La Thaïlande a coupé l’internet, l’électricité et les approvisionnement en carburant à certaines villes birmanes provoquant de nombreux problèmes.
Pour lutter contre les centres d’appels gérés par des criminels installés dans des villes frontalières de Birmanie, la Thaïlande a coupé l’approvisionnement de plusieurs ressources.
Voir : Sous la pression de la Chine, la Thaïlande s’attaque enfin aux centres d’appels
Suite à cela, le vendredi 7 février, la Birmanie a suspendu ses services au poste de contrôle frontalier de Tachileik, en face du district de Mae Sai à Chiang Rai, en raison d’un manque d’électricité.
Cette suspension concerne les ressortissants birmans qui ont l’intention de se rendre en Thaïlande à l’aide d’un passeport.
Les ressortissants des deux pays peuvent toutefois continuer à franchir le poste de contrôle.
Des rapports antérieurs laissaient entendre que la Birmanie avait fermé le poste de contrôle en signe de protestation contre la décision de Bangkok de couper l’approvisionnement en carburant, en électricité et en Internet.
Il a toutefois été révélé par la suite que la fermeture était en fait due à une panne d’électricité au bureau du poste de contrôle.
L’électricité et l’internet ont également été coupés dans quatre autres villes frontalières de Birmanie mercredi.
L’impact des coupures n’a pas été immédiatement visible à Myawaddy, car des rapports indiquaient que les gens avaient fait des réserves de carburant et acquis des générateurs et des panneaux solaires à l’avance.
Vendredi, cependant, les effets sont devenus plus évidents à Myawaddy, en face du district de Mae Sot de Tak, et à Tachileik, en face de la province de Chiang Rai, à mesure que la pénurie de carburant s’aggravait.

Des motards et automobilistes font la queue devant une station essence de la ville de Tachilek en Birmanie le 7 février 2025. Photo : Know Shan State
Les stations-service de Mae Sot à Tak, ont vu augmenter le nombre de clients birmans suite à la mise en place par la Thaïlande de points de contrôle frontaliers destinés à contrôler les véhicules et à empêcher les camions-citernes d’entrer en Birmanie.
Les habitants de Myawaddy et de Tachilek ont vu de longues files d’attente de véhicules aux stations-service, principalement des motos.
Les rapports indiquent également que les prix ont augmenté, chaque motocycliste n’étant autorisé à acheter qu’un seul litre de carburant.
Les générateurs d’électricité ont également besoin de carburant et finiront par s’épuiser.
Voir aussi :
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Source : Thai PBS World
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1 commentaire
Si certains birmans ayant les ressources financières nécessaires, ont pu faire des réserves de carburant et acquérir des générateurs et panneaux solaires pour pallier aux coupures d’énergie, les gangs mafieux à la tête des réseaux informatiques frauduleux utilisant des personnes kidnappées et forcées par les mauvais traitements et la torture, à travailler dans les centres d’appels ont pu faire de même.
À présent, il faudra évaluer sur la durée de quelques semaines ou quelques mois de ce régime imposé à ces régions si ces mesures vont porter leurs fruits au niveau de l’importance de l’activité de ces criminels et de leurs conséquences, du préjudice financier global des fraudes constatées sur leurs victimes, mais aussi sur le revers de la médaille, à savoir les problèmes occasionnés aux populations de ces mêmes régions.
Une question peut également être posée, à savoir dans quelle mesure une partie des automobilistes qui font la file pour obtenir du carburant ne font pas partie des réseaux et ne les alimentent pas en énergie…
Tout cela, ainsi que la collaboration des autorités birmanes, très passives et discrètes, pour ne pas dire absentes des débats et des actions sur le terrain et de l’efficacité des pressions de la Chine exercées sur le(s) pouvoir(s) politique(s) en place, sera à évaluer dans les prochaines semaines…
Les réactions et la riposte des cartels mafieux qui sont visés par ces mesures seront très intéressantes à surveiller afin de constater si la tactique de la Thaïlande est la bonne ou n’aura servi qu’à déstabiliser un peu plus une population pauvre dont la situation politique et sociale est déjà en bien mauvaise posture depuis plusieurs années…