Le Cambodge a arrêté et extradé Chen Zhi vers la Chine, un proche du pouvoir, accusé d’avoir dirigé des réseaux de cyberescroqueries.
- Chen Zhi (Prince Group) a été arrêté le 6 janvier 2026 puis extradé vers la Chine, selon les autorités et plusieurs médias.
- Il était considéré comme un proche des cercles dirigeants et avait un titre honorifique officiel accordé par le roi.
- Des autorités occidentales l’accusent d’avoir piloté des réseaux de cyber-escroqueries basés au Cambodge, avec des flux massifs en cryptoactifs.
- Le dossier éclaire aussi le rôle de protections d’élites et la question sensible de la citoyenneté par investissement.
Sous la pression internationale croissante contre les centres d’appels cambodgiens et les accusations de liens avec le pouvoir, Phnom Penh a fini par se séparer de l’une de ses figures économiques les plus emblématiques.
Voir : Le FBI et huit pays avec la Thaïlande contre les centres d’appels cambodgiens
Cette extradition de Chen Zhi, patron du conglomérat Prince Group, est présentée par Phnom Penh comme une étape majeure contre les centres d’appels frauduleux qui ont prospéré ces dernières années au Cambodge.
Mais ce coup de filet vise surtout une figure qui incarnait, jusqu’ici, la porosité entre pouvoir politique, prestige économique et zones grises du business régional.
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Une arrestation qui cible un “intouchable”

Chen Zhi, président du groupe Prince. Photo : Facebook/Oriental Times
Chen Zhi (37 ans) a été arrêté le 6 janvier 2026 avec deux ressortissants chinois, à l’issue d’une enquête conjointe sur la criminalité transnationale, avant d’être remis aux autorités chinoises.
Le dossier, devenu explosif, met en cause des opérations de fraude en ligne et d’escroqueries en cryptomonnaies qui auraient touché de nombreuses victimes dans plusieurs pays.
Voir : Comment des centres d’appels ruinent les personnes vulnérables en Thaïlande ?
Qui est Chen Zhi : de magnat “philanthrope” à suspect mondial

Photo de Chen Zhi et d’un de ses immeubles du groupe Prince.
Longtemps présenté au Cambodge comme un homme d’affaires et un donateur influent, Chen Zhi a construit Prince Holding Group (PHG) en un conglomérat tentaculaire (immobilier, finance, banque, aviation, tourisme, logistique, technologie…).
Il a obtenu la nationalité cambodgienne en 2014 et le titre de “Neak Oknha”, un titre honorifique officiel au Cambodge accordé par le roi, sur recommandation du gouvernement, généralement réservé aux grands donateurs et aux figures économiques de premier plan.
Les liens avec Hun Sen : un “initié” au cœur du système

Chen Zhi et l’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen
Le point le plus politique, dans cette affaire, tient au fait que Chen Zhi n’était pas un entrepreneur ordinaire.
Il était un proche des élites et a même été conseiller du Premier ministre, un statut qui renvoie directement au système de pouvoir bâti par l’ancien dirigeant Hun Sen, toujours influent à travers son fils Hun Manet, aujourd’hui à la tête du gouvernement.
Voir aussi : Centres d’appel au Cambodge : l’étau se resserre sur la famille de Hun Sen
Les autorités affirment que les raids et dispositifs de lutte ont débuté lors du “sixième mandat” de Hun Sen, avant d’être restructurés sous son fils Hun Manet via une commission dédiée à la lutte contre les escroqueries en ligne (CCOS).
L’extradition de Chen Zhi apparaît comme un test : s’agit-il d’un tournant durable… ou d’un sacrifice politique soigneusement calibré ?
Le Cambodge avait-il le choix alors que les pressions internationales s’accentuaient ?
Chen Zhi apparaissait comme l’une des figures les plus visibles de ce système opaque.
Et le conflit avec la Thaïlande, qui d’après des analystes et des observateurs avait pour but de détourner l’attention des centres d’appels, a été mis en pause par un nouvel accord de cessez-le-feu après de lourdes pertes humaines et territoriales.
Voir : Le Cambodge provoquerait la Thaïlande pour protéger ses centres d’escrocs
Cryptomonnaies et cyberarnaque : ce que révèlent les enquêtes internationales

Drapeau cambodgien et centre d’appel. Illustration : The Nation Thailand
Des procureurs américains ont accusé Chen Zhi d’avoir été au centre d’un dispositif d’escroqueries en ligne basé au Cambodge, et les autorités américaines ont annoncé la saisie d’un stock massif de bitcoins présenté comme lié au réseau.
Le Royaume-Uni a aussi pris des sanctions visant l’empire économique associé à Chen.
Voir : Coup dur pour les cybercriminels au Cambodge et en Birmanie
Ces sanctions ont été présentées comme l’une des actions les plus importantes menées contre un réseau de cyberfraude en Asie du Sud-Est, Washington accusant Chen Zhi d’avoir bâti un empire criminel via des arnaques et du blanchiment à travers de nombreuses entités.
Coup d’éclat ou véritable bascule ?

Hun Manet, le Premier ministre du Cambodge. Photo : Thai PBS World
Pour plusieurs observateurs, une lutte crédible contre les réseaux d’arnaques impliquerait bien davantage qu’une extradition rapide :
Fermetures effectives de complexes, poursuites visant les protecteurs haut placés, saisies d’actifs, enquêtes financières approfondies et plus de transparence judiciaire.
Or, dans le même temps, les autorités thaïlandaises continuent d’identifier de nouveaux réseaux opérant au Cambodge.
Le Centre anti-fraude en ligne (ACSC) a ainsi confirmé, le 5 janvier 2026, la découverte d’un nouveau centre d’escroquerie situé à environ 50 kilomètres de Poipet.
L’agence a averti que les organisations criminelles se déplacent et se reconstituent très rapidement après les opérations de répression coordonnées menées en Thaïlande, en Chine et en Birmanie.
L’arrestation de Chen Zhi envoie donc avant tout un message politique à l’étranger comme à l’opinion publique cambodgienne.
Reste à savoir si ce signal se traduira par une véritable remontée de la chaîne des complicités — ou s’il ne marquera que l’élimination spectaculaire d’un symbole devenu trop encombrant, sans effet durable sur l’écosystème criminel.
Voir aussi :
Cybercriminalité au Cambodge : Trip.com met fin à son partenariat
Conflit Thaïlande–Cambodge : l’armée dit viser les cybercriminels et les casinos
Cambodge : mort atroce d’un Thaïlandais torturé dans un centre d’appel
Source : Khaosod English, Cambodianess, The Thaiger
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1 commentaire
Le « sacrifice » politique que constitue l’arrestation et l’extradition de ce qu’il faut bien appeler un parrain de la mafia chinoise, me fait penser aux périodes de soldes : une action publicitaire, spectaculaire et d’une durée limitée.
Qu’adviendra-t-il de Chen Zhi en Chine ?
Sera-t-il incarcéré, jugé et condamné à un emprisonnement à vie, étant donné la gravité des accusations dont il fait l’objet par le FBI et plusieurs États, dont la Thailande ?
Pourquoi les autorités cambodgiennes ne l’ont-elles pas remis au F.B.I ?
Pour ma part, je ne crois pas une seconde à cette lessive qui se vante de laver plus blanc que blanc toute la noirceur indécrottable du régime politique et économico-financier du Cambodge.
Chen Zhi a certainement en Chine des protections à la hauteur de ses crimes et, après une période où il se fera oublier de ses détracteurs et des médias, il continuera à diriger de l’extérieur, depuis l’une de ses retraites dorées, ses affaires mafieuses de niveau international en installant un de ses lieutenants, voué à sa cause, à la tête des activités locales cambodgiennes !
Et la boucle sera bouclée, les centres d’appels ne disparaitront pas avec lui et des millions de petites gens continueront à se faire arnaquer à travers l’Asie et le monde.
Tant que la famille HUN sera au pouvoir au Cambodge, rien ne changera, ni le régime politique, ni l’économie et les finances du Cambodge qui, sans les centres d’appels informatiques frauduleux et son esclavage moderne, serait un pays en faillite du jour au lendemain.
Ben oui, les soldes, c’est maintenant !!!