Une chaîne d’information câblée a présenté la cité balnéaire de Pattaya comme la « ville du péché » et a provoqué la colère des habitants.
Des entrepreneurs, des dirigeants locaux et des habitants de Pattaya se sont rassemblés à l’entrée de la Walking Street dans la soirée du 11 juillet pour protester contre la chaîne d’information câblée.
Cette chaine a utilisé des titres suggérant que Pattaya est une « ville du péché » (sin city) et un « paradis gris » pour les touristes visitant le « pays des prostituées ».
Parmi les manifestants, certains portaient des pancartes demandant l’abrogation des lois anti-prostitution et d’autres l’abolition des lois criminalisant les travailleurs du sexe.

Des manifestants portaient des pancartes demandant l’abrogation des lois anti-prostitution et l’abolition des lois criminalisant les travailleurs du sexe. Photo : Khaosod
Une tendance s’est également dégagée sur les médias sociaux avec la mention #savePattaya (sauver Pattaya), ainsi que des demandes pour que l’organe de presse prenne ses responsabilités.
Suite à ces protestations, la chaîne d’information a présenté ses excuses, déclarant qu’elle avait l’intention de présenter ce sujet pour contribuer à l’adoption d’une législation protégeant les travailleurs du sexe.
Voir : Les travailleurs du sexe en danger en Thaïlande
Les représentants des entreprises ne nient pas que Pattaya compte un nombre important de travailleurs du sexe.
Mais ils estiment que l’utilisation d’un langage aussi fort et la présentation d’une image négative de Pattaya ne tiennent pas compte des nombreuses autres attractions qui attirent les touristes du monde entier.
Lisa Hamilton, présidente de l’association des entreprises de la vie nocturne de Pattaya, a déclaré :
« Pattaya ne se résume pas au tourisme nocturne.
En présentant Pattaya comme une « ville du péché », les personnes exerçant d’autres professions se sentent dévalorisées. »
Elle ne veut pas que la ville fasse l’objet d’une discrimination de ce point de vue et demande que les informations qui portent atteinte à l’image de Pattaya soient tenues pour responsables.

La Walking street de Pattaya. Photo : Pattaya Sanook
Amporn Kaewsaeng, président de l’association de l’industrie du divertissement et du tourisme de Pattaya, a ajouté :
« Pattaya est une ville économique où de nombreuses personnes viennent chercher du travail, gagner de l’argent pour l’envoyer chez elles et subvenir aux besoins de leur famille.
Nous ne voulons pas que les autres professions liées au tourisme soient méprisées, car les travailleurs de la vie nocturne contribuent de manière significative aux revenus du pays ».
Boon-anant Pattanasin, président de l’association des entreprises et du tourisme de Pattaya, a exhorté les médias à présenter des perspectives d’information plus créatives.
Comme de présenter Pattaya comme une ville d’opportunités où les gens viennent travailler légalement, respectent les règles sociales et génèrent des revenus pour le pays.
Il a demandé de la compréhension, notant que si ces problèmes existent à Pattaya, ils sont également présents dans d’autres villes touristiques.
Manoch Nongyai, maire adjoint de Pattaya, a déclaré que personne à Pattaya n’aimait cette caractérisation.
Il a souligné que Pattaya a des traditions et une culture, des mers magnifiques, la célèbre île Koh Laan, et accueille de nombreux événements pour stimuler l’économie du tourisme, y compris des événements sportifs de classe mondiale comme le marathon de Pattaya et divers événements mensuels.
Il a aussi fait remarquer que les divertissements nocturnes existent partout, et pas seulement à Pattaya.
Voir aussi :
Thaïlande : Pattaya veut assainir sa réputation en matière de tourisme sexuel
Les prostituées de Thaïlande pourraient bientôt être protégées par la loi
La Thaïlande classée dans le top 10 mondial des travailleurs du sexe
La prostitution en Thaïlande, ce qu’il faut savoir
Source : Khaosod English
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7 commentaires
Tout ceci rapporte de l’argent à beaucoup, beaucoup de monde…
Qu’une partie de la population de Pattaya s’offusque des qualificatifs peu valorisants, pour certaines mentalités, de « ville du péché », « antre de la prostitution », capitale mondiale du sexe », on peut le comprendre et ceux-là se font entendre par ces manifestations…
Mais la réalité est telle que Pattaya, depuis fin des années 60 et depuis les décennies suivantes jusqu’à aujourd’hui, a entretenu et amplifié de par l’extension du centre-ville, la prolifération des bars, des karaokés, salons de massages, discothèques, go-go bars et clubs privés libertins cette publicité de bouche-à-oreille et sur les réseaux sociaux, qui fait que la ville attire chaque année plus de 12 millions de touristes dont 7 à 8 millions qui y séjournent pour des vacances « rencontres sexuelles »…
C’est un fait établi et même le Covid n’a pas eu raison de cet attrait particulier pour célibataires à la recherche de plaisirs charnels tarifés, faciles et bien moins onéreux que dans nos quartiers « rouges » occidentaux !!!
Je me souviens que, lors de son installation comme Premier ministre d’un gouvernement militaire, le général Prayut Chan-o-cha, avait annoncé le 21 février 2017 qu’il donnait l’ordre à la police de « déraciner l’industrie du sexe de la cité balnéaire ».
Son action fut un feu de paille, les années 2018 et 2019 ayant été statistiquement parlant, les 2 meilleures années « touristiques » en termes de nombre de touristes, nombre de bars et de « serveuses » travaillant dans les établissements de divertissements nocturnes de la ville (plus de 50.000 travailleur(se)s du sexe en haute saison !).
C’était évidemment sans compter toutes les magouilles, pots-de-vin, la corruption et les liens à caractère mafieux que la police entretient avec ce milieu financièrement très rentable, qui rapporte des centaines de millions de baths (sans disposer de chiffres officiels, évidemment !) à tous ceux qui profitent en sous-main de ce commerce du sexe…
Pattaya est ce qu’elle est et en admettant qu’une autorité quelconque parvienne à la changer en capitale mondiale de la vertu universelle, cela équivaudrait à mettre la ville en faillite pure et simple…
Cela n’arrivera pas, et le gouvernement serait plus avisé d’adopter une position plus raisonnable en légalisant la prostitution avec un cadre législatif capable de protéger socialement et juridiquement toutes les personnes qui en vivent, comme cela se pratique dans bon nombre de pays nordiques européens, ce qui évite les abus, le proxénétisme, les violences sexuelles et l’exploitation des êtres humains, comme c’est le cas actuellement dans bon nombre de pays asiatiques et africains, quand ceux qui vivent de la prostitution doivent opérer dans la clandestinité, avec tous les excès qui en découlent.
Malheureusement, comme le commerce du sexe enrichi aussi les policiers thaïlandais et que tout est fait, avec Thaksin aux manettes, pour protéger les policiers corrompus et leurs business, ils ne risquent pas de légaliser la prostitution.
Cela ferait perdre d’énormes pots-de-vin, des millions, que les établissements et prostitués doivent payer pour pouvoir travailler alors que la prostitution est interdite.
Les policiers corrompus sont un poison à tous les niveaux de la société thaïlandaise…
C’est quoi cette chaîne ?
Ferait mieux de regarder dans le monde, de la prostitution, il y en a de partout.
Une chaîne d’informations câblée… ou branchée ???
Peut-être avec une tendance biaisée spécifique pour parler de « pêchés » ???
PILOU et GASPARD : Il suffit de taper « Pattaya Sin City » sur un moteur de recherche pour découvrir des pages de sites thaïlandais ou internationaux et d’articles de presse qui qualifient Pattaya de « cité du péché », y compris, Trip Advisor, YouTube et Facebook !!!
Le coup de colère de ces manifestants du 11 juillet ciblant une chaîne en particulier est probablement la goutte qui a fait déborder le vase, mais ce n’est pas un cas isolé, comme on peut le constater sur internet…
Il y a des pages qui parlent de Pattaya comme « ville du péché » et capitale mondiale du sexe… et comme Pilou le dit, il existe, à titres divers et sous des formes différentes, des dizaines de « Pattaya » dans pratiquement tous les pays du monde…
@Hansson,
Le fait que ça existe ailleurs ne légitime pas son existence en Thaïlande.
Je pense que la quasi-totalité des Français seraient choqués si la situation était inversée.
Imaginez une situation hypothétique où l’économie française a chuté, et où les petites françaises de familles pauvres de 18-25 ans (voire des mineures comme ça peut être le cas en Thaïlande), sont obligées pour survivre de se prostituer pour des Chinois de classe moyenne venus en masse pour faire du tourisme sexuel en France.
Les français seraient écœurés rien qu’à entretenir cette idée.
C’est exactement ce qu’il se passe en Thaïlande, et il n’y a aucun remords à avoir à pointer du doigt cette situation et oser utiliser les termes qui décrivent la situation de manière totalement pertinente.