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La Thaïlande pousse pour un accord de libre-échange rapide avec l’UE

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La Thaïlande veut accélérer son accord commercial avec l’Union européenne par crainte d’être distancée par le Vietnam et Singapour.

À retenir
  • Bangkok veut accélérer les négociations de son accord de libre-échange avec l’Union européenne.
  • La Thaïlande craint d’être distancée par le Vietnam et Singapour, déjà liés à l’UE par des accords commerciaux.
  • Les exportations thaïlandaises vers l’UE ont bondi de plus de 20 % au premier trimestre 2026.
  • Le gouvernement espère conclure les négociations avec Bruxelles d’ici la fin de l’année.

Bangkok veut accélérer son accord commercial avec l’Union européenne

Le Bureau thaïlandais de la politique et de la stratégie commerciales (TPSO) a appelé le gouvernement à accélérer les négociations en vue d’un accord de libre-échange (ALE) avec l’Union européenne.

Selon le directeur général du TPSO, Nantapong Chiralerspong, la Thaïlande risque de perdre en compétitivité face à plusieurs pays de la région, notamment le Vietnam et Singapour, qui bénéficient déjà d’un accès tarifaire préférentiel au marché européen.

Il estime que la stratégie actuelle de l’Union européenne, qui multiplie les accords commerciaux dans le monde, représente à la fois une opportunité et un risque pour le royaume.

« D’un côté, cela ouvre de nouvelles perspectives d’intégration dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, mais de l’autre, cela pourrait réduire les parts de marché thaïlandaises si les entreprises locales ne s’adaptent pas », a-t-il déclaré.

L’Union européenne accélère ses accords commerciaux

Au premier trimestre 2026, l’Union européenne a conclu plusieurs accords commerciaux majeurs couvrant six pays.

Bruxelles a notamment signé un accord avec le Mercosur — regroupant le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay — tout en finalisant également des négociations avec l’Inde et l’Australie.

Selon le TPSO, cette stratégie reflète une volonté de l’UE de réduire sa dépendance à certains marchés traditionnels et de sécuriser davantage ses chaînes d’approvisionnement dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques.

La Thaïlande espère attirer davantage d’investissements européens

Bangkok estime que cette évolution pourrait offrir d’importantes opportunités à plusieurs secteurs thaïlandais, notamment les produits alimentaires transformés, les composants automobiles modernes, l’électronique et les produits agricoles à forte valeur ajoutée.

Les autorités soulignent également que de nombreuses multinationales européennes privilégient désormais les pays disposant d’infrastructures solides et de vastes réseaux d’accords commerciaux.

Grâce à sa position stratégique et à sa chaîne logistique bien développée, la Thaïlande espère ainsi renforcer son rôle de plateforme régionale de fabrication et d’exportation.

Le gouvernement considère aussi que les négociations avec l’UE pourraient accélérer la modernisation des normes thaïlandaises en matière d’environnement, de droit du travail, de transparence et de qualité des produits.

Le Vietnam et Singapour déjà avantagés

Malgré cet optimisme, le TPSO avertit que la Thaïlande fait face à une forte concurrence régionale.

Le Vietnam et Singapour bénéficient déjà des avantages tarifaires liés à leurs accords commerciaux avec l’Union européenne, ce qui pourrait réduire la compétitivité des produits thaïlandais sur le marché européen.

Les nouvelles réglementations européennes sur la durabilité environnementale et la réduction des émissions carbone représentent également un défi majeur pour de nombreuses entreprises locales, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME).

Pour limiter ces risques, le TPSO recommande :

  • d’accélérer les négociations avec Bruxelles
  • de renforcer les normes de fabrication écologiques
  • d’aider les PME à adopter des outils numériques et des pratiques plus durables
  • d’améliorer les infrastructures logistiques nationales

Bangkok vise un accord avec l’UE d’ici la fin de l’année

Le ministère thaïlandais du Commerce espère conclure les négociations de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne avant la fin de l’année.

Cette ambition s’appuie sur les progrès réalisés lors du huitième cycle de négociations, organisé en février dernier, au cours duquel trois nouveaux chapitres ont été finalisés, notamment sur les mesures correctives commerciales, les exceptions et le traitement national.

Au total, 11 chapitres sur 24 ont désormais été conclus.

Le neuvième cycle de négociations doit se tenir à Bruxelles le mois prochain.

Les exportations thaïlandaises vers l’UE bondissent de plus de 20 %

L’Union européenne est actuellement le quatrième partenaire commercial de la Thaïlande, derrière la Chine, les États-Unis et le Japon.

L’Union européenne reste également la deuxième économie mondiale, avec un PIB dépassant 21 000 milliards de dollars.

Le bloc compte environ 450 millions d’habitants et affiche un niveau de revenu moyen par habitant largement supérieur à la moyenne mondiale, ce qui en fait un marché stratégique pour les exportateurs thaïlandais.

Au premier trimestre 2026, les échanges commerciaux entre la Thaïlande et l’UE ont atteint 12,22 milliards de dollars, soit une hausse de 13,55 % sur un an.

Les exportations thaïlandaises vers l’Europe ont bondi de 20,14 % pour atteindre 7,67 milliards de dollars, tandis que les importations depuis l’Union européenne ont progressé de 3,93 % à 4,55 milliards de dollars.

Le royaume a ainsi enregistré un excédent commercial de 3,12 milliards de dollars avec l’UE.

Les principales exportations thaïlandaises vers l’Europe concernent les ordinateurs, les bijoux, les climatiseurs, les produits en caoutchouc et les transformateurs électriques.

De leur côté, les principales importations européennes vers la Thaïlande incluent les machines industrielles, les produits pharmaceutiques, les produits chimiques et les circuits intégrés.

Selon le TPSO, la conclusion de l’accord de libre-échange permettrait de réduire les droits de douane sur de nombreux produits thaïlandais à des niveaux très faibles, voire nuls.

Bangkok espère ainsi renforcer la compétitivité de ses exportations, attirer davantage d’investissements étrangers, créer des emplois et soutenir la croissance économique à long terme du royaume.

Voir aussi :


Source : Thai PBS World

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