages sans économies, accablés par les dettes

Habitants d’un bidonville le long des voies ferrées dans le centre de Bangkok. Photo Mladen Antonov – AFP
Les chiffres de l’Office national des statistiques et du Conseil national de développement économique et social, vérifiés par près de 4 200 chercheurs, ont montré que la plupart des ménages pauvres :
- N’ont pas d’économies
- Luttent avec des revenus insuffisants
- Sont endettés
- Ont un accès limité à l’aide sociale ou aux terres agricoles
Beaucoup se trouvaient également dans des zones sujettes aux catastrophes naturelles.
Des initiatives locales pour réduire la pauvreté

Des personnes se rassemblent autour d’un point de distribution de nourriture à Baan Imjai, géré par le bureau du district de Phra Nakhon en juillet 2025. Photo : Pornprom Satrabhaya
Depuis 2020, le PMU-A travaille avec des réseaux de recherche pour mettre en œuvre 299 modèles de réduction de la pauvreté à l’échelle nationale, avec le soutien de « responsables régionaux » formés à cet effet.
L’initiative a également mis en place 34 fonds de lutte contre la pauvreté dans 16 provinces et des centres de recherche à Pattani, Phatthalung et Yala.
Les réseaux universitaires et les organisations partenaires ont proposé un plan en 10 points exhortant le gouvernement à :
- Inscrire l’éradication de la pauvreté à l’ordre du jour national
- Renforcer la coopération au niveau provincial
- Créer une base de données unifiée pour cibler les ménages pauvres
- Confier aux universités un rôle dans la gestion des données
Ils ont également appelé à l’autonomisation des administrations locales, à l’extension de la formation professionnelle en fonction des besoins locaux et à l’introduction de politiques sociales proactives.
Un endettement record des ménages thaïlandais

Thaïlandais devant des distributeurs d’argent dans un centre commercial. Photo : Thai PBS World
Le séminaire a également mis en évidence l’endettement des ménages comme un obstacle majeur.
L’ancien président du Bureau national du crédit, Surapol Opasatien, a déclaré que l’endettement des ménages au premier trimestre 2025 avait atteint 16 350 milliards de bahts, soit 87,4 % du PIB, bien au-dessus du seuil critique de 80 %.
Bien que le ratio dette/PIB se soit légèrement amélioré, il a déclaré que les revenus restaient trop faibles pour réduire le fardeau.
« Les revenus quotidiens équivalent aux dépenses quotidiennes plus le remboursement de la dette, ce qui ne laisse aucune marge pour l’épargne », a déclaré M. Surapol.
Il a ajouté que les prêts non performants s’élevaient désormais à 1 235 milliards de bahts pour 9,6 millions de comptes détenus par 5,3 millions de personnes.
Parmi ceux-ci, 3,4 millions d’emprunteurs doivent moins de 100 000 bahts chacun, mais font néanmoins l’objet de poursuites judiciaires pour défaut de paiement.
Sans une intervention plus forte, les prêts non performants pourraient atteindre 1 300 milliards de bahts cette année.
Le groupe le plus vulnérable, a-t-il averti, est la génération Y, c’est-à-dire les jeunes adultes occupant des emplois de premier échelon, dont les problèmes d’endettement augmentent plus rapidement que la moyenne nationale.
À retenir
- 2,39 millions de Thaïlandais, soit 3,41 % de la population, vivaient encore dans la pauvreté en 2023.
- Le Nord-Est et le Sud concentrent les plus fortes proportions de ménages pauvres.
- La pauvreté est aggravée par un endettement record des ménages (87,4 % du PIB).
Voir aussi :
Le FMI exhorte la Thaïlande à aider les ménages en difficulté
Des millions de personnes en Thaïlande risquent de sombrer dans la pauvreté
Thaïlande : un enfant sur dix est confronté à une grave pauvreté alimentaire
La Thaïlande veut réduire la pauvreté grâce à l’économie de suffisance
Thaïlande : la dette des ménages passe sous la barre des 90 % du PIB
Source : Bangkok Post
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4 commentaires
80% de la population thaïlandaise vit dans une misère un peu améliorée.
???????????????? La notion de pauvreté est relative en Thaïlande.
Je pense que comparé aux labels européens ou suisses, le chiffre est un peu sous-estimé…
Chiffres sous-estimés.
Je cite « les prêts non performants s’élevaient désormais à 1 235 milliards de bahts pour 9,6 millions de comptes détenus par 5,3 millions de personnes. » fin de citation.
Les « prêts non-performants », c’est-à-dire ceux qui sont en défaut de paiement, non remboursés pour diverses causes et raisons évoquées dans cet article, obligent bien souvent les emprunteurs à s’adresser à des usuriers qui appliquent des taux d’intérêts de 30, 40 % et plus, dont bien souvent, ils ne paient que les intérêts (quand ils savent le faire) et ces emprunts durent donc des dizaines d’années, et pour certains ne sont jamais remboursés en capital…
C’est le principe de l’usurier, profession qui est évidemment illégale, mais pratiquée à grande échelle auprès des populations les plus pauvres, les plus vulnérables et qui deviennent donc encore plus pauvres, et cela en toute impunité.
Mais les gouvernements qui se succèdent à la tête de ce pays depuis plus de 70 ans n’ont jamais pris ce problème au sérieux et ont laissé pourrir la situation au grand profit d’escrocs connus de la population, surtout en zones rurales, mais qui ne font l’objet d’aucun contrôle, d’aucune poursuite de la part des forces de polices et de l’appareil judiciaire…
S’attaquer à ces prêteurs usuriers devraient être une priorité pour briser le cercle vicieux de l’endettement et du sur-endettement des ménages et d’une classe ouvrière pauvre, condamnée à le rester par l’immobilisme et le laxisme des autorités politiques et judiciaires du pays.
Évidemment, bien souvent, cette tranche de la population ne vote pas, n’est pas active ni rentable à la société et donc quantité négligeable quand il s’agit de compter les électeurs parmi ses partisans lors d’élections provinciales ou nationales…
Comme d’habitude, les problèmes de fond ne sont pas pris à bras-le-corps et les solutions ne sont pas mises en œuvre pour résoudre à moyen et long terme cette urgence nationale…
On préfère donner 10.000 baths à fonds perdus, qui ne règle rien !!!
Lamentable, stupide, insipide, incolore, inodore et surtout indigne d’un pays qui vante d’être à la pointe de la technologie de l’I.A et de ses applications informatiques, techniques, industrielles et économiques globales qui elles brassent des milliards de baths qui engraissent les plus riches des classes élitistes et de la haute bourgeoisie du Royaume, pendant que plusieurs millions de Thaïlandais se contentent d’un repas par jour, fait de riz et de feuilles de végétaux et de légumes sauvages, cueillis dans les campagnes, le long des rizières et des routes, (sur)vivent, dorment et meurent dans des taudis fait de bambous et de tôles rouillées… que l’on cache loin, très loin des chemins empruntés par les touristes !