Une adolescente de 16 ans, portée disparue depuis deux mois, a été retrouvée par sa mère alors qu’elle travaillait dans un gogo bar de Pattaya.
La célèbre cité balnéaire est connue pour être un haut lieu de la prostitution, mais les responsables politiques et les opérateurs touristiques de Pattaya cherchent à changer son image.
Voir : Transformer Pattaya en Thaïlande de ville du péché en ville familiale
Cette découverte choquante a eu lieu après que la mère de l’adolescente, âgée de 42 ans, a donné l’alerte auprès de la police locale, craignant que sa fille n’ait été trompée sur la nature de l’emploi qu’elle occupait dans un bar situé dans la Soi Buakhao.
Le colonel Nawin Teerawit, chef de la police de Pattaya, a confirmé l’affaire après que des agents eurent répondu aux inquiétudes de la mère.
La mère a retrouvé sa fille après l’avoir repérée sur les réseaux sociaux, où l’on voyait l’adolescente vendre des boissons aux clients du bar.
Cherchant désespérément des réponses, la mère a contacté la police et s’est précipitée à l’établissement, où elle a eu un échange houleux avec le gérant du bar.

La mère de l’adolescente avec un policier devant le bar où travaillait sa fille à Pattaya.
Lorsque la police est arrivée sur les lieux, le gardien du bar, un homme de 30 ans, a d’abord dit aux agents que la jeune fille avait demandé à travailler dans l’établissement et qu’elle avait utilisé une fausse carte d’identité pour y entrer.
Il a ensuite changé d’avis, affirmant que l’adolescente n’avait pas officiellement commencé à travailler et qu’elle ne faisait que « traîner » dans l’établissement.
Toutefois, la découverte d’une carte de pointage de l’employée de 16 ans a jeté le doute sur sa version des faits.
Le gérant a été rapidement arrêté et emmené au poste de police de la ville de Pattaya.
Il doit à présent répondre de plusieurs chefs d’accusation, dont celui d’avoir employé un mineur de moins de 18 ans dans un lieu de divertissement, ainsi que des accusations de coercition, de menaces et de comportement inapproprié susceptible d’avoir entraîné une mauvaise conduite.
Il est également accusé d’avoir vendu de l’alcool à un mineur.
Le gérant du bar fait maintenant l’objet d’une enquête, et une citation à comparaître a été délivrée à son nom.
La police n’a divulgué aucun nom en rapport avec cette affaire, invoquant l’implication d’un mineur et l’enquête en cours.
Cette affaire a soulevé de sérieuses questions sur l’exploitation des jeunes dans l’industrie du divertissement de Pattaya, et la police s’est engagée à poursuivre son enquête pour que justice soit faite.
Voir aussi :
La Thaïlande veut une couverture sociale pour les indépendants, même les travailleurs du sexe
Les travailleurs du sexe en danger en Thaïlande
Des touristes victimes de travailleurs du sexe en Thaïlande
Appels à la légalisation de la prostitution en Thaïlande
La prostitution en Thaïlande, ce qu’il faut savoir
Source : Pattaya News
2 commentaires
Je crois que le doux vœu pieux énoncé depuis de nombreuses années par les autorités de Pattaya, en l’occurrence, transformer la ville aux 1000 bars et aux 30 à 50.000 « serveuses » et « serveurs », selon les périodes touristiques en cité touristique pour vacances familiales ne se concrétisera pas de sitôt et à cela plusieurs raisons : la première est que ce commerce à caractère érotique et sexuel qui se présente aux touristes n’a pas été créé pour les étrangers, mais existe depuis toujours à travers la Thaïlande avec une clientèle au départ thaïlandaise.
Bien qu’interdite, la prostitution existante s’est développée parallèlement au tourisme international et s’est adaptée à une clientèle internationale et aux fantasmes de chacun depuis la fin de la guerre du Vietnam avec sa « capitale du sexe », la station balnéaire de Pattaya, qui n’était à l’époque, qu’un village de pêcheurs, envahis par les soldats américains lors de leurs congés militaires…
Ensuite, il y a l’aspect économique (même si évidemment les autorités restent discrets sur ce point) et les retombées fiscales importantes qui rentrent dans les caisses de la ville grâce aux taxes et impôts sur les établissements de vente de boissons alcoolisées, taxes sur les spectacles pour adultes, impôts fonciers des établissements accueillants des bars à bières, des gogo bars, clubs de striptease, des salons de massages, des karaokés, discothèques et autres lieux de rencontres entre clients et prostitué(e)s.
Un autre point qui vient alimenter les rentrées sonnantes et trébuchantes dans les caisses de la ville est que le tourisme sexuel de Pattaya attire par an entre 9 et 12 millions de touristes (entre 1/4 et 1/3 de tous les touristes annuellement) dont la plus grande majorité est constituée par des hommes seuls et des couples libertins, hétéro, homo ou autres catégories LGBT+++, etc, qui contribuent directement à la rentabilité des hôtels, des lieux de restauration et des autres activités plus traditionnelles d’une station balnéaire sur les 4,6 km de ses plages, de Nakluea à Jomtien.
Et enfin, il ne faut (surtout) pas oublier la pratique bien établie et devenue presque une institution, de la corruption administrative et policière, du laxisme de certains membres des forces de police qui ferment les yeux sur une prostitution interdite légalement, mais qui s’étale de jour comme de nuit, 365 jours par an, en échange de quelques gratifications mensuelles régulières, depuis le policier en civil qui se voit offrir quelques billets ou les services gratuits d’une serveuse par le patron ou la patronne d’un bar pas toujours en règle sur les règles d’embauche de son personnel ou sa déclaration d’impôts, jusqu’à la hiérarchie administrative de la ville « arrosée » par les propriétaires les plus importants possédant plusieurs dizaines de bars chacun pour pouvoir prospérer à l’abri de contrôles aléatoires effectués par les effectifs « incorruptibles » qui permettent aux autorités de sauver la face et de leur donner une image de respectabilité pour laquelle personne n’est dupe !!!
Et enfin, il y a tout le côté (a)social et (in)humain du commerce du sexe, souvent lié au fléau de la drogue pour certain(e)s, qui permet à d’autres pour le moins de nourrir conséquemment leurs familles, issues souvent de milieux ruraux pauvres et au mieux, de rencontrer la personne, le farang qui la sortira de la profession en venant s’installer dans le pays, en lui offrant un niveau de vie que jamais elles n’auraient pu espérer sans cette rencontre, au hasard d’un bar, un soir comme tant d’autres, juste parce que cet étranger, ce soir-là, est rentré dans ce bar-là et pas dans un autre et a transformé cette rencontre improbable en une longue vie commune quelques mois ou quelques années plus tard.
Mais dans cette perspective-là, il y a beaucoup d’espérance, beaucoup de déceptions et de désespoir et peu d’élues…
Pour toutes ces réalités, acceptées ou subies, je crois que la volonté affichée par les autorités de changer l’image de Pattaya se fera (si cette volonté est réelle et ne constitue pas seulement une façade moralisatrice) en périphérie, dans les zones résidentielles au nord et au sud du centre-ville ; mais de là à vider Ban Lamung de ses établissements de prostitution et autres divertissements nocturnes, équivaudrait à un retour en arrière de 70 ans, quand cette cité n’était qu’un village côtier de pêcheurs et de maraîchers comme tant d’autres.
HANSSON, sincèrement, tout est dit dans votre réponse vraie suite à cet article du magazine.
« toutelathailande » et votre vérité est réelle…
Vous pourriez même exiger une contribution, car votre point de vue mériterait certainement une approche particulière sur différents médias et sites internet concernant la Thaïlande.
Cdt.