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Thaïlande : sept policiers inculpés dans une terrible affaire de torture

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M. Panya, le mari de la femme assassinée, avec des policiers

La Thaïlande a inculpé sept policiers accusés d’avoir torturé un homme innocent pour lui faire avouer le meurtre de son épouse.

L’affaire, devenue emblématique dans le pays, est la première à déboucher sur des poursuites officielles au titre de la nouvelle loi thaïlandaise contre la torture.

Voir aussi : La police thaïlandaise n’est pas prête à appliquer la loi anti-torture

À retenir
  • Sept policiers thaïlandais ont été inculpés dans une affaire de torture.
  • Cette affaire constitue une première historique sous la nouvelle loi anti-torture thaïlandaise.
  • Les enquêteurs soupçonnent des tentatives de protection autour d’un gang d’adolescents violents.
  • Le mari de la victime avait été innocenté après la découverte d’images de vidéosurveillance.

Sept policiers poursuivis dans une affaire devenue nationale

Le Bureau du procureur général thaïlandais a ordonné la mise en accusation de sept policiers dans une affaire liée à la loi sur la prévention et la répression de la torture et des disparitions forcées.

Selon Watcharin Phanurat, directeur général du Bureau des enquêtes du parquet, les policiers sont accusés d’avoir torturé Panya Khongsaenkham afin de lui faire avouer le meurtre de son épouse, Buaphan Tansu.

Voir  : Nouveau terrible scandale impliquant des policiers en Thaïlande

Les enquêteurs du Département des enquêtes spéciales (DSI) avaient initialement recommandé des poursuites contre huit policiers pour plusieurs infractions relevant de la loi anti-torture, du Code pénal et de la législation anticorruption.

Cependant, les procureurs chargés de la lutte contre la corruption de la région 2 ont finalement décidé de ne pas inculper le commissaire du poste de police d’Aranyaprathet, qui figurait pourtant parmi les premiers accusés.

Une femme vulnérable battue à mort

Image de vidéosurveillance montrant des adolescents transporter le corps de Buaphan Tansu sur une moto en Thaïlande

Image de vidéosurveillance montrant des adolescents, dont le fils d’un policier, transporter le corps de Buaphan Tansu sur une moto après son agression.

L’affaire remonte à janvier 2024 dans le district frontalier d’Aranyaprathet, dans la province de Sa Kaeo.

Buaphan Tansu, une femme souffrant de troubles mentaux et connue localement sous le surnom de « Tante Buaphan », avait été retrouvée morte près d’un étang après avoir été violemment agressée.

Peu après la découverte du corps, son mari Panya Khongsaenkham avait été arrêté et présenté publiquement comme le principal suspect par la police locale.

Mais l’enquête a basculé après la découverte d’images de vidéosurveillance par des journalistes.

Les vidéos montraient en réalité cinq adolescents frappant Buaphan avant de l’emmener à moto vers l’endroit où son corps a ensuite été retrouvé.

Les suspects étaient âgés de 13 à 16 ans.

Parmi eux figurait notamment un adolescent, fils d’un enquêteur adjoint du commissariat d’Aranyaprathet.

Après la diffusion des images, Panya a finalement été libéré et les soupçons se sont rapidement tournés vers la police locale.

Des accusations de torture particulièrement choquantes

Selon les témoignages recueillis pendant l’enquête, Panya Khongsaenkham a subi plusieurs formes de torture pendant son interrogatoire au commissariat.

Les policiers lui ont placé un sac plastique noir sur la tête, l’ont forcé à rester nu dans une pièce climatisée glaciale et l’ont maintenu menotté dans le dos durant plusieurs heures.

Ces violences visaient à lui faire signer de faux aveux préparés à l’avance.

Panya a également affirmé que les policiers lui avaient appris certains détails du crime avant la reconstitution afin de rendre ses aveux crédibles devant les médias.

L’affaire a pris une ampleur nationale après la diffusion d’enregistrements et de témoignages évoquant ces violences.

La Commission nationale des droits de l’homme (NHRC) avait alors demandé une enquête approfondie sur les méthodes utilisées par les policiers d’Aranyaprathet.

Une tentative présumée d’étouffer l’affaire

Après sa libération, Panya Khongsaenkham a également affirmé que des policiers avaient tenté d’acheter son silence.

Selon ses déclarations, il aurait reçu une offre de 10 000 bahts (263 euros) afin qu’il n’évoque pas publiquement les violences subies pendant sa détention.

Cette révélation a renforcé les soupçons de dissimulation au sein de la police locale.

Voir : Enquête sur les tortures commises par des policiers en Thaïlande

Des soupçons de protection autour d’un gang violent

Le scandale a pris une dimension encore plus grave après des accusations visant un groupe local de jeunes délinquants.

Selon les enquêteurs, les cinq adolescents impliqués dans la mort de Buaphan Tansu faisaient déjà l’objet d’investigations dans plusieurs autres affaires.

Au total, les autorités enquêtaient sur au moins sept dossiers supplémentaires liés à des accusations d’agressions, d’agressions sexuelles et de dégradations de biens.

Des habitants ont affirmé que ce groupe était connu localement pour des actes violents répétés, mais que plusieurs affaires auraient été étouffées afin de protéger le fils du policier impliqué.

Ces révélations ont renforcé les soupçons de collusion au sein du commissariat d’Aranyaprathet et provoqué une immense indignation dans le pays.

Une première historique sous la loi anti-torture

Cette affaire est devenue la toute première du pays à déboucher sur des poursuites officielles au titre de la nouvelle loi thaïlandaise sur la prévention et la répression de la torture et des disparitions forcées, entrée en vigueur en 2023.

Le DSI, les procureurs, la police et plusieurs responsables administratifs ont travaillé conjointement sur ce dossier, la loi imposant une supervision directe des enquêtes par le parquet.

Selon Watcharin Phanurat, Panya Khongsaenkham a déjà reçu une indemnisation de 500 000 bahts (13 156 euros) au titre des réparations prévues par la loi.

Cette affaire est désormais considérée comme un test majeur pour la crédibilité de la nouvelle législation thaïlandaise contre la torture ainsi que pour la capacité des autorités à poursuivre des membres des forces de l’ordre.

Voir aussi :


Source : Bangkok Post

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