La Thaïlande intensifie sa lutte contre les entreprises étrangères utilisant des prête-noms en ciblant désormais les restaurants.
À Bangkok, 112 restaurants liés à des intérêts étrangers font l’objet d’un examen approfondi.
Cette nouvelle opération s’inscrit dans la continuité de la campagne nationale lancée par les autorités thaïlandaises contre les sociétés utilisant des prête-noms.
La veille, une vaste opération menée à Phuket, Phang Nga et Krabi avait principalement visé des projets immobiliers, des terrains et un hôtel soupçonnés d’être contrôlés illégalement par des investisseurs étrangers.
Voir : La Thaïlande frappe fort contre les prête-noms étrangers : 48 arrestations
112 restaurants de Bangkok dans le viseur des autorités

Nouveau quartier chinois de Huai Khwang à Bangkok. Photo : Khao Sod
Vendredi, une équipe conjointe réunissant le Département du développement des entreprises (DBD) et plusieurs autres administrations a mené une opération d’inspection dans le district de Huai Khwang, le nouveau quartier chinois de Bangkok.
Voir aussi : Le nouveau quartier chinois de Bangkok inquiète les Thaïlandais
Cette opération fait suite à des informations faisant état de sociétés utilisant des actionnaires thaïlandais comme prête-noms, c’est-à-dire des personnes détenant officiellement des parts pour le compte d’investisseurs étrangers afin de contourner les restrictions imposées par la loi.
Selon le directeur général du DBD, Poonpong Naiyanapakorn, les autorités disposent désormais d’une liste de 112 restaurants à participation étrangère situés dans ce district.
Chacun d’eux fera l’objet d’un examen approfondi afin de vérifier le respect de la législation commerciale thaïlandaise.
Les contrôles vont s’étendre à toute la capitale
L’opération ne se limite pas à Huai Khwang.
Le DBD a demandé aux bureaux des 49 autres districts de Bangkok de transmettre des informations sur les restaurants détenus en partie par des investisseurs étrangers afin d’étendre les vérifications.
Cette nouvelle étape s’inscrit dans la politique du ministère du Commerce visant à identifier les entreprises étrangères qui contourneraient les restrictions imposées par la loi grâce à des montages impliquant des prête-noms thaïlandais.
53 entreprises déjà transmises aux enquêteurs

Restaurants dans la rue Banthat Thong à Bangkok. Photo : Khaosod
Le directeur du DBD a indiqué que les informations concernant 53 personnes morales avaient déjà été transmises au Bureau de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLO) pour enquête.
Les dossiers ont également été communiqués au groupe de travail de la Police royale thaïlandaise chargé des activités commerciales illégales menées par des étrangers, ainsi qu’au Département des recettes fiscales et au Bureau de la police métropolitaine afin de poursuivre les investigations.
Les autorités renforcent la surveillance des entreprises étrangères
Les autorités soulignent que la lutte contre les sociétés utilisant des prête-noms nécessite la coopération de l’ensemble des administrations concernées ainsi que la participation du public.
Le DBD encourage ainsi les citoyens à signaler toute activité commerciale suspecte susceptible de dissimuler un contrôle étranger illégal.
Voir aussi :
- La Thaïlande enquête sur des Israéliens naturalisés qui achètent des terres
- La Thaïlande appelée à durcir les règles sur les achats immobiliers des étrangers
- La Thaïlande durcit sa lutte contre les sociétés prête-noms étrangères
Source : Bangkok Post
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2 commentaires
Yes, yes, yes… Et allons-y gaiement…
Après les sociétés immobilières et agences prête-noms liées à ce secteur économique, les enquêteurs et la justice thaïlandaise s’enfoncent dans le ventre mou et trouble du secteur de la restauration, les 2 zones « Chinatown » de Bangkok étant dans la principale zone de tir du sniper de la justice Thai !!!
Il va y en avoir qui vont fermer boutique pour échapper aux poursuites et iront s’installer extra-muros ou rentreront au pays.
Il faut espérer que le département du développement des entreprises (DBD), la police « commerciale » thaïlandaise, le ministère des Finances, le département des recettes fiscales et les bureaux de la police métropolitaine de Bangkok qui sont impliqués dans ces enquêtes de grande ampleur sauront se montrer aussi incorruptibles que possible, face aux intérêts financiers de la pieuvre du commerce et de la restauration chinoise implantés depuis des dizaines d’années dans la capitale thaïlandaise.
Car il est certain que jusqu’à présent, si ces restaurants ont pu prospérer sans être inquiétés, ils ont dû bénéficier de protection en échange de quelques pots-de-vin distribués à bon escient, au sein des instances dirigeantes et décisionnelles de diverses administrations défaillantes et volontairement aveugles…
Là aussi, il serait judicieux d’investiguer afin de couper les ramifications frauduleuses et corruptrices présentes dans certains bureaux et organismes officiels thaïlandais…
Ce n’est plus une pieuvre ou une toile d’araignée, c’est carrément s’attaquer au monstre du Loch Ness : invisible, insaisissable et éternel !!!
Pffff… Du grand esbroufe pour rien ou presque…
Comme s’il n’y avait pas autre chose à faire que de chercher les dangereux cuisiniers étrangers qui osent défier une loi thaïlandaise obsolète et hors sol à l’heure de la mondialisation.
Heureusement le ridicule ne tue pas…
La consolation : certains de ces restaurants devaient servir de couverture pour le blanchiment d’argent sale, mais sinon…
Mais par contre, ne surtout ne pas s’attaquer à l’industrie de la nuit, pourtant façade de la grande criminalité (proxénétisme, trafic d’armes, drogues, esclavage, etc…), à la corruption à tous les niveaux ou encore aux arnaques quotidiennes touchant les touristes gâchant souvent des vacances chèrement payées…
La liste est non exhaustive…
Ça ferait presque rire si ce n’était pas aussi triste de voir un pays si mal gérer les urgences.