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Guerre de la police en Thaïlande : un policier « incorruptible » suspendu

3 commentaires 4 minutes à lire
La Thaïlande limoge un policier connu pour s'attaquer aux policiers corrompus

Un policier reconnu pour son intégrité et par le fait qu’il n’hésite pas à s’attaquer aux policiers corrompus en Thaïlande, a été suspendu.

Le chef intérimaire de la police nationale a suspendu le chef adjoint, Surachate Hakparn, et quatre subordonnés accusés d’être impliqués dans un réseau de jeux d’argent en ligne, selon une source au fait de l’affaire.

La source a déclaré que le chef intérimaire a signé l’ordre, qui a pris effet immédiatement le jeudi 18 mars.

Une guerre entre policiers corrompus et incorruptibles ?

Guerre de la police en Thaïlande : un policier "incorruptible" suspendu

Le général Surachate Hakparn à gauche et le nouveau chef de la police, le général Torsak Sukvimol. Photo : Police thaïlandaise

Depuis de longs mois, une guerre fait rage entre hauts gradés de la police en Thaïlande.

D’un côté, il y a le chef adjoint de la police, le général Surachate Hakparn, qui est connu pour s’être occupé de nombreuses affaires touchant des policiers corrompus et qui n’a jamais tenté de protéger ses collègues.

Comme il est facile de le comprendre, il dérange beaucoup de monde alors que les affaires impliquant des policiers thaïlandais corrompus font régulièrement la une des médias.

De l’autre, nous avons le nouveau chef de la police, le général Torsak Sukvimol, qui a été proposé à ce poste à la place de Surachate en septembre 2023 par le Premier ministre, Srettha Thavisin.

Voir : La Thaïlande nomme son nouveau chef de la police

Surachate aurait dû être nommé chef de la police en septembre, mais quelques jours avant que le nouveau chef soit désigné, il a été accusé de corruption et son domicile a été perquisitionné lors d’une opération de police très médiatisée.

Voir : Attaque contre le « monsieur propre » de la police en Thaïlande

Les défenseurs de Surachate accusent les policiers corrompus de l’avoir injustement mêlé à une affaire de corruption afin de s’assurer qu’il ne soit pas nommé chef de la police.

Voir : Corruption de la police en Thaïlande : un nouveau scandale vise le sommet

Et les accusations contre lui continuerait, car Torsak doit prendre sa retraite en septembre prochain et Surachate est le mieux placé pour reprendre le poste.

Torsak est, lui aussi, accusé de corruption dans la même affaire, mais n’a pas été suspendu.

Voir : Corruption en Thaïlande : des preuves mèneraient à la femme du chef de la police

Les deux hommes ont été transféré à des postes inactifs par le Premier ministre, Srettha Thavisin le 20 mars dernier.

5 policiers suspendus

Guerre de la police en Thaïlande : un policier "incorruptible" suspendu

Policiers thaïlandais filmé par la chaine « Police TV ».

Outre le général Surachate, l’ordre s’applique au colonel Kittichai Sangkhathaworn, au lieutenant colonel Krit Pariyaket, au sergent Natthawut Wadwaew et au sergent Natthanan Chuchak.

Tous les cinq sont soupçonnés d’être impliqués dans le blanchiment d’argent en relation avec le réseau de jeu BNK Master.

La source a déclaré que le général Kitrat, le chef intérimaire de la police, avait fondé sa décision sur une enquête disciplinaire, notant que les tribunaux avaient approuvé les mandats d’arrêt des cinq suspects.

Kitrat a été nommé par le Premier ministre en mars dernier pour assurer l’intérim du chef de la police.

Il a discuté de sa décision avec Srettha Thavisin à la maison du gouvernement après une réunion du gouvernement jeudi matin, a déclaré la source.

Les cinq ont le droit de déposer une réclamation contre l’ordonnance.

Jeudi, Kitrat a formé un nouveau comité d’enquête pour examiner les rôles des cinq suspects qu’il a suspendus.

Le comité est composé de 14 officiers de police dont le grade va de celui de lieutenant-colonel à celui de général.

Une enquête honnête ?

Guerre de la police en Thaïlande : un policier "incorruptible" suspendu

Le Premier ministre Shretta Thavisin verse de l’eau en signe de respect à Thaksin Shinawatra, ancien Premier ministre et ancien policier, lors du Nouvel An thaïlandais, le Songkran 2024.

Juste avant que Srettha Thavisin, ne transfère les deux protagonistes, Surachate et Torsak à des postes inactifs, l’enquête devait être confiée à la Commission nationale anti-corruption (NACC), ce qui aurait garantie une enquête honnête.

Voir : Guerre entre policiers corrompus et honnêtes en Thaïlande ?

Mais, au lieu de cela, le Premier ministre a mis en place un comité pour enquêter sur l’affaire.

Et ce comité a récemment déclaré qu’il avait trouvé des fondements à l’allégation selon laquelle le général Surachate était impliqué dans le blanchiment d’argent.

L’enquête précédente avait révélé que l’administrateur du site de jeu BNK Master avait transféré de l’argent sur un compte bancaire détenu par le lieutenant-colonel Krit, mais pas à son nom.

De l’argent a ensuite été transféré de ce compte vers les comptes des deux sergents suspectés.

Ces derniers auraient à leur tour reçu l’ordre de livrer des enveloppes d’argent liquide à la résidence du général Surachate.

Les transactions auraient eu lieu entre le 8 février et le 3 novembre 2022, d’après les enquêteurs nommés par le Premier ministre.

L’enquête continue…


Source : Bangkok Post

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3 commentaires

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HANSSON 20 avril, 2024 - 8 h 47 min

Toutes ces péripéties et « étapes » d’enquêtes plus ou moins dirigées et agencées comme une pièce de théâtre ou un très mauvais film de série B, me laissent à penser que les hautes sphères du pouvoir politique et des éléments corrompus chez les hauts gradés de la police essaient par tous les moyens de se débarrasser définitivement du général Surachate et de ses adjoints avant de devoir nommer un successeur au poste de chef suprême de la police en septembre prochain.

Le fait que le chef et le chef adjoint de la police ont tous deux été suspendus il y a quelques semaines, mais que seul Surachate est poursuivi des chefs d’accusation de blanchiment incriminant cependant les deux hauts gradés d’une part, et que d’autre part, le PM Srettha n’a pas porté l’affaire devant la Commission nationale indépendante d’enquêtes anti-corruption, mais a formé sa propre commission, avec des choix personnels sur les personnes nommées dans cette commission me laisse également à penser que le PM Srettha, n’est pas blanc dans cette affaire…

Décidément, la corruption semble bien bétonnée parmi les hautes instances dirigeantes de ce pays et a encore de beaux jours devant elle !

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Hannibal 20 avril, 2024 - 15 h 03 min

Il est évident que c’est Thaksin Shinawatra qui dirige le pays, Srettha n’est qu’un Premier ministre de passage en attendant la mise en place de la fille de Thaksin.

Et Thaksin, ancien premier ministre corrompu et ancien policier corrompu qui a toujours le contrôle de nombreux policiers, qui sont ses yeux et ses oreilles, fait en sorte que Surachate soit éliminer pour protéger ses intérêts et ses agents de police corrompus.

Je suis sûr qu’il touche une bonne part du juteux business des policiers corrompus…

Malheureusement, cela prouve que la Thaïlande n’est pas prête de se débarrasser de ce problème qui salit son image internationale.

Mais, il ne fait aucun doute, que s’ils arrivent à éliminer Surachate, les affaires touchant la mafia policière seront étouffées et les meurtres, tortures et extorsions pourront continuer sans que cela fasse de vague…

On se demande ce qui se cache derrière le retour de Thaksin et la grâce dont il a pu bénéficier, est-ce juste pour écarter le Move Forward party, ou est-ce qu’il a d’autres moyens de pressions ???

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HANSSON 21 avril, 2024 - 11 h 10 min

Effectivement, Hannibal, toute cette corruption qui, de plus en plus, se dévoile au plus haut niveau et a de plus en plus difficile à se cacher aux yeux de la population thaïlandaise : la cote de popularité de Serttha, qui était de 60 à 70 % favorables à son élection en tant que PM au sein de la population, qui voyait en lui un espoir de « nettoyeur de linge sale », n’est plus à l’heure actuelle que de 29% et ses manœuvres à peine voilées pour éliminer définitivement Surachate du poste suprême de commandant en chef des forces de police en septembre prochain ne va rien arranger !!!

Quand au mouvement politique « Move forward » et à son leader Pita Limjaroenrat, évincé de la course au pouvoir par l’alliance du Pheu thai de Thaksin avec des éléments des conservateurs royalistes et de l’Armée, mis en minorité politiques aux dernières élections, mais pourtant au pouvoir actuellement, il sera intéressant de voir quelles seront les manœuvres que prépareront les partis actuellement au gouvernement pour éviter sa re-présentation aux élections normalement prévues en mai 2027…

Personnellement, je crois que le pire ennemi de Pita n’est pas comme on pourrait le croire, les royalistes conservateurs, mais bien Thaksin Shinawatra et le parti Pheu thai, digne descendant du parti originel de la famille Shinawatra, le « Thai Rak thai »…

C’est l’alliance du Pheu Thai (à quasi égalité de voix avec le Move Forward) avec les partis conservateurs royalistes, pourtant ennemis de toujours, qui a permis d’évincer Pita du poste de PM en mai 2023…

Il est clair que le patriarche de plus de 70 ans n’a pas l’intention de jeter le gant et de prendre sa retraite, aux fins de remettre sa famille, via sa fille cadette, au pouvoir lors des prochaines élections et pour cela, il aura encore besoin des partis conservateurs fidèles à l’aile droite de la politique thaïlandaise…

Pita restera donc l’ennemi public n°1 de tous, aux prochaines élections….

À moins d’une majorité écrasante de voix aux prochaines élections, pour obtenir plus de 75 % des postes parlementaires (ce qui n’est jamais arrivé à un parti en Thaïlande), Pita ne pourra pas avoir, avec la Constitution favorable à un Sénat composé de 250 sénateurs non-élus, mais nommés par l’Armée, une majorité absolue au prochain Parlement pour se faire élire comme Premier Ministre…

Et on peut compter sur l’establishment thaïlandais pour lui mettre des bâtons judiciaires dans les jambes pour l’empêcher d’y arriver et d’appliquer une politique novatrice tournée résolument vers le modèle américain dont il s’est inspiré pour sa campagne de 2023, ayant fait ses études à la prestigieuse Université américaine de Harvard, et ayant été par ailleurs le premier étudiant thaïlandais à y obtenir une bourse d’études internationale…

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