Accueil Actualités en ThaïlandeEn Thaïlande, 50 000 personnes vivraient avec le VIH sans le savoir

En Thaïlande, 50 000 personnes vivraient avec le VIH sans le savoir

2 commentaires 6 minutes à lire
Personnel de l’hôpital général de la police lors d’une campagne de sensibilisation au VIH à Bangkok

La Thaïlande enregistre toujours entre 8 000 et 9 000 nouvelles infections par le VIH chaque année, principalement liées à des rapports sexuels non protégés.

Les jeunes de 15 à 24 ans sont particulièrement touchés, tandis que le pays reste loin de son objectif fixé pour 2030.

Les infections par le VIH restent à un niveau élevé

Dépistage du VIH par prise de sang dans une clinique en Thaïlande

Un patient effectue un dépistage du VIH dans une clinique en Thaïlande. Photo : Wiraporn Srisuwanwattana / USAID

Ce niveau reste plus de huit fois supérieur à l’objectif de moins de 1 000 nouvelles infections annuelles, fixé pour permettre au pays d’éliminer le sida en tant que problème de santé publique d’ici 2030.

Selon le Centre de recherche sur le sida de la Croix-Rouge thaïlandaise, le nombre de nouvelles infections est resté relativement stable au cours des cinq dernières années, mais il augmente désormais chez les 15-24 ans.

Le Dr Opass Putcharoen, professeur associé et directeur adjoint du centre, estime que cette tendance se rapproche d’un « seuil critique » si elle se poursuit.

D’autres infections sexuellement transmissibles, notamment la syphilis, la gonorrhée et la chlamydia, progressent également, principalement chez les jeunes.

Près de la moitié des nouvelles infections concernent les jeunes

Campagne pour l'utilisation des préservatifs en Thaïlande

Campagne pour l’utilisation des préservatifs en Thaïlande. Photo : Aids Health

Le Département de la lutte contre les maladies attribue le maintien d’un nombre élevé de contaminations principalement aux rapports sexuels non protégés, plutôt qu’à un manque d’accès au dépistage ou aux traitements.

Selon le département, les rapports sexuels non protégés présentent un risque d’infection par le VIH cinq à neuf fois supérieur à celui des rapports protégés.

La progression parallèle de la syphilis est également considérée comme un indicateur de l’augmentation des comportements sexuels à risque.

Le Dr Virawat Manosuddhi, porte-parole du département, indique que le nombre de cas de syphilis a été multiplié par 2,5 depuis 2018 et a presque triplé chez les adolescents.

Il attribue notamment cette évolution à une utilisation irrégulière du préservatif.

Les 15-24 ans représenteraient désormais environ 47 % des quelque 9 000 nouvelles infections par le VIH enregistrées chaque année.

50 000 personnes ignoreraient leur séropositivité

Un autre défi concerne les personnes infectées qui ignorent leur statut sérologique.

Elles seraient environ 50 000 en Thaïlande à vivre avec le VIH sans le savoir.

Sans traitement, le VIH peut généralement évoluer vers le sida en cinq à dix ans.

Des infections opportunistes, comme la tuberculose, peuvent alors apparaître et rendre la prise en charge plus difficile et plus coûteuse.

Les traitements antirétroviraux modernes permettent cependant aux personnes diagnostiquées de vivre durablement avec le VIH.

Selon le Centre de recherche sur le sida de la Croix-Rouge thaïlandaise, c’est notamment le diagnostic tardif qui augmente le risque de complications.

Voir : Thaïlande : les infections au VIH augmentent fortement chez les jeunes

Des autotests du VIH disponibles en Thaïlande

Kit d’autotest rapide du VIH avec matériel de prélèvement sanguin

Un kit d’autotest du VIH permettant de réaliser un dépistage rapide à partir d’une goutte de sang. Photo : Avid Photographer

Des kits d’autotest du VIH peuvent être utilisés à domicile.

En cas de résultat positif, un test de confirmation dans un établissement de santé reste nécessaire.

À Bangkok, la clinique anonyme de la Croix-Rouge thaïlandaise, située sur Rajdamri Road, dans le district de Pathum Wan, accueille les patients sans rendez-vous du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 15 h, hors jours fériés.

Une préinscription en ligne permet toutefois de réduire le temps d’attente.

Des cliniques mobiles interviennent également directement dans certaines communautés.

Le Dr Opass estime néanmoins que ces dispositifs doivent s’accompagner d’efforts continus en matière de prévention et de promotion du dépistage.

La PrEP pour prévenir l’infection par le VIH

La prophylaxie pré-exposition, plus connue sous le nom de PrEP, est destinée aux personnes séronégatives afin de réduire leur risque de contracter le VIH.

Elle peut être prise sous forme de comprimés ou administrée par injection.

Une version injectable est administrée tous les deux mois et une option semestrielle est également disponible.

Un test VIH négatif est nécessaire avant de commencer la PrEP, puisqu’il s’agit d’un traitement préventif et non d’un traitement destiné aux personnes déjà séropositives.

Une personne vivant déjà avec le VIH qui utiliserait la PrEP sans connaître son statut pourrait développer une résistance à certains médicaments et compliquer son traitement ultérieur.

Des dépistages et des moyens de prévention gratuits

Hôpital Vachira à Phuket

Hôpital Vachira à Phuket. Photo : Vachira Phuket Hospital

Dans le cadre du système de couverture sanitaire universelle thaïlandais, des dépistages gratuits du VIH sont proposés deux fois par an dans les hôpitaux et les centres de santé.

Des préservatifs et des kits d’autotest sont également distribués gratuitement par l’intermédiaire de l’application publique Pao Tang.

La PrEP est proposée gratuitement aux personnes considérées comme particulièrement exposées au VIH, par l’intermédiaire de l’Office national de la sécurité sanitaire.

Cela concerne notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les couples sérodiscordants, les travailleurs du sexe et les consommateurs de drogues par voie intraveineuse.

Un programme destiné notamment aux jeunes

Le programme « Stand by You », dirigé par le professeur Kulkanya Chokephaibulkit de l’hôpital Siriraj, propose également gratuitement des kits d’autotest et des services de conseil par l’intermédiaire de l’application LINE.

Depuis son lancement en août 2022, le programme a touché environ 160 000 personnes dans tout le pays.

Plus de 30 000 ont reçu des kits de dépistage et bénéficié d’un accompagnement.

Les deux tiers d’entre elles avaient moins de 30 ans.

À partir de 2025, le Conseil national de sécurité sanitaire a approuvé l’intégration de « Stand by You » au système national afin que ses services de conseil sur le VIH puissent être proposés dans le cadre de la couverture sanitaire universelle.

La Thaïlande ambitionne toujours d’éliminer le sida en tant que problème de santé publique d’ici 2030.

Cet objectif est inscrit dans la Stratégie nationale pour l’éradication du sida 2017-2030.

Coordonnées :

* Clinique anonyme, Rajdamri Road, Pathum Wan : 02 251 6711-5, pendant les heures d’ouverture.
* Préinscription en ligne et frais de service : site AIDSID.
* Kits d’autotest : disponibles auprès de la Croix-Rouge thaïlandaise.
* Évaluation des risques et conseil : LINE @aidsidanonymous.

Voir aussi :


Source : The Thaiger

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2 commentaires

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HANSSON 13 août, 2026 - 14 h 17 min

Pour rester basique et concis (pas besoin de philosopher face à ce fléau), et en prenant les chiffres minimalistes, on peut donc considérer qu’au moins 8 000 Thaïlandais(e)s contractent le VIH tous les ans et qu’il y aurait environ 50 % de jeunes de moins de 25 ans contaminés, soit 4 000 nouveaux jeunes, adolescent(e)s et jeunes adultes par an…

En espérant que tous et toutes pourront bénéficier des soins qui leur permettront de vivre jusqu’à l’âge de 65 ans ou davantage, on peut donc considérer que sur une période de 50 ans, il y aura, depuis ce jour (et si la situation ne s’aggrave pas), 200 000 malades supplémentaires qui viendront par tranche, s’ajouter d’année en année aux patients déjà existants à ce jour…

Et cela ne concerne que les jeunes entre 18 et 24 ans…

On peut donc doubler ce chiffre pour l’ensemble de la population contaminée et arriver au chiffre global de malades du VIH/sida de 400 000 sur la durée d’une vie en sursis estimée à 65/70 ans…

De plus, cela ne concerne que les malades du sida auxquels il faut ajouter tous ceux qui contractent une autre MST qui, elles aussi sont apparemment en augmentation, notamment la syphilis…

On est effectivement loin des objectifs plus qu’optimistes des responsables politiques de la Santé pour 2030, objectifs qui ne seront pas atteints, on peut en être certains à 300 % !!!

La faute à qui ou à quoi?

Probablement un ensemble de raisons et de causes et, pour n’en citer que quelques unes, il y a d’abord et toujours (même si elle s’est améliorée) une information et une conscientisation qui doivent encore se perfectionner et se montrer plus présentes qu’actuellement dans les établissements scolaires dès les premières années de collège (13 à 14 ans), sans attendre 16 ou 18 ans accomplis des étudiants concernés directement par des premiers rapports sexuels complets, en laissant notamment tomber les tabous puérils encore bien présents dans les esprits de nombre de parents, d’enseignants et responsables de l’éducation dans les milieux scolaires et familiaux.

En second lieu, (et c’est une cause de la première raison) un manque probable de moyens et de budgets alloués au ministère de l’Education et de l’Enseignement, tous niveaux confondus, afin de mettre en œuvre tous les moyens de prévention possibles qui ne sont pas encore exploités actuellement ; je pense notamment à la fréquence des actions nationales de dépistage et plus spécialement les actions en milieu scolaire qui devraient être systématiquement effectuées au minimum 3 à 4 fois par an pour responsabiliser et mettre en œuvre les outils de traitement d’une séropositivité détectée le plus tôt possible (dans les pays scandinaves ces campagnes de détection se font tous les trimestres et les tests sont gratuitement disponibles en pharmacie et en milieu hospitalier en permanence et anonymement dès 14 ans).

Et enfin, comme le souligne l’article, il est également nécessaire, dans le cadre d’une prévention mentionnée plus avant, d’arriver à réduire ce nombre actuel, estimé à 50 000 malades qui ignorent leur propre séropositivité, en combinant ces 2 aspects fondamentaux : prévention accrue tous azimuts et pour toutes les tranches d’âge dès 16 ans et augmentation des moyens humains, logistiques et financiers mis à la disposition du monde éducatif dans son ensemble et des acteurs de la santé, médecins, infirmières, aide-soignants, pour toucher une population rurale très éloignée parfois des centres de santé et ne disposant pas d’un moyen de transport pour y accéder…

Je pense notamment à la multiplication des antennes mobiles médicales qui effectuent une ou 2 fois par an des séances de dépistage par quartiers (tambon) dans tous les districts les plus éloignés des grands établissements de santé et hôpitaux publics du pays…

Dans mon village qui se trouve à plus de 60 km du premier hôpital capable de prodiguer des soins pour ces malades MST, le centre communautaire local reçoit 2 fois par an la visite d’une antenne médicale composée d’un médecin et de 3 infirmières qui viennent effectuer des tests de détection de diabète…

Rien d’autre.

Et rien, mis à part une heure ou deux par an, d’une « conférence » d’un médecin réunissant les 2 dernières années d’études des collégiens (16-17-18 ans) sur les dangers des MST, au niveau de la détection éventuelle de séropositivité de certains étudiants, alors qu’il y a plusieurs établissements scolaires primaires jusque 12 ans et un collège de plusieurs centaines d’élèves entre 12 et 18 ans…

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François 14 août, 2026 - 12 h 21 min

Mettre des moyens de protection en libre-service et gratuits pour tous les moins de 25 ans dans les écoles, collèges, universités…

En leur évitant la leçon bien pensante thaïlandaise qu’ils ne respecteront pas de toutes façons…

Accroître l’éducation des 12 ans, mais ça inclut que les vieilles mégères aigries et les vieux beaux désabusés et donneurs de leçons s’assoient sur leurs principes et traditions archaïques…

Et puis, ça ne comptabilise pas le nombre d’étrangers qui repartent dans leur pays avec un cadeau de leur bar à p**** favori où ils se pensaient à l’abri en choisissant «une jeune distraction» qui ne semblait pas trop usée… Bref…

Si vous voulez mon avis, c’est pas pour demain, les contaminations vont continuer à galoper malheureusement

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