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Arnaques en Thaïlande : après Facebook, l’État cible Apple, Line et les banques

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Victimes d'escroqueries à l'investissement en ligne et représentants du Conseil des consommateurs de Thaïlande lors du dépôt d'une plainte visant Facebook, LINE, Apple et plusieurs banques

Des victimes thaïlandaises d’escroqueries en ligne ont engagé une action en justice contre Facebook, LINE, Apple et plusieurs banques.

Elles réclament des comptes après des pertes estimées à plus de 230 millions de bahts.

Facebook, LINE, Apple et des banques poursuivis en justice

Smartphone affichant plusieurs applications de réseaux sociaux, dont Facebook, Instagram, WhatsApp et LinkedIn

Les autorités thaïlandaises renforcent leur lutte contre les escroqueries diffusées via les réseaux sociaux. Photo : The Nation Thailand

Le Conseil des consommateurs de Thaïlande (TCC) a déposé le 8 juin une plainte civile devant le tribunal de Ratchadaphisek Road contre plusieurs grandes plateformes numériques et institutions financières.

Voir : La Thaïlande attaque Meta en justice après des milliards perdus sur Facebook

L’action a été engagée en collaboration avec des avocats et des représentants des victimes.

Elle vise deux groupes de défendeurs : les fournisseurs de plateformes en ligne et plusieurs établissements bancaires.

Parmi les entreprises concernées figurent Meta Platforms, propriétaire de Facebook, ainsi que LINE et Apple.

Selon les plaignants, ces plateformes auraient permis la diffusion et le fonctionnement de réseaux d’escroquerie à l’investissement via leurs services.

Les banques visées sont quant à elles accusées d’avoir laissé transiter des transactions frauduleuses sans détection ni intervention suffisantes.

Un système d’arnaque reposant sur plusieurs plateformes

Selon les avocats des victimes, les escroqueries débutaient souvent lorsqu’un internaute recherchait des informations sur l’investissement boursier.

Les victimes étaient alors exposées à des publicités frauduleuses diffusées sur Facebook et utilisant l’image de véritables influenceurs financiers.

Après avoir cliqué sur ces annonces, elles étaient dirigées vers des groupes de discussion LINE réunissant parfois plusieurs centaines de membres.

Les escrocs y partageaient de véritables données boursières, des messages vocaux et du contenu à l’apparence professionnelle afin de gagner la confiance des investisseurs potentiels.

Les victimes étaient ensuite invitées à investir sur de prétendues plateformes de courtage et à télécharger des applications disponibles sur des boutiques officielles telles que l’App Store d’Apple ou Google Play.

Cette apparente légitimité les incitait à transférer des fonds vers des comptes contrôlés par les fraudeurs.

Le Conseil des consommateurs veut créer un précédent juridique

Le Conseil des consommateurs estime que les plateformes numériques et les institutions financières ont conjointement permis le fonctionnement du système frauduleux.

L’organisation soutient que si l’un des acteurs impliqués avait appliqué des mesures de protection suffisantes, une partie des préjudices aurait pu être évitée.

La plainte vise également certaines sociétés mères à l’étranger.

Les plaignants considèrent qu’elles contrôlent les systèmes publicitaires, les revenus et les politiques de modération à l’échelle mondiale, tandis que les filiales locales assurent principalement des fonctions opérationnelles et commerciales.

Mme Saree Ongsomwang, secrétaire générale du Conseil des consommateurs, a déclaré que cette procédure visait à établir la responsabilité juridique des plateformes et des institutions financières impliquées.

Elle estime que les victimes ne devraient pas supporter seules les conséquences de ces escroqueries et appelle à un renforcement du cadre juridique afin d’améliorer la protection des consommateurs.

Le Conseil réclame également une réforme de la réglementation, jugeant que les lois actuelles ne prévoient ni sanctions suffisamment dissuasives ni mécanismes efficaces d’indemnisation.

Une victime affirme avoir perdu 165 millions de bahts

L’une des victimes affirme avoir perdu jusqu’à 165 millions de bahts dans cette escroquerie à l’investissement.

Après les faits, cette personne a déposé plusieurs plaintes auprès d’organismes publics, notamment du Bureau du Conseil de protection des consommateurs et de la Banque de Thaïlande, sans obtenir selon elle de réponse satisfaisante.

Le tribunal civil a fixé une audience préliminaire au 3 août.

Cette affaire est suivie de près en Thaïlande, car elle pourrait créer un précédent majeur concernant la responsabilité des plateformes numériques et la protection des consommateurs face aux escroqueries en ligne.

La Thaïlande impose de nouvelles vérifications aux annonceurs en ligne

Illustration d'un système de vérification d'identité par reconnaissance faciale sur les réseaux sociaux, avec les logos de Facebook, TikTok et Instagram

La Thaïlande impose de nouvelles vérifications d’identité aux annonceurs sur les réseaux sociaux. Les plateformes comme Facebook, Instagram et TikTok devront désormais contrôler l’identité des acheteurs de publicités afin de lutter contre les escroqueries en ligne. Illustration : The Nation Thailand

Cette affaire intervient alors que les autorités thaïlandaises renforcent leur lutte contre les escroqueries sur Internet.

De nouvelles règles publiées au Journal officiel (la Gazette Royale) obligent désormais les plateformes telles que Facebook, Instagram, TikTok et les autres réseaux sociaux diffusant des publicités à vérifier l’identité des annonceurs avant la mise en ligne de leurs campagnes.

Les annonceurs devront notamment fournir des documents officiels tels qu’une carte d’identité, un passeport, des documents d’enregistrement d’entreprise ou un identifiant numérique reconnu par l’État.

Les plateformes devront conserver les données pendant 90 jours

Les nouvelles mesures imposent également aux plateformes de conserver les informations personnelles et les coordonnées des annonceurs pendant au moins 90 jours après la fin de la campagne publicitaire.

Selon les autorités, cette obligation doit permettre aux enquêteurs d’identifier plus rapidement les auteurs d’escroqueries et de faciliter les poursuites judiciaires.

Le gouvernement espère ainsi réduire les fraudes diffusées via les réseaux sociaux, un problème devenu particulièrement préoccupant en Thaïlande avec la multiplication des arnaques à l’investissement et des publicités trompeuses.

Voir aussi :


Source : Pattaya Mail, The Nation Thailand

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