Un Français est accusé d’avoir trompé huit compatriotes ayant investi 26 millions de bahts dans une ferme de cannabis à Koh Samui.
La ferme n’aurait jamais vu le jour et l’enquête a conduit l’immigration à découvrir un réseau présumé de prête-noms thaïlandais et un établissement exploité sans licence hôtelière.
Plus de 26 millions de bahts investis par huit Français
L’affaire concerne Stéphane Thierry Bastok, un Français de 74 ans installé à Koh Samui, dans la province de Surat Thani.
Selon la police thaïlandaise, il fait l’objet de poursuites dans une affaire où il est accusé d’avoir trompé huit de ses compatriotes afin de les convaincre d’investir dans un projet de ferme de cannabis.
Chacun aurait investi environ 3,3 millions de bahts, portant le montant total à plus de 26,4 millions de bahts, soit environ 900 000 euros.
Mais selon les enquêteurs, la ferme de cannabis n’aurait jamais vu le jour.
Les policiers des commissariats de Bo Phut et de Koh Samui ont terminé leurs investigations et transmis le dossier au parquet pour examen.
L’affaire conduit l’immigration sur la piste de deux sociétés

Des agents de l’immigration thaïlandaise inspectent l’établissement IDA B Domain à Lipa Noi, sur l’île de Koh Samui, dans le cadre de l’enquête sur un réseau présumé de prête-noms.
À partir des éléments recueillis dans cette affaire, les services de l’immigration de Surat Thani ont décidé d’examiner plus largement les activités commerciales et le patrimoine de Stéphane Thierry Bastok.
Leurs investigations ont révélé des liens avec deux sociétés, Ida B Co Ltd et IDA B Domain Co Ltd, impliquées dans la détention de terrains et l’exploitation d’un établissement d’hébergement à Lipa Noi, sur la côte ouest de Koh Samui.
L’enquête s’inscrit dans l’opération « Répression des réseaux de prête-noms étrangers, phase 7 », menée contre les étrangers soupçonnés d’utiliser des actionnaires thaïlandais pour contrôler des entreprises ou détenir des terrains en contournant la législation.
Voir : Thaïlande : 13 étrangers arrêtés dans la lutte contre les prête-noms
Près de 13 000 m² de terrain et un établissement de 12 chambres
Ida B Co Ltd possédait environ 7 rai, 3 ngan et 80 wah carrés de terrain, soit environ 12 720 m².
Un bâtiment de trois étages y a été construit en 2021 avant d’être exploité sous le nom « IDA B DOMAIN » par la société IDA B Domain Co Ltd.
L’établissement disposait de 12 chambres et d’un restaurant.
Selon Matichon, les chambres étaient proposées à la journée sur plusieurs plateformes de réservation, notamment Booking.com, Trip.com et Hotels.com.
La société disposait également de son propre site Internet destiné aux touristes.
Les agents affirment cependant n’avoir trouvé aucune licence d’exploitation hôtelière délivrée par les autorités de Koh Samui.
Les déclarations TM30 utilisées pour établir les courts séjours

Des agents de l’immigration de Surat Thani contrôlent les documents de l’établissement IDA B Domain à Lipa Noi, sur l’île de Koh Samui.
Les enquêteurs se sont également appuyés sur les déclarations d’hébergement des étrangers effectuées en vertu de l’article 38 de la loi sur l’immigration, communément appelées TM30.
Ces registres montraient que les étrangers déclarés à cette adresse effectuaient des séjours de courte durée, ce qui correspondait à une activité d’hébergement à la journée.
Les agents ont également découvert une demande de licence pour une activité présentant un risque sanitaire dans laquelle l’établissement était décrit comme une activité de location de 12 chambres.
Cinq Thaïlandais soupçonnés d’avoir servi de prête-noms
L’examen de l’actionnariat et des comptes des deux sociétés a ensuite révélé d’autres anomalies présumées.
Selon les enquêteurs, Ida B Co Ltd déclarait des pertes de manière continue et ne générait pas de revenus réels. La société semblait principalement servir à détenir le terrain.
Trois Thaïlandais possédaient officiellement 60 % de son capital.
Les autorités affirment cependant qu’il s’agissait d’employés du restaurant et d’un chauffeur ne disposant pas des moyens financiers apparents nécessaires pour réaliser un tel investissement.
La structure d’IDA B Domain Co Ltd a également attiré l’attention des enquêteurs.
Deux Thaïlandais en détenaient ensemble 60 % des actions.
L’un d’eux aurait reconnu être un simple employé dont le nom avait été utilisé pour devenir administrateur de la société et gérer des documents, sans disposer d’aucun pouvoir sur les finances de l’entreprise.
Au total, cinq ressortissants thaïlandais sont visés par des poursuites pour avoir notamment aidé ou détenu des actions pour le compte d’un étranger afin de contourner la législation thaïlandaise.
Plus de 9 millions de bahts transférés au Français et à son fils

Des policiers et agents de l’immigration inspectent l’établissement IDA B Domain à Lipa Noi, à Koh Samui, dans le cadre de l’enquête sur un homme d’affaires français et un réseau présumé de prête-noms.
L’examen des flux financiers des entreprises a également permis de découvrir plusieurs transferts.
Plus de 7,7 millions de bahts auraient été virés depuis les comptes des sociétés vers le compte personnel de Stéphane Thierry Bastok et plus de 1,5 million de bahts vers celui de son fils.
Pour les enquêteurs, ces mouvements financiers indiqueraient que le Français était la source des capitaux et exerçait le contrôle effectif des entreprises, malgré la majorité du capital officiellement détenue par les actionnaires thaïlandais.
Une plainte a été déposée contre Stéphane Thierry Bastok pour des infractions présumées aux articles 8, 36, 37 et 41 de la loi thaïlandaise sur les entreprises étrangères de 1999, ainsi que pour l’exploitation d’un hôtel sans licence, en vertu de la loi sur l’hôtellerie de 2004.
Les deux sociétés sont également visées par des poursuites, notamment pour avoir permis à un étranger d’exercer des activités commerciales en violation de la loi, avoir utilisé des actionnaires thaïlandais comme prête-noms et exploité un hôtel sans autorisation.
Une possible enquête pour blanchiment d’argent
L’affaire pourrait désormais s’étendre au blanchiment d’argent.
Le colonel Naruet Phutthawiro, chef du service de l’immigration de Surat Thani, a indiqué que les enquêteurs cherchaient à déterminer si des fonds provenant présumément d’activités illégales avaient ensuite servi à financer des investissements.
Les autorités affirment également avoir obtenu des informations fiables selon lesquelles Stéphane Thierry Bastok aurait auparavant proposé à la vente un hôtel, des bâtiments et des terrains pour 300 millions de bahts.
L’immigration de Surat Thani doit désormais coordonner son enquête avec les autres organismes compétents afin d’examiner ces avoirs et de déterminer si de nouvelles poursuites, notamment pour blanchiment d’argent, doivent être engagées.
Voir aussi :
Sources : Khaosod English, Matichon et ASEAN NOW
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3 commentaires
Ça va se terminer au Hilton de Bangkok cette histoire.
Là, on franchit un échelon de plus dans le catalogue des arnaques thaïlandaises : on n’est plus dans la sphère d’une organisation mafieuse qui utilise des hommes de main ou de petits délinquants pour des vols à la petite semaine, ou des Thaïlandais sans le sou qui extorquent sous la menace des touristes dans une ruelle en pleine nuit, ou encore des vols à la tire et des rackets de policiers arrondissant leur fin de mois…
Ici, il s’agit d’un « bon » français « blanc », qui sciemment et en pleine connaissance des lois thaïlandaises a utilisé des prête-noms thaïlandais pour installer sa propre entreprise hôtelière illégale, et pour disposer des capitaux nécessaires n’a pas hésité à trahir la confiance de ses investisseurs en arnaquant 8 français ! Pas des Russes, des Chinois ou des Israéliens… non, non : des compatriotes !!!
À titre anecdotique, les chambres (de la chambre « junior » la moins chère à la suite « présidentielle ») de l’Ida B Domain se louent en novembre pour 1 nuit, de 10 à 20 000 baths….. avec le petit-déjeuner (quand même !), mais plus cher que les 145m2 de la Anzhu Seamate Villa Samui, avec service hôtelier et petit-déjeuner (16 700 baths la nuit) ou que les 130 m² des villas du Conrad ***** Koh Samui (18 000 baths la nuit).
Se mouche pas le nez dans du papier « Q », notre ami Bastok !!!
Il va connaître l’autre face de la Thaïlande, après le côté paradisiaque, le côté infernal…