Mise en avant du témoignage d'AlterC posté ici en 2017 :
Vague de mécontentement contre la police thaïlandaise rongée par la corruption
En Thaïlande, une vague de mécontentement s’élève contre le comportement de la police. Celle-ci est accusée, entre autres, de manipulation judiciaire et de corruption.
Mon témoignage personnel :
J'ai rencontré pas mal de policier thaïlandais, certains sont honnêtes et sont devenus de bons amis, mais malheureusement certains sont vraiment pourris et aujourd'hui je préfère éviter les contacts avec des policiers thaï car cela peut tourner rapidement au meurtre en cas de problème.
J'ai vécu dans des petits villages où tout le monde adoraient ses policiers, je me souviens d'un ami chef de police qui s'était mis à pleurer en me parlant du roi Rama IX, qu'il vénérait, ce qui n'est pas le cas de nombreux policiers anti-royalistes qui soutiennent Thaksin.
Puis j'ai vécu à Chantaburi et Trat, deux province où la population a peur d'une partie de la police qui est liée au trafic de yaabaa (méthamphétamine).
À Chantaburi, des policiers "pro Thaksin" voulaient ma peau pour avoir parlé de politique (des liens entre Thaksin et le groupe Carlyle) et avoir convaincu de nombreuses personnes de ne pas aller manifester à Bangkok en soutient pour le milliardaire en fuite (Thaksin).
C'était des bons amis, prêt à risquer leurs vies contre de l'argent pour un homme qui mettait en danger leur avenir, je n'ai pas pu m’empêcher de parler.
Voir :
Comprendre la crise politique en Thaïlande, la famille Shinawatra, les rouges, les jaunes...
Après avoir eu de nombreux problème à Chantaburi (yaaba dans le verre, somnifère et autres tentatives d’empoisonnements), et sous le conseil de mes amis qui m'ont alerté que ma vie était de plus en plus en danger, j'ai déménagé à Trat.
À Trat j'ai trouvé une location qui se situait en face du restaurant d'un policier, un policier de la route pas très gradé et assez sympathique, avec qui je m'entendais bien et ais fais quelques soirées bien arrosées.
Je me souviens d'un jour où il m'avait accompagné en ville dans sa voiture et m'avait fait part de son désir de perdre du poids pour s’arrêter 5mn après acheter des cuisses de poulet frit tellement grasses et huileuses, qu'après deux morceaux, j'en pouvais plus.
Je lui avais alors dis que pour perdre du poids il fallait qu'il arrête de manger ça et il m'avait répondu qu'il ne pourrait pas.
Parfois, ce policier recevait la visite d'un autre policier, vraiment pourri, plus riche et qui cherchait toujours à me vendre de la drogue, il se moquait aussi souvent du premier, plus honnête et donc pas très riche.
Il y a souvent des policiers qui tentent de vous vendre de la drogue en Thaïlande, mais ce n'est pas parce que la drogue vous est vendu par des policiers que vous ne risquez rien !
Un jour je suis arrivé dans un bar-restaurant où j'allais souvent à Trat, au moment où une voiture de police repartait.
Les clients et les proprios m'avaient alors raconté qu'un allemand ivre avait tenté de violer la patronne et que son mari l'avait secouru.
Ils ont ensuite appelé la police qui était venue arrêter le gars.
Un des clients anglais m'a dit ensuite que cet allemand, avant de s'en prendre à la patronne, lui avait montré des photos d'enfants nus sur son téléphone, c’était un pédophile qui revenait d'un voyage aux Philippines.
Peu après les policier ont rappelé le restaurant en leur disant que l'allemand niait les accusations de tentative de viol et les accusaient eux de coup et violence.
En fait les policiers s'étaient sûrement arrangés avec le violeur pour se faire de l'argent (du violeur et du restaurant), car les clients m'avaient confirmé la 1ère version de l'histoire.
Les proprios étaient terrorisés connaissant la réputation de ces ripoux et ils m'ont demandé de les accompagner au poste de police, ce que j'ai fais.
Là le violeur pédophile allemand, en me voyant m'a serré la main tout content de voir un étranger, mais il a vite compris que je n'étais pas dans son camp.
Je lui ai dit qu'il ne pouvait pas mentir, qu'il y avait des témoins qui avait bien vu ce qu'il avait fait, il s'est tourné alors vers les policiers et ils étaient tous embarrassés que je fasse tomber leurs combines, leurs arrangements.
Finalement il a été convenu que le violeur paye sa victime 4000 baht et je suis sorti fumer une cigarette, là j'ai discuter avec mon voisin policier qui était venu me voir et lui ai dis que l'allemand avait des photos d'enfants nus sur son portable mais il n'en avait rien à faire.
Ensuite un policier est arrivé en haut des marches et m'a regardé en souriant, c'était le chef de la police de Trat et je l'avais déjà vu lors d'une rencontre informelle entre plusieurs chefs de police à Chantaburi, avec le chef de la police de Chantaburi qui voulait ma peau.
Enfin il m'a regardé du haut des escaliers et a ensuite appelé mon voisin policier.
Ensuite le mari de la victime est venu en moto, il avait peur de se faire arrêter mais je lui ai dis que tout était réglé (j'avais tord en fait), et soulagé il avait insisté pour me raccompagner au restaurant.
Par la suite sa femme est revenue et à racontée qu'au final elle avait du payer les policiers, qu'une fois que j'étais sorti, ils lui avaient mis la pression, en disant que si le violeur payait il pouvait revenir à la guets-house et que si elle ne voulait plus le voir, elle devrait payer, bref des sacrés pourris !
Enfin par la suite, mon voisin policier, que je considérais comme un ami, toujours jovial et amical avec moi, à commencé à m’éviter, il était visiblement apeuré et devenait blanc en ma présence, je me suis demandé ce que son chef lui avait dit sur moi, mais impossible de lui en parler.
Le lendemain soir, j'ai entendu quelqu'un marcher autour de mon habitation, ce qui était assez rare, les chiens ont beaucoup aboyé, ensuite quelque chose de lourd est tombé dans ma cuisine, je m'étais levé pour voir et m'étais demandé ce qui avait pu renverser un couvercle de poubelle posé sur un récipient, ce ne pouvait pas être un lézard, mais seulement un truc bien lourd.
Enfin le soir j'ai été réveillé par quelque chose près de mon lit, c'était une grenouille qui squattait normalement la salle de bain et qui avait peur de moi, elle était toute gélatineuse bizarre et je me suis demandé ce qui avait pu la pousser à venir dans ma chambre, je l'ai mise dehors.
Le lendemain matin en allant aux toilettes, j'ai évité de justesse l'attaque d'un petit cobra, et j'ai réussi ensuite à le tuer, c'est après ça que j'ai pu comprendre ce qu'il s'était passé pendant la nuit.
La personne qui était venue marcher près de mon habitation avait jeter le cobra par les fentes d’aération juste au dessus de là où le couvercle était tombé.
Le cobra avait dû ensuite chasser la grenouille qui était venue me voir pour se protéger, c'est certainement parce qu'elle avait été mordue, qu'elle était gélatineuse et si je n'avais pas passé la nuit sous une moustiquaire, j'aurais sûrement été mordu aussi !
Le lendemain j'ai du insister fortement pour que mon voisin policier veuille bien venir voir le serpent et il était gêné, m'a juste dit que oui c'était bien un cobra puis il était partit rapidement très mal à l'aise.
Peu après, un ami de Chantaburi m'a appelé pour demander des nouvelles, sur le coup cela ne m'a pas étonné et je lui ai raconté l'histoire du serpent et le fait que c'était arrivé après avoir vu le chef de la police de Trat et ami de Pee, le policier de Chantaburi qui voulait ma peau.
Ce même ami était l'un de ceux qui m'avait conseillé de déménager de Chantaburi et quand je lui avais demandé si c'était à cause de Péé, qui voulait ma peau, il m'avait dit "oui".
Enfin au téléphone je lui ai dis que je pensais que c'était un coup de Péé, mais que ce n'était pas grave, j'allais déménager au Cambodge et lui avait sorti la phrase "kraille tham dii daille dii, kraille tham chua daille chua", qui fait le bien aura le bien, qui fait le mal aura le mal" en lui disant que Péé le paiera bien un jour.
Après avoir dis cela, il était comme paralysé au téléphone, il ne me répondait plus, alors comme j'étais pressé, j'ai raccroché.
Avec le recul, je me dis qu'il m'a peut être appelé à la demande de Péé qui voulait s'assurer que j'étais bien mort, et il y a des chances que ce soit le cas, que Péé écoutait aussi la conversation à côté de lui ce qui aurait expliqué sont incapacité de parler ensuite et j’espère qu'il ne lui est rien arrivé après...
Après cette affaire, j'ai raconté à tous ceux que je connaissais à Trat ce qui venait de se passer et mes soupçons sur la police, pour les dissuader de retenter quelque chose.
Avant de quitter mon logement pour aller dans un hôtel, j'ai entendu mon voisin policier parler bruyamment avec quelqu'un au téléphone, il avait été sous pression pendant plusieurs jours et là il rigolait, il lâchait tout.
Ensuite, lui qui ne pouvait plus me regarder dans les yeux, qui blanchissait en ma présence, est venu me voir tout sourire et très amical pour me dire au revoir, il m'a fait une blague à la con en me disant qu'il allait venir mettre un serpent dans ma chambre d'hôtel, en citant le nom, je lui ai alors demandé comment il savait que j'allais à cet hôtel, et il m'a dit que c'était moi qui lui avait dit, ce qui était faux.
Enfin quand je suis parti il m'a crié très très fort "i love you".
Je pense que lorsque ses collègues lui ont dis qu'ils allaient me tuer, cela lui avait mit une très grosse pression, comme on était ami, d'où son comportement apeuré et fuyant, et comme après la tentative, j'avais raconté à beaucoup de gens ce qu'il s'était passé, et qu'ils ne pouvaient plus rien faire contre moi, le coup de téléphone avait dû le prévenir qu'ils ne feraient plus rien.