La Thaïlande va renforcer les contrôles dans ses aéroports après l’arrestation d’une hôtesse de Thai Airways en Australie pour trafic d’héroïne.
Voir : La Thaïlande embarrassée par des affaires de drogue vers l’Australie
Les autorités annoncent une vaste réforme de la sécurité aéroportuaire avec des contrôles renforcés des équipages, du personnel, des bagages et des voyageurs, ainsi que de nouvelles obligations pour les compagnies aériennes.
La CAAT interdit aux équipages de transporter des colis pour des tiers

Les autorités thaïlandaises renforcent les contrôles de sécurité dans les aéroports avec une politique de « zéro confiance » visant les équipages, le personnel et les voyageurs. Photo : The Nation Thailand
L’Autorité de l’aviation civile de Thaïlande (CAAT) a annoncé de nouvelles règles applicables à toutes les compagnies aériennes titulaires d’un certificat d’exploitant aérien (AOC).
La mesure phare interdit désormais aux pilotes, hôtesses de l’air et stewards d’accepter ou de transporter des colis, des marchandises ou tout autre objet pour le compte d’un tiers, qu’ils soient rémunérés ou non.
Seules les missions officiellement confiées par leur compagnie aérienne resteront autorisées.
Cette décision fait suite à l’arrestation, le 25 juin, d’une hôtesse de Thai Airways à l’aéroport de Melbourne.
Les autorités australiennes ont découvert plus d’un kilogramme d’héroïne, d’une valeur estimée à 11,5 millions de bahts, dissimulé dans ses sacs.
Des contrôles renforcés et des sanctions pour les compagnies aériennes

Des équipes cynophiles spécialisées dans la détection de stupéfiants seront davantage déployées dans les aéroports thaïlandais dans le cadre du renforcement des contrôles de sécurité. Photo : The Nation Thailand
Selon le directeur général de la CAAT, l’Air Chief Marshal Manat Chavanaprayoon, ces nouvelles dispositions découlent des décisions adoptées lors de la réunion du comité national de lutte contre les stupéfiants du 3 juillet.
Les compagnies aériennes devront désormais renforcer la surveillance des bagages de leurs équipages et mettre en place des procédures de prévention plus strictes.
Elles devront notamment :
- définir les types, dimensions et poids des effets personnels autorisés ;
- effectuer des contrôles aléatoires des bagages ;
- mettre en place un système de gestion des risques ;
- former régulièrement le personnel navigant aux risques liés à la contrebande ;
- créer des dispositifs de signalement des comportements suspects ;
- prévoir des procédures disciplinaires en cas d’infraction.
Les compagnies qui ne respecteront pas ces obligations pourront faire l’objet de sanctions administratives.
La CAAT pourra notamment suspendre ou retirer certaines licences ou certifications lors des inspections ou des renouvellements d’autorisation.
Une politique de « zéro confiance » dans tous les aéroports

Passager dans l’aéroport de Suvarnabhumi.
Au-delà des nouvelles règles imposées aux compagnies aériennes, le gouvernement thaïlandais entend revoir en profondeur la sécurité dans les aéroports.
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a qualifié cette affaire de véritable « signal d’alarme » pour le système de sécurité aérienne du pays.
Selon lui, l’arrestation de l’hôtesse de Thai Airways a mis en évidence des failles qui nécessitent une réforme rapide afin de restaurer la confiance des partenaires internationaux.
À l’issue d’une réunion réunissant les autorités de l’aviation, des transports et de la lutte contre les stupéfiants, le vice-ministre des Transports, Phatraphong Phatraprasit, a annoncé l’adoption d’une politique de « Zero Trust » (« zéro confiance »).
Concrètement, les pilotes, les membres d’équipage et l’ensemble du personnel aéroportuaire seront désormais soumis aux mêmes contrôles corporels et de bagages que les passagers.
Les autorités déploieront davantage de chiens détecteurs de stupéfiants sur les vols à risque.
Elles instaureront également un second contrôle obligatoire aux portes d’embarquement et renforceront le partage des renseignements entre les douanes, la police et l’Office thaïlandais de contrôle des stupéfiants (ONCB).
Des vérifications approfondies des antécédents ainsi que des dépistages obligatoires de stupéfiants seront progressivement mis en place pour les personnels travaillant dans les terminaux et les zones de fret.
Des technologies de pointe pour renforcer la sécurité

Le personnel passe les bagages aux rayons X à l’aéroport de Suvarnabhumi. Photo : Somchai Poomlard/Bangkok Post
Les autorités souhaitent également moderniser les dispositifs de contrôle.
Les experts du secteur estiment que les contrôles physiques devront être complétés par le système d’information préalable sur les passagers (APIS) et par des technologies biométriques permettant d’identifier plus rapidement les personnes à risque.
Le vice-ministre des Transports a confirmé que de nouveaux outils technologiques ainsi que des formations spécialisées destinées à lutter contre les méthodes utilisées par les réseaux de trafic de drogue seront progressivement déployés dans les aéroports thaïlandais.
Une enquête internationale se poursuit
Le lieutenant-général de police Archayon Kraithong, commissaire du Bureau thaïlandais de lutte contre les stupéfiants, a annoncé la création d’une équipe spéciale chargée de faire toute la lumière sur cette affaire.
Les enquêteurs travaillent avec la police australienne, l’Office thaïlandais de contrôle des stupéfiants (ONCB), la police métropolitaine et plusieurs autres agences afin d’identifier l’ensemble des personnes impliquées, depuis les organisateurs jusqu’aux éventuels financeurs et complices.
Les autorités estiment que cette affaire pourrait être liée à un réseau criminel transnational.
Des poursuites supplémentaires pourraient être engagées en vertu de la législation thaïlandaise sur la criminalité organisée.
Source : Bangkok Post, The Nation Thailand
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4 commentaires
Thai Airways est une piètre compagnie aux manquements manifestes tant en matière de sécurité que de gestion du personnel et de ses clients.
C’est la seule compagnie où j’ai vu le personnel demander 50$ aux clients pour se déplacer vers une rangée vide et avoir de l’espace alors que l’avion était peu rempli…
Le PNC était de connivence et demandait cet argent, prétextant sinon que vous deviez garder votre siège pour des raisons de sécurité et que sinon vous seriez signalé comme passager récalcitrant…
Je ne parle pas des refus d’embarquement pour des motifs fallacieux, des manquements de sécurité avec des plateaux non débarrassés à l’atterrissage, des toilettes non maintenues propres au titre que ce n’est pas du ressort des précieuses hôtesses thaïlandaises ou de l’état de vétusté de certains appareils…
Maintenant, sans aucune surprise, se rajoutent le trafic de drogue, la vente de transport de colis…
Longtemps que je me suis tourné vers des compagnies fiables, sérieuses et accueillantes, délaissant Thai Airways…
Qu’on ne vienne pas dire que les problèmes sont dus aux étrangers…
Et ce ne sont pas les mesures gouvernementales qui vont changer la donne tant que la corruption gangrènera tous les aéroports thaïlandais à tous les niveaux
J’ai souvent voyagé avec Thai Airways et ça a toujours été impeccable…
Oui, moi aussi, j’évite Thai Airways qui m’ont refusé un vol une fois parce qu’il manquait un papier qui, d’après les dernières informations, n’était plus nécessaire lors de la pandémie.
Le personnel était froid, pas du tout accueillant, hautain…
Cela doit être des Thaïlandais privilégiés et pistonnés, ils ne sont pas aussi sympathiques que les Thaïlandais que l’on rencontre dans le pays.
La Thaï, ce n’est peut-être plus ce que c’était dans le passé, mais je ne m’en plains pas.
Mais si je la prends, c’est parce qu’à mon âge, cela me fait suer de descendre à mi-chemin, d’attendre le vol de correspondance, de refaire la queue et de repasser encore des contrôles.
Quand j’étais plus jeune, EMIRATES, GULF AIR ETHIAD et Cie c’était moins onéreux, encore maintenant, mais les escales sont bien quand l’on est plus jeune ; aussi dans les 2 sens, faut voir avec les heures de départ et d’arrivée.
AIRFRANCE, hors de prix .
Aussi voir d’où l’on vient et où l’on va, même depuis la FRANCE.
Avec les nouveaux contrôles automatiques à l’aller comme au retour, CDG est devenu interminable.
En ESPAGNE ils s’en plaignent aussi.