Alors que les infections par le VIH diminuent globalement en Thaïlande, une recrudescence préoccupante est observée chez les jeunes.
Le ministère de la Santé publique lance un plan d’action national, axé sur la distribution de préservatifs et l’éducation à la sexualité dans les écoles et universités, afin de contenir cette tendance et prévenir de nouvelles transmissions.
Une recrudescence inquiétante chez les jeunes

Des scouts thaïlandais prennent des préservatifs. Source : Bangkok Post
Le ministère a reconnu une augmentation alarmante des infections par le VIH chez les jeunes Thaïlandais.
La vice-ministre de la Santé, Chaichana Dechdecho, prévoit de collaborer avec les écoles pour distribuer des préservatifs et renforcer l’éducation sexuelle afin de freiner les nouvelles infections.
La question a été soulevée le 7 juillet lors d’une session du Sénat présidée par le vice-président du Sénat, le général Kriengkrai Srirak.
Le sénateur Parinya Wongcheodkwan a interrogé le ministère sur la hausse des infections au VIH, sa stratégie, son budget et les dépenses, y compris pour les étrangers.
En réponse, M. Chaichana a confirmé que, bien que le taux global d’infection par le VIH soit en baisse, une augmentation notable a été observée chez les jeunes.
Le ministère mise sur l’éducation sexuelle et la prévention

Photo : Bru-nO
Pour y remédier, le ministère se prépare à collaborer avec les écoles et les universités dans le cadre de protocoles d’accord.
Cette initiative comprendra la distribution de préservatifs et l’éducation aux pratiques sexuelles sans risque afin de prévenir la transmission du VIH.
« Notre objectif est de maintenir le nombre de nouvelles infections en dessous de 1 000 cas par an et de limiter les décès liés au VIH à moins de 4 000 par an.
Le chiffre de 8 000 nouveaux cas que nous avons signalé comprend des données cumulées.
M. Chaichana a déclaré :
« Nous prévoyons que le nombre de nouvelles infections au cours du second semestre restera inférieur à 3 000.
Le ministère va améliorer l’accès au dépistage du VIH et établir des partenariats avec des entreprises du secteur privé dans les zones à haut risque.
Les provinces où le nombre de cas de VIH est en augmentation sont Bangkok, Chon Buri (Pattaya), Khon Kaen et Nakhon Ratchasima, qui connaissent toutes une activité touristique importante. »
Des questions au Sénat sur la stratégie et le budget

Senat thaïlandais. Photo : KhaoSod English
En ce qui concerne le budget, M. Chaichana a expliqué que la Thaïlande alloue environ 8,4 milliards de bahts par an à la prévention et au traitement du VIH.
Sur ce montant, 7,7 milliards de bahts proviennent de fonds nationaux, tandis que 788 millions de bahts sont financés par des contributions internationales.
Ce financement comprend 6,2 milliards de bahts pour les médicaments antirétroviraux et 1,2 milliard de bahts pour les efforts de prévention.
Sur les 500 000 personnes actuellement sous traitement, plus de 5 700 sont des ressortissants étrangers.
Le coût annuel moyen du traitement est de 12 000 bahts.
Voir aussi :
Inquiétante augmentation des MST dont la syphilis en Thaïlande
La résurgence du sida en Thaïlande assombrit le sommet de l’ONU SIDA
50 % des nouvelles infections par le VIH en Thaïlande concerne les 15-24 ans
Sida en Thaïlande : un garçon de 11 ans refuse un test, car sa partenaire de 18 ans est séropositive
Source : Bangkok Post
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4 commentaires
Comme partout, dès qu’on cherche de l’argent, on agite le spectre de la catastrophe.
Peu importe la réalité, il faut faire peur à tout prix pour justifier des dépenses colossales sous prétexte de sauver le monde.
La hausse du VIH chez les jeunes en Thaïlande est préoccupante.
Toutefois, l’article ne précise pas les causes principales de cette augmentation.
Est-elle due à une transmission entre jeunes locaux, à un manque d’éducation sexuelle, à un accès limité aux moyens de protection, ou encore à des facteurs comme le tourisme sexuel, qui joue parfois un rôle indirect dans la propagation ?
Une analyse plus détaillée serait précieuse pour orienter les campagnes de prévention et les politiques publiques
Bonjour Gaspard,
Ils orientent leurs actions sur la distribution de capotes et l’éducation sexuelle.
Ils disent aussi :
« Les provinces où le nombre de cas de VIH est en augmentation sont Bangkok, Chon Buri (Pattaya), Khon Kaen et Nakhon Ratchasima, qui connaissent toutes une activité touristique importante. »
Donc, ils le disent sans l’afficher explicitement.
Je vous cite, Gaspard :
« Est-elle due à une transmission entre jeunes locaux, à un manque d’éducation sexuelle, à un accès limité aux moyens de protection, ou encore à des facteurs comme le tourisme sexuel » fin de citation…
Je crois que vous citez les 3 causes principales de cette recrudescence inquiétante, d’autant plus qu’elle touche essentiellement des jeunes hommes et femmes adolescent(e)s, encore en âge scolaire, entre 15 et 21 ans, parfois plus jeunes encore !
Je relève surtout un manque d’éducation au niveau des centres scolaires d’enseignement, d’autant plus qu’en régions rurales, il ne faut pas compter sur les parents pour éduquer leurs enfants vers une éducation sexuelle épanouie, prudente et réfléchie, n’ayant pas reçu eux-mêmes les bases d’une telle éducation préventive des maladies « MST ».
En 2ᵉ lieu, un non-usage des moyens de protection (préservatifs) qui, dans de nombreuses régions sont encore considérés comme tabous ou rejetés par bon nombre d’adolescents masculins qui refusent d’y avoir recours (et ceux et celles qui en usent le font bien souvent en cachette de la famille), alors que la prise des moyens de contraception comme la pilule contraceptive a un coût réel pour les adolescentes dont une grande majorité s’en verrait refuser l’usage par le milieu familial et qui ne fréquente d’ailleurs qu’en cas de problème une gynécologue qui pourrait les conseiller préventivement.
En dehors du fait de l’existence d’un tourisme sexuel connu dans le monde entier et qui colle à l’image de la Thaïlande comme une sangsue, il faut aussi tenir compte de l’accès illimité des jeunes aux vidéos pornographiques qui pullulent comme des mouches sur une bouse de vache sur les sites internet et qui donnent de la relation sexuelle, une image de l’amour lié à des actes sexuels sans aucun tabou et à des pratiques borderline…
Cela influence aussi les relations entre jeunes qui ne veulent pas être considérés comme des ringards et des « retardés », des inhibés rejetés par le groupe et qui sont poussés par le « quand dira-t-on » des copains ou copines à passer à l’acte « comme dans les films » !!!
Comme le souligne l’article, il est urgent d’intensifier les campagnes d’information de manière beaucoup plus intensive qu’actuellement (quand il y en a!) via les établissements scolaires dès l’âge de 13 ans lors de forums de discussion avec des personnes qualifiées et spécialisées (infirmier(e)s, gynécologue) et de le faire dans le cadre de séances d’information, plusieurs fois par an, par des réunions en groupe unisexe au sein des établissements scolaires, dont les directions devraient se sentir beaucoup plus concernées.
Il y a aussi, en amont, un travail d’information à faire auprès des parents, car beaucoup, surtout dans les milieux ruraux, considèrent ce sujet comme un tabou dont on ne doit surtout pas parler…
Au 21ᵉ siècle, on en est encore là, en Thaïlande et dans bon nombre de pays en voie de développement partout ailleurs dans le monde, avec un rapport direct de cause à effet entre niveau de vie, d’éducation sociale et sexuelle et taux de maladies sexuellement transmissibles, dont le sida,