Le projet de taxe touristique de 300 bahts (environ 8 euros) par visiteur entrant en Thaïlande fait l’objet d’une nouvelle vague de critiques.
Des professionnels du secteur touristique demandent au gouvernement de reporter sa mise en œuvre, estimant qu’elle pourrait freiner les déplacements transfrontaliers et faire double emploi avec les assurances déjà proposées aux voyageurs.
Cette question a été abordée lors d’une réunion consacrée au développement du tourisme, présidée par le ministre du Tourisme et des Sports, Surasak Phancharoenworakul, à Hat Yai dans la province de Songkhla.
Un projet déjà confronté à des obstacles techniques

Avions de différentes compagnies aériennes en Thaïlande. Photo : Fl360 Aero.
Cette nouvelle demande de report intervient alors que le projet de taxe touristique de 300 bahts rencontre déjà des difficultés de mise en œuvre.
Voir : Thaïlande : la taxe touristique de 300 bahts jugée irréalisable
Plusieurs compagnies aériennes ont notamment estimé qu’il était difficile de collecter automatiquement cette taxe lors de l’achat des billets d’avion, en raison des limites des systèmes de réservation internationaux utilisés par le secteur aérien.
Ces contraintes techniques s’ajoutent aux interrogations d’une partie des professionnels du tourisme, qui craignent un impact négatif sur la fréquentation touristique et les déplacements transfrontaliers.
Les professionnels du tourisme demandent un report
La réunion a réuni des représentants d’organismes publics, du secteur privé, de la Chambre de commerce de Songkhla, d’associations touristiques ainsi que des hôteliers.
Les participants ont notamment discuté des moyens de faciliter les passages aux frontières et d’améliorer la sécurité des visiteurs.
À cette occasion, plusieurs représentants du secteur ont demandé au gouvernement de reporter l’introduction de la taxe touristique de 300 bahts et de réaliser une étude plus approfondie sur ses conséquences.
Parmi eux, Songchai Mungprasitchai, président de l’Association de promotion touristique de Songkhla, a expliqué que cette redevance risquait de faire double emploi avec les assurances voyage déjà incluses dans de nombreuses offres proposées par les voyagistes.
Des inquiétudes pour les provinces frontalières

Le poste de contrôle de Sadao, à la frontière entre la Thaïlande et la Malaisie dans la province de Songkhla. Photo : Bangkok Post.
Les préoccupations sont particulièrement fortes dans les provinces frontalières du sud de la Thaïlande.
Chaque jour, de nombreuses personnes franchissent la frontière entre la Thaïlande et la Malaisie pour travailler, faire des achats, se restaurer ou effectuer de courtes visites.
Les acteurs du tourisme estiment qu’une taxe appliquée à chaque voyageur pourrait décourager ces déplacements réguliers et avoir un impact négatif sur l’activité économique locale.
Face à cette situation, Songchai Mungprasitchai a suggéré d’étudier un système de perception basé sur les véhicules plutôt que sur chaque voyageur individuel, afin de limiter les effets sur les déplacements transfrontaliers fréquents.
Voir aussi :
- La Thaïlande se rapproche de la fin du séjour sans visa de 60 jours
- Après les visas, la Thaïlande envisage d’augmenter sa taxe touristique
- Fin des visa runs en Thaïlande : 30 000 étrangers déjà refoulés
Source : Bangkok Post
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