La Thaïlande a lancé une vaste opération contre les sociétés utilisant des prête-noms pour dissimuler une propriété étrangère illégale.
Plus de 50 000 entreprises sont désormais dans le viseur des autorités, qui promettent des contrôles renforcés et des poursuites judiciaires.
- La Thaïlande mène une vaste opération contre les sociétés utilisant des prête-noms thaïlandais.
- Plus de 50 000 entreprises suspectes sont visées dans les zones touristiques.
- Phuket, Pattaya, Koh Samui et Koh Phangan figurent parmi les principales zones ciblées.
- Les autorités ont renforcé les contrôles financiers et les sanctions contre les montages illégaux.
La Thaïlande veut démanteler les réseaux de prête-noms étrangers
Le Département du développement des entreprises (DBD) a annoncé le lancement d’une vaste opération de répression contre les réseaux de prête-noms étrangers opérant dans plusieurs destinations touristiques de Thaïlande.
Voir : La Thaïlande durcit sa lutte contre les sociétés prête-noms étrangères
Cette opération est menée en coopération avec la Police royale thaïlandaise et plusieurs agences chargées du contrôle des frontières et de la lutte contre l’immigration illégale.
Les autorités thaïlandaises affirment avoir identifié plus de 50 000 entités juridiques suspectes dans lesquelles des ressortissants thaïlandais seraient utilisés comme actionnaires prête-noms afin de masquer une propriété étrangère illégale.
Des enquêtes approfondies et des procédures judiciaires sont actuellement en cours afin de démanteler ces réseaux.
Phuket, Pattaya et Koh Samui particulièrement surveillés
Cette offensive fait suite à une opération menée le 13 mai 2026 sur l’île de Koh Phangan, dans la province de Surat Thani.

Les autorités thaïlandaises ont identifié un grand nombre de sociétés liées à des investissements étrangers à Koh Phangan. Illustration : The Nation Thailand
L’intervention a été conduite par une délégation du gouvernement accompagnée du général de police Samran Nualma, commissaire général adjoint de la Police royale thaïlandaise et directeur du Centre de lutte contre la criminalité transnationale et l’immigration illégale.
Selon les données du DBD, plusieurs destinations touristiques présentent une concentration particulièrement élevée d’entreprises avec des participations étrangères :
- Pattaya (Bang Lamung) : 33 314 entreprises enregistrées, dont 19 910 avec des actionnaires étrangers.
- Phuket : 29 646 entreprises enregistrées, dont 11 626 avec des actionnaires étrangers.
- Koh Samui : 12 050 entreprises enregistrées, dont 8 213 avec des actionnaires étrangers.
- Hua Hin : 4 061 entreprises enregistrées, dont 2 081 avec des actionnaires étrangers.
- Koh Phangan : 3 754 entreprises enregistrées, dont 2 381 avec des actionnaires étrangers.

Koh Samui figure parmi les principales zones touristiques surveillées par les autorités thaïlandaises dans la lutte contre les prête-noms. Illustration : The Nation Thailand
Des contrôles financiers renforcés
Poonpong Naiyanapakorn, directeur général du DBD, a expliqué que les enquêteurs recherchaient notamment les entreprises dans lesquelles des ressortissants étrangers détiennent la participation maximale autorisée par la loi.
Les autorités surveillent particulièrement les cas où ces étrangers occupent également le poste de directeur unique avec un pouvoir de signature exclusif permettant d’engager la société.
Les autorités surveillent également les cas où des citoyens thaïlandais apparaissent comme actionnaires ou administrateurs dans un nombre anormalement élevé d’entreprises sans lien entre elles.
Afin de limiter la création de nouvelles sociétés suspectes, le gouvernement a introduit cette année de nouvelles règles de contrôle entrées en vigueur les 1ᵉʳ janvier et 1ᵉʳ avril 2026.
Les actionnaires thaïlandais impliqués dans des structures jugées à risque doivent désormais fournir des relevés bancaires officiels afin de prouver l’origine réelle de leurs investissements.
Les administrateurs et associés gérants doivent également signer des documents confirmant que les actionnaires ne servent pas de prête-noms pour des investisseurs étrangers.
Jusqu’à trois ans de prison pour les prête-noms
En vertu des articles 36 et 37 de la loi thaïlandaise sur les entreprises étrangères de 1999, les ressortissants thaïlandais reconnus coupables d’avoir servi de prête-noms risquent jusqu’à trois ans de prison ainsi que des amendes comprises entre 300 000 et 1 million de bahts.
Selon le DBD, l’obligation de fournir ces justificatifs financiers a été particulièrement dissuasive, entraînant une baisse de 75 % des tentatives de création d’entreprises suspectes.
Les greffiers ont reçu pour instruction de rejeter immédiatement toute demande de création de société ne présentant pas de preuve financière jugée crédible.
Malgré cette politique de tolérance zéro, les autorités thaïlandaises assurent vouloir continuer à soutenir les investisseurs étrangers légitimes respectant la législation du pays.
Voir aussi :
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Source : The Nation Thailand
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