Onze Français sont détenus en Thaïlande depuis la mi-juin après avoir été arrêtés avec plusieurs kilos de cannabis dans leurs bagages.
Certains affirment avoir été piégés par des offres de vacances gratuites, alors que les autorités thaïlandaises ont récemment durci leur réponse face à ce trafic.
Onze Français détenus en Thaïlande depuis la mi-juin

Quatre touristes européens, deux Français et deux Suisses, arrêtés à l’aéroport de Phuket avant un vol pour Paris avec plus de 30 kg de cannabis dans leurs bagages le 28 juillet 2026. Photo : Douanes thaïlandaises
Depuis la mi-juin 2026, onze ressortissants français ont été placés en détention provisoire en Thaïlande après la découverte de cannabis dans leurs bagages.
L’information, révélée par RTL, a également été rapportée par l’AFP, qui cite une source policière thaïlandaise.
Selon les témoignages de proches recueillis par plusieurs médias français, certains de ces jeunes affirment cependant avoir été piégés et ne pas avoir su qu’ils transportaient du cannabis.
Ces déclarations constituent leur version des faits et il appartiendra à la justice thaïlandaise de déterminer le degré de connaissance et de responsabilité de chacun.
Des vacances gratuites pour transporter une valise

Une valise sur un tapis à bagages dans un aéroport. Photo d’illustration
Plusieurs témoignages décrivent un mode opératoire similaire.
Des jeunes se voient proposer un voyage en Thaïlande avec le billet d’avion et l’hébergement pris en charge.
En contrepartie, ils doivent rapporter une valise en France ou poursuivre leur voyage vers une autre destination.
D’après les témoignages de certaines familles, des recruteurs auraient notamment prétendu travailler dans l’achat et la revente de smartphones.
Les bagages confiés aux voyageurs étaient alors supposés contenir des téléphones ou du matériel électronique.
Le transport en quantité de tels appareils peut toutefois lui-même être soumis à des règles douanières et aériennes.
Mais lors des contrôles dans les aéroports, les autorités ont découvert du cannabis à l’intérieur des valises.
Certains proches affirment même que les voyageurs concernés n’auraient pas eux-mêmes enregistré les bagages contenant la drogue.
Ce mode opératoire ne concerne d’ailleurs pas uniquement les onze Français actuellement détenus en Thaïlande.
Des affaires similaires impliquant des voyageurs passés par la Thaïlande ont également été signalées à Hong Kong et dans d’autres pays d’Asie.
France Inter rapporte notamment le cas distinct d’Elias, un Français détenu à Hong Kong après la découverte de 17 kilos de cannabis dans ses bagages.
Selon sa famille, son voyage en Thaïlande avait été pris en charge et une rémunération pouvant atteindre 3 000 euros lui aurait été promise.
Ces différents cas ne permettent toutefois pas d’établir qu’il s’agit d’un réseau unique.
Ils montrent plutôt l’existence de modes de recrutement similaires, reposant notamment sur la promesse d’un voyage gratuit et, dans certains cas, d’une rémunération.
Ce procédé n’est pas nouveau.
Des affaires de voyageurs attirés par des séjours gratuits avant de devoir transporter des bagages contenant de la drogue ont déjà été signalées en Thaïlande ces dernières années.
Voir : Voyages gratuits en Thaïlande : le piège des trafiquants de cannabis
Et : Nouvelle arnaque en Thaïlande : les touristes transformés en passeurs de drogue
Des jeunes Européens de plus en plus souvent impliqués
Romain Levaire, avocat qui indique gérer quatre dossiers similaires, constate une augmentation des affaires impliquant de jeunes Français et Européens.
Il décrit notamment des garçons issus de milieux de classe moyenne plutôt défavorisée, susceptibles d’être attirés par la promesse d’un voyage gratuit et d’une rémunération importante.
Cette description repose toutefois sur l’expérience de l’avocat dans les affaires qu’il traite et ne permet pas d’établir un profil général de toutes les personnes recrutées pour transporter du cannabis.
La Thaïlande a durci sa réponse depuis la mi-juin

Le personnel passe les bagages aux rayons X à l’aéroport de Suvarnabhumi. Photo : Somchai Poomlard/Bangkok Post
La multiplication récente des détentions s’explique notamment par un changement dans le traitement des voyageurs interceptés avec du cannabis.
Selon RTL, avant la mi-juin, les personnes découvertes avec du cannabis destiné à être exporté pouvaient se voir confisquer la marchandise avant de repartir librement.
La procédure a depuis été durcie.
Les voyageurs interpellés doivent désormais s’acquitter d’une amende douanière dans un délai de 48 heures.
Depuis le 17 juin, son montant est fixé à 30 000 bahts par kilogramme de cannabis saisi, soit environ 790 euros par kilo.
Si l’amende n’est pas réglée dans le délai imparti, le dossier est transmis à la police.
La personne concernée peut alors être placée en garde à vue, puis en détention provisoire dans l’attente de son jugement.
Ce durcissement permet ainsi de comprendre pourquoi plusieurs ressortissants français arrêtés depuis la mi-juin se trouvent aujourd’hui derrière les barreaux.
Une importante surproduction de cannabis en Thaïlande

Un ouvrier inspecte les feuilles de cannabis à la ferme Rak Jang, l’une des premières fermes autorisées par le gouvernement thaïlandais à cultiver du cannabis et à vendre des produits à des établissements médicaux, à Nakhon Ratchasima. Photo : Reuters
Ces trafics se développent alors que le marché thaïlandais du cannabis est confronté depuis plusieurs années à une offre largement supérieure aux débouchés de nombreux producteurs.
Après le retrait du cannabis de la liste des stupéfiants en 2022, les cultures et les commerces spécialisés se sont multipliés à travers le pays.
Mais cette expansion a rapidement entraîné des difficultés pour certains producteurs.
En 2024, une entreprise communautaire de Nakhon Phanom déclarait ainsi disposer de 1 000 tonnes de cannabis en stock qu’elle ne parvenait pas à vendre.
Une autre entreprise de Nakhon Ratchasima expliquait ne plus cultiver que 10 % des terres qu’elle avait consacrées au cannabis, faute de débouchés suffisants.
Voir : Thaïlande : politique et profits bloquent la recriminalisation du cannabis
Cette surproduction et la chute des prix constituent un contexte économique favorable à la recherche de nouveaux débouchés.
Une partie du cannabis disponible en Thaïlande est ainsi écoulée clandestinement vers l’étranger, où sa valeur peut être nettement supérieure.
Les contrôles antidrogue renforcés dans les aéroports

Les contrôles antidrogue ont été renforcés dans les aéroports thaïlandais, y compris auprès des équipages des compagnies aériennes. Photo : Thai PBS World
Les autorités thaïlandaises constatent depuis plusieurs années une multiplication des tentatives d’exportation clandestine, notamment par avion.
Le 4 juillet 2026, elles ont lancé un nouvel avertissement face aux arrestations fréquentes de voyageurs tentant de transporter du cannabis à l’étranger.
Les contrôles ont également été considérablement renforcés en juillet, après l’arrestation en Australie d’une hôtesse de Thai Airways avec plus d’un kilogramme d’héroïne dissimulé dans ses bagages.
Voir : La Thaïlande embarrassée par des affaires de drogue vers l’Australie
Jusqu’alors, les inspections des bagages au départ de Thaïlande visaient principalement les explosifs et les menaces pour la sécurité aérienne.
Cette affaire a poussé le gouvernement à renforcer spécifiquement la recherche de stupéfiants dans les aéroports.
Des équipes cynophiles spécialisées sont notamment déployées 24 heures sur 24 à l’aéroport de Suvarnabhumi, tandis que les inspections des bagages et les échanges de renseignements avec les pays étrangers ont été renforcés.
Ces nouvelles mesures visent à détecter les trafics avant le départ des voyageurs et à identifier les réseaux internationaux utilisant la Thaïlande comme point d’origine ou de transit.
Voir : La Thaïlande renforce les contrôles antidrogue dans ses aéroports
En avril, la police et les douanes avaient déjà annoncé avoir placé 86 ressortissants étrangers sur liste noire dans le cadre d’une campagne visant notamment la contrebande de fleurs de cannabis.
Des dizaines de kilos régulièrement saisis dans les aéroports

Des fleurs de cannabis séchées saisies dans l’une des sept valises d’un touriste britannique sont présentées au poste de police de Bo Phut après leur transfert depuis l’aéroport de Koh Samui, le 13 mars 2025
Les arrestations de voyageurs étrangers se sont multipliées au cours des derniers mois.
Le 8 juillet, un Russe de 30 ans a été arrêté à l’aéroport international de Phuket avec 17,6 kilos de fleurs et de résine de cannabis répartis dans deux valises.
Le lendemain, une Philippine de 18 ans et une Thaïlandaise ont été interpellées dans le même aéroport avec respectivement 14,5 et 17,6 kilos de fleurs de cannabis.
Le 28 juillet, deux Français de 18 et 26 ans et deux Suisses de 18 et 19 ans ont été arrêtés à l’aéroport de Phuket avec plus de 30 kilos de cannabis alors qu’ils s’apprêtaient à prendre un vol à destination de Paris-Charles-de-Gaulle.
Les quatre voyageurs ont été remis aux enquêteurs du commissariat de Sakhu et poursuivis pour tentative d’exportation illégale.
Les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’établir si les deux Français font partie des onze ressortissants actuellement recensés comme détenus en Thaïlande.
Voir : Thaïlande : 4 Européens arrêtés avec 30 kg de cannabis avant un vol pour Paris
Ces affaires illustrent l’ampleur actuelle des tentatives d’exportation de cannabis depuis la Thaïlande.
Le phénomène préoccupe également les pays de destination.
Selon des données des douanes japonaises rapportées en juillet, plus de 1,5 tonne de cannabis provenant de Thaïlande a été saisie au Japon en 2025.
La Thaïlande était alors la deuxième origine des saisies de cannabis réalisées au Japon, derrière les États-Unis.
De 5 à 9 ans de prison pour 10 à 20 kilos selon un avocat

Détenus dans une prison thaïlandaise.
Exporter du cannabis de Thaïlande reste illégal, malgré les changements successifs intervenus dans la législation du pays depuis 2022.
La possibilité d’acheter du cannabis en Thaïlande n’a jamais signifié qu’un voyageur pouvait quitter librement le pays avec plusieurs kilos de fleurs dans ses bagages.
RTL évoque une fourchette générale de peines pouvant aller de deux à dix ans de prison.
Romain Levaire apporte une estimation plus précise à partir des dossiers qu’il traite : pour des quantités comprises entre 10 et 20 kilos, l’avocat estime que les peines peuvent aller de cinq à neuf ans d’emprisonnement.
La condamnation dépend toutefois de la quantité transportée, de la qualification retenue et des circonstances propres à chaque dossier.
Des enquêtes ouvertes en France pour retrouver les commanditaires
L’affaire ne se limite pas aux voyageurs arrêtés en Asie.
En France, le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) a confirmé l’ouverture de plusieurs enquêtes afin d’identifier les personnes qui organisent et commanditent ces transports de cannabis.
Les investigations doivent notamment permettre de remonter les filières de recrutement et de déterminer si plusieurs des affaires actuellement recensées sont liées entre elles.
Les jeunes arrêtés avec du cannabis pourraient ainsi constituer le dernier maillon de réseaux organisant son acheminement vers l’Europe.
Pour l’heure, rien ne permet toutefois d’affirmer que les onze Français détenus en Thaïlande ont tous été recrutés par la même organisation.
Ce que peut faire le consulat français

L’ambassade de France à Bangkok en Thaïlande. Photo : page Facebook de l’Ambassade
Les autorités françaises suivent la situation des ressortissants concernés, mais leurs possibilités d’intervention dans les procédures judiciaires restent limitées.
Le ministère français des Affaires étrangères rappelle que la protection consulaire s’exerce dans le cadre de la Convention de Vienne sur les relations consulaires du 24 avril 1963.
Les services consulaires peuvent notamment rendre visite aux détenus, faciliter leurs contacts avec leurs proches et leur fournir une liste d’avocats.
Une source diplomatique citée par l’AFP a indiqué que la situation des ressortissants français était suivie par les services compétents du ministère, en contact avec leurs familles.
Le consulat ne peut en revanche ni intervenir dans la procédure judiciaire thaïlandaise ni obtenir la libération d’un ressortissant français.
Les personnes arrêtées restent soumises à la législation et aux tribunaux du pays où les faits ont été commis.
Ne jamais transporter le bagage d’un tiers

Touristes dans un aéroport. Photo : Bangkok Post
Au-delà de la situation judiciaire des onze Français, ces affaires rappellent un principe essentiel pour les voyageurs.
Accepter de transporter une valise ou un colis dont on ne maîtrise pas personnellement le contenu représente un risque considérable.
Les autorités thaïlandaises ont récemment multiplié les mises en garde, alors que les contrôles sont renforcés dans les aéroports et que plusieurs pays surveillent davantage les passagers en provenance du royaume.
Dans les affaires concernant certains des Français détenus, la promesse d’un séjour tous frais payés aurait permis à des recruteurs de convaincre de jeunes voyageurs de se rendre en Thaïlande puis de repartir avec des bagages contenant du cannabis.
Dans d’autres affaires similaires, comme celle d’Elias à Hong Kong, une rémunération de plusieurs milliers d’euros aurait également été promise.
Reste désormais à la justice à déterminer, dans chaque dossier, si les personnes arrêtées ont réellement été trompées ou si elles savaient ce qu’elles transportaient.
Voir aussi :
- Le rêve du cannabis en Thaïlande tourne au cauchemar mondial
- Phuket : un Français recherché par Interpol piégé par la police
- Cet objet interdit en Thaïlande continue de piéger les touristes étrangers
- Voyage en Thaïlande : une arnaque piège 1 touriste sur 10 avant l’arrivée
- Les arnaques en Thaïlande : les connaître et s’en protéger
Sources : RTL, France Inter, Thairath, AFP / The Star, The Nation, Khaosod English
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L’un des produits les plus intéressants venant du cannabis est le CBD, qui n’a pas d’effet psychotrope et a de nombreuses propriétés médicinales :
– Action anti-inflammatoire : réduit les rougeurs, les gonflements et les inflammations des tissus ou des articulations.
– Effet antalgique : aide à diminuer la perception des douleurs musculaires, articulaires ou chroniques.
– Propriété anxiolytique : calme le stress, l’anxiété et aide à réguler l’humeur.
– Aide au sommeil : favorise la détente musculaire et facilite l’endormissement.
– Action anticonvulsivante : efficace, sous forme de médicament sur ordonnance, contre certaines formes graves d’épilepsie infantile.
Il est actuellement vendu très cher, de 1 000 à 2 000 bahts pour un petit flacon d’huile.
La Thaïlande devrait se concentrer sur cela, utiliser les importants stocks de cannabis invendus et les transformer en CBD, réduire le prix pour le rendre accessible à plus de gens et le problème serait réglé !