Accueil Actualités en ThaïlandeChoc en Thaïlande après le décès d’une infirmière de 30 ans surmenée

Choc en Thaïlande après le décès d’une infirmière de 30 ans surmenée

3 commentaires 5 minutes à lire
La direction de l'hôpital Roi Et a publié sur Facebook la photo de l'infirmière Yuparak Sukwandee accompagnée d'un message de condoléances

La mort brutale d’une infirmière de 30 ans, victime d’une crise cardiaque pendant son service de nuit, a provoqué une onde de choc en Thaïlande.

À retenir
  • Une infirmière de 30 ans est décédée d’un arrêt cardiaque alors qu’elle assurait un service de nuit à l’hôpital de Roi Et.
  • La profession dénonce depuis longtemps une surcharge de travail et des horaires jugés inhumains dans les hôpitaux publics.
  • Les infirmières sont souvent confrontées à un manque de personnel, de supervision et de temps de repos, notamment la nuit.
  • Les soignants doivent effectuer en moyenne au moins 80 heures supplémentaires par mois.
  • Un projet de loi sur la protection du personnel de santé, déjà signé par plus de 20 000 personnes, attend son adoption.

L’Association des infirmières de Thaïlande a exhorté le gouvernement à prendre des mesures urgentes après le décès soudain de leur collègue.

Elle a souligné les préoccupations de longue date concernant la charge de travail excessive et les horaires de travail injustes dans le système de santé publique.

Un drame qui bouleverse tout le corps infirmier

Infirmières et patients lors d'un test pour le diabète à l'hôpital Klang de Bangkok

Infirmières et patients lors d’un test pour le diabète à l’hôpital Klang de Bangkok en novembre 2025. Photo : Somchai Poomlard

Le professeur associé Wiwat Laochai, membre du comité exécutif de l’association, a déclaré le lundi 12 janvier :

« Cette tragédie devrait servir de signal d’alarme pour les autorités afin qu’elles accélèrent la promulgation du projet de loi sur la protection du personnel de santé publique.

Ce projet vise à garantir des horaires de travail équitables, à améliorer le bien-être et à renforcer les mesures de sécurité pour le personnel médical. »

Le Dr Wiwat commentait le décès de Yuparak Sukwandee, une infirmière diplômée de 30 ans affectée au service de médecine féminine de l’hôpital de Roi Et, dans le nord-est de la Thaïlande, décédée alors qu’elle était de garde pendant son service de nuit dimanche.

L’incident a attiré l’attention du grand public après que l’hôpital a publié un message de condoléances sur les réseaux sociaux dimanche.

« C’est une perte déchirante non seulement pour sa famille et ses collègues, mais aussi pour l’ensemble de la profession infirmière.

C’est une blessure pour le système de santé thaïlandais », a déclaré le Dr Wiwat, exprimant ses plus sincères condoléances.

Il a ajouté que ce cas reflétait ce qu’il a qualifié de « sacrifice silencieux » de nombreuses infirmières qui continuent à travailler malgré la fatigue ou la maladie en raison du manque de personnel et de leurs lourdes responsabilités.

Des horaires écrasants et peu de repos : le quotidien à haut risque des infirmières

Il a souligné que les infirmières travaillant le soir et la nuit sont souvent confrontées à une charge de travail intense, avec des ressources limitées et une supervision minimale.

Elles doivent pourtant prendre des décisions cruciales, gérer des urgences, coordonner les soins et assurer la sécurité des patients.

Le tout avec très peu de possibilités de se reposer.

Le Dr Wiwat a déclaré que l’infirmière décédée aurait été malade, mais aurait choisi de continuer à travailler, privilégiant ses patients et ses collègues plutôt que sa propre santé.

Bien que ce dévouement soit largement admiré, il a souligné qu’il ne devrait jamais être normalisé ou considéré comme un coût acceptable pour le maintien des services de santé.

« Ce dont les infirmières ont besoin, ce n’est pas seulement des éloges ou des condoléances après une perte, mais un changement systémique réel et durable », a-t-il déclaré.

L’association a demandé :

  • Une révision complète de la gestion du personnel dans les hôpitaux publics, notamment en ce qui concerne le ratio infirmières/patients
  • Des horaires de travail sûrs
  • Des périodes de repos adéquates
  • L’accès aux congés maladie
  • Un soutien à la santé physique et mentale, en particulier pour le personnel de nuit

« Les infirmières ne sont pas des ressources jetables.

Ce sont des êtres humains qui ont leurs limites », a déclaré le Dr Wiwat, avertissant que l’incapacité à protéger les travailleurs de la santé conduirait à des tragédies répétées.

80 heures supplémentaires par mois : des chiffres qui font froid dans le dos

Le personnel médical dans un hôpital de Thaïlande

Le personnel médical dans un hôpital de Thaïlande. Photo : Bangkok Post

Actuellement, les infirmières des hôpitaux publics sont tenues d’effectuer au moins 80 heures supplémentaires par mois, et les exigences sont encore plus élevées dans les établissements en sous-effectif.

Il a exprimé son soutien sans réserve au projet de loi sur la protection du personnel de santé, soulignant que plus de 20 000 personnes l’avaient signé.

Le projet de loi, déjà soumis au président de la Chambre des représentants, vise à améliorer les horaires de travail, à réduire les heures supplémentaires excessives et à offrir une rémunération plus équitable.

La réponse du ministère de la Santé après le drame de Roi Et

Le ministre de la Santé publique, Pattana Promphat, a présenté ses condoléances et déclaré qu’une enquête déterminerait si l’infirmière souffrait de problèmes de santé sous-jacents.

Il a précisé qu’elle ne travaillait à l’hôpital que depuis cinq mois.

Il a ajouté que le ministère s’efforçait de réduire la charge de travail grâce à la technologie, à des ajustements de revenus et à un nouveau cadre réglementaire pour le personnel de santé, distinct des réglementations applicables à la fonction publique.

Le projet de règlement, a-t-il déclaré, fait actuellement l’objet de consultations avant d’être soumis à l’examen du cabinet et devrait traiter des questions d’horaires de travail et de rémunération équitables.

Alors que les autorités promettent des changements, de nombreuses infirmières continuent, chaque nuit, à travailler au-delà de leurs limites, dans l’attente d’un véritable sursaut politique.

Voir aussi :

Thaïlande : les médecins surmenés par le système de santé gratuit, l’IA peut-elle aider ?

Le système de santé de la Thaïlande est au bord de l’effondrement


Source : Bangkok Post

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3 commentaires

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yves 13 janvier, 2026 - 11 h 00 min

Faut surtout responsabiliser les citoyens un petit peu.

Ça mange n’importe quoi, n’importe comment et à n’importe quelle heure – tres peu de sport rien.

Ça picole dans tous les sens (en conduisant), ça fume, tout le monde est donc ça engorge le système de santé Thai, c’est logique.

Je vois des gosses le matin tôt dans des 7/11 avec leurs parents avant l’école avec des chips, du Coca ou des mamas.

Un bon petit déjeuner chimique.

Ça commence à cet âge, le problème.

Il y a aussi ceux qui se rendent à l’hôpital pour une fièvre ou un mal de gorge ou une bricole qui peuvent se régler chez soi.

Quand on regarde de plus près, il n’y a finalement pas grand-chose de sain dans ce pays et je crains que le système de santé continue d’être submergé et un jour ressemble au nôtre actuellement en France.

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HANSSON 14 janvier, 2026 - 7 h 41 min

Bien d’accord avec vous, Yves…

L’éducation contre la « malbouffe » doit se faire dès le plus jeune âge, mais comme les parents de la génération actuelle, les 20-40 ans n’a pas bénéficié de cette éducation à une nourriture saine et équilibrée, et en supposant que les autorités vont prendre dès maintenant, les mesures adéquates pour la prochaine génération, c’est-à-dire les enfants et adolescents nés lors des années 2010 et suivantes, il faudra encore au minimum 10 à 20 ans pour que ces campagnes contre la malbouffe donnent les résultats escomptés sur les futurs parents qui eux mêmes pourront relayer ces conseils à leurs enfants…

C’est donc une lutte de longue haleine qui ne donnera des résultats que pour les générations futures… à condition que cette éducation « diététique » soit effective et mise en place au plus tôt, et idéalement distillée en milieu scolaire, ainsi que dans les médias TV et sociaux pour contrecarrer le matraquage publicitaire permanent des Mac Do, Burger King, KFC et autres leaders des patisseries, sucreries et chocolateries industrielles qui garnissent les têtes de bans des supérettes et hypermarchés du pays et envahissent les écrans des chaînes de TV, de nos ordinateurs et téléphones portables !!!

Et ça va coûter des dizaines, voir des centaines de millions de baths chaque année.

Y aura-t-il un jour un gouvernement et un ministre de la Santé, un ministre de l’Éducation qui auront la volonté et le courage politique de s’engager là-dessus ???

Réponse
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HANSSON 13 janvier, 2026 - 12 h 16 min

Il faut espérer que le décès de cette jeune infirmière va provoquer une onde de choc médiatique chez les politiques responsables du ministère de la Santé pour remédier à la situation professionnelle et aux conditions de travail des soignant(e)s dans les hôpitaux publics.

Ce drame met aussi en exergue les différences de statut et de fonctionnement entre les hôpitaux publics et les hôpitaux privés, au niveau des ryhtmes de travail, des salaires de tous les membres du personnel avec l’ensemble d’un personnel médical « public » sous-payé par rapport aux sommes folles réclamées par les hôpitaux privés pour payer grassement leurs médecins et s’assurer d’un matériel de haute technologie médicale, alors que le Ministère public n’assume pas suffisamment à temps le renouvellement de ce même matériel obsolète (il y a 3 ans à peine, l’hôpital de mon district disposait toujours d’un appareil de radiographie avec des plaques radiographiques datant des années 60, quand j’étais gamin) et l’engagement de personnel supplémentaire afin d’éviter des surcharges de travail inacceptables quand il s’agit de sauver l’état de santé et la vie de patients hospitalisés..

Encore une fois, l’absence d’associations représentatives du personnel, de type syndical se fait cruellement sentir pour faire pression sur les autorités compétentes pour qu’elles agissent à temps, avant que de tels drames ne se produisent.

Car, même dans le cas où cette infirmière ait pu avoir une prédisposition de faiblesse cardiaque potentielle, on ne peut balayer d’un revers de la main, un rapport d’autopsie qui exclurait le fait que, sans une surcharge professionnelle stressante de tous les instants et de responsabilité médicale importante, cette infirmière n’aurait pas eu cet accident cardiaque mortel dans des conditions de travail normales.

Reste à voir dans quelle proportion d’objectivité le ministère de la Santé, le ministre en tête, assumera sa responsabilité et reconnaîtra les lacunes logistiques et de gestion du personnel du département de l’ensemble des hôpitaux publics.

Il serait utile que des enquêtes indépendantes et un audit social soient effectués à brève échéance au sein de chaque hôpital public de Thailande et centralisé par des comités provinciaux composé de représentants des différentes professions exercées dans les centres hospitaliers afin que les résultats soient remis pour chaque province, avec leurs revendications et besoins spécifiques, au nouveau Ministre de la Santé qui sera désigné lors de la constitution du prochain gouvernement, conjointement à la remise des résultats aux médias de la presse écrite et télévisée du pays…

Peu de chances (pour ne pas dire aucune) que mon souhait devienne réalité : les idées des farangs ne sont jamais bonnes pour la Thailande… seuls les Thaïlandais(e)s sont capables de gérer les problèmes du pays, c’est certain !

On en constate les résultats chaque semaine qui apporte son lot de dysfonctionnements étatiques, politiques, économiques, sociaux et financiers…

Je vais donc me contenter de préparer ma longe de porc mariné au lait, ail, échalotes et herbes de Provence, beurrée, rôtie en cocotte et accompagnée de pommes de terre au four, sauce chasseur.

Au moins, ça ne fera de mal à personne !

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