Des insurgés présumés ont lancé 39 attaques terroristes coordonnées dans quatre provinces du sud profond de la Thaïlande le vendredi 22 mars.
Les autorités de sécurité locales ont déclaré que ces attaques avaient fait un mort.
Une employée d’une supérette de la province de Pattani, décrite comme une ressortissante du Myanmar, a été tuée dans l’explosion causée par une bombe artisanale.
Le colonel Ekwarit Chobchuphon, porte-parole du bureau avancé de la région 4 du Commandement des opérations de sécurité intérieure (ISOC), a déclaré vendredi que le premier attentat s’était produit vers une heure du matin.
Il a précisé qu’au total, 20 attaques ont été signalées à Pattani, 11 à Yala, six à Narathiwat et deux à Songkhla.
Ces provinces, situées à l’extrémité sud du pays, proche de la frontière avec la Malaisie, sont le théâtre de conflits dus autrefois à des groupes séparatistes, mais qui sont actuellement perpétrés par des groupes djihadistes salafistes plus violents.

Carte des provinces dangereuses dans le Sud de la Thaïlande
Ces quatre provinces font partie des zones de Thaïlande que les voyageurs devraient éviter selon le Département d’État américain.
Voir : Les dangers à connaître lors d’un voyage en Thaïlande
Le porte-parole n’a pas révélé le nom de la victime décédée, se contentant de dire qu’elle travaillait pour une supérette du district de Mayo, à Pattani, située dans une station-service.
Elle a été déclarée morte à son arrivée à l’hôpital, a-t-il ajouté.
Les autorités enquêtent et rassemblent des preuves pour trouver les auteurs de l’attentat, a-t-il ajouté.
La victime a subi de graves blessures après que cinq assaillants armés sont arrivés à la station-service vers 1 h 30 du matin et ont déclenché un engin explosif improvisé à l’intérieur d’une bouteille de gaz après l’avoir placée dans un distributeur de carburant, selon une source de l’ISOC.
Plusieurs magasins 7-Eleven ont été visé par les attaques et lors de l’un des incendies criminels à Pattani, un employé a déclaré à la police que trois hommes armés avaient tiré plusieurs coups de feu en l’air avant d’entrer dans le magasin et avaient ordonné à tous les employés de partir.
L’un d’eux a refusé et un rebelle a menacé de lui tirer dessus.
Puis les rebelles ont versé de l’essence sur le comptoir de la caisse et y ont mis le feu, avant de s’enfuir à moto.
Le colonel Ekwarit a déclaré vendredi :
« Les autorités locales chargées de la sécurité ont été mises en alerte pour faire face à d’éventuelles attaques d’insurgés pendant le mois de jeûne du Ramadan en cours, qui coïncide avec le 20ᵉ anniversaire de la répression de Tak bai. »
Le massacre de Tak bai s’est déroulé le 25 octobre 2004 alors que Thaksin Shinawatra était Premier ministre et avait lancé une répression sévère dans le sud de la Thaïlande.
La police avait tiré sur des manifestants qui protestaient contre des arrestations, tuant sept personnes puis près de 1 300 manifestants avaient été arrêtés sur place et entassés les uns sur les autres dans des camions et transportés au camp militaire d’Inkayut, dans la province de Pattani.
78 détenus étaient morts par suffocation ou par effondrement d’organes et le bilan final s’était élevé à 85 morts.
Le colonel Ekwarit a déclaré que grâce aux renseignements, les autorités de sécurité avaient déjoué des complots pour des attaques similaires à de nombreuses reprises.
Cependant, les dernières attaques ont été menées par des jeunes qui n’avaient pas d’antécédents en matière d’attaques d’insurgés, a déclaré le porte-parole.
« Ils ne font l’objet d’aucun mandat d’arrêt.
Il s’agit d’un nouveau groupe d’assaillants qui ne figurent pas dans les registres.
Il est donc difficile de prendre des mesures préventives contre eux », a-t-il déclaré.
À Narathiwat, les insurgés ont perpétré des incendies criminels dans six districts, ciblant des usines et des entreprises de construction.
Dix-sept véhicules et un logement d’ouvriers ont été incendiés, a indiqué la police vendredi.
À Yala, des incendies criminels ont visé deux supérettes 7-Eleven, un magasin de meubles, des poteaux électriques et des antennes de réseau mobile.
À Pattani, trois magasins 7-Eleven ont été la cible d’incendies criminels distincts.
Le Premier ministre affecte le chef intérimaire de la police nationale à l’extrême sud du pays

Les habitants devant l’un des magasins 7-eleven détruit lors des attaques.
Le Premier ministre Srettha Thavisin a organisé une réunion d’urgence le vendredi 22 mars avec les hauts responsables de la sécurité, dont le chef par intérim de la police nationale, le général de police Kittarat Panphet, à la suite des attentats.
Il a demandé à Kittarat de se rendre sur place vendredi pour recueillir des informations sur les attaques.
Kittarat vient juste d’être nommé chef intérimaire de la police, le mercredi 20 mars, après un conflit entre le chef de la police nationale, Torsak Sukvimol, et son adjoint, Surachate Hakparn.
Voir : La Thaïlande mute le chef de la police et son adjoint à des postes inactifs
Srettha a également ordonné à l’armée et à la police de renforcer la sécurité dans tous les bureaux gouvernementaux de ces provinces.
Kittarat a déclaré aux journalistes après la réunion qu’il devait se rendre à Hat Yai dans la province de Songkhla avant de se rendre dans le sud profond pour s’entretenir avec la police locale sur les mesures à prendre pour protéger les bureaux du gouvernement et empêcher de nouvelles attaques.
Pendant ce temps, le lieutenant-général Santi Sakuntanark, commandant de la quatrième région de l’armée, a déclaré que les incendies criminels ne semblaient pas avoir pour but de blesser des personnes, mais d’endommager des cibles économiques situées dans les banlieues des provinces.
Santi a déclaré que les insurgés pensaient qu’ils obtiendraient plus de mérites s’ils attaquaient pendant le mois sacré du ramadan.
Source : The Nation Thailand, Thai PBS World
Liens utiles pour préparer votre voyage en Thaïlande
Souscrire une assurance voyage
Réserver bus, train et bateau en Thaïlande
Gérer son argent en voyage avec Wise
Voyage sur mesure avec Evaneos
Vous pouvez nous suivre sur :
Twitter, LinkedIn, Facebook, Google News
2 commentaires
La carte date de 2016 !
Oui et elle montre les provinces qui sont toujours aujourd’hui classées comme zones dangereuses.