La Thaïlande va confisquer 115 millions de bahts supplémentaires d’avoirs liés à un vaste réseau de cyberescroqueries basé au Cambodge.
Ces nouvelles saisies concernent Chen Zhi, fondateur du Prince Group, extradé vers la Chine en janvier et accusé d’avoir dirigé un empire international de fraude en ligne.
La Thaïlande saisit 431 nouveaux biens et avoirs

Chen Zhi et un immeuble du Prince Group au Cambodge.
L’Office thaïlandais de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLO) a annoncé le jeudi 13 août que son comité des transactions avait décidé de saisir 431 biens et avoirs supplémentaires d’une valeur totale de 115 millions de bahts (environ 3 millions d’euros).
Ils comprennent notamment des espèces, des bijoux en or, des terrains avec des bâtiments ainsi que des actifs numériques.
L’AMLO avait auparavant saisi 345 millions de bahts (environ 9 millions d’euros) d’autres actifs liés à Chen Zhi.
La confiscation de ces biens est actuellement examinée par le tribunal civil.
Avec cette nouvelle opération, la valeur totale des avoirs saisis en Thaïlande dans cette affaire atteint désormais 460 millions de bahts (près de 12,08 millions d’euros).
Chen Zhi, à la tête d’un empire soupçonné de cyberfraude

Chen Zhi, président du groupe Prince. Photo : Facebook/Oriental Times
Chen Zhi, âgé de 38 ans, est le fondateur du Prince Group, un conglomérat cambodgien dont les activités s’étendaient notamment aux services financiers et à l’immobilier dans plus de 30 pays.
Mais les autorités chinoises, américaines et d’autres pays affirment que le groupe était lié à un vaste réseau international d’escroqueries en ligne.
Les États-Unis ont sanctionné le conglomérat et accusent Chen Zhi d’avoir dirigé des organisations criminelles transnationales.
Il est notamment soupçonné d’avoir orchestré des réseaux d’escroquerie, commis des fraudes et dissimulé les produits de ces activités criminelles.
Un homme d’affaires autrefois très proche du pouvoir cambodgien

Chen Zhi et l’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen.
L’affaire est particulièrement sensible au Cambodge en raison des liens qu’entretenait Chen Zhi avec les plus hautes sphères du pouvoir.
Après avoir obtenu la nationalité cambodgienne en 2014, il avait reçu le titre de « Neak Oknha », une distinction honorifique accordée par le roi sur recommandation du gouvernement et généralement réservée aux grands donateurs et aux personnalités économiques influentes.
Chen Zhi avait également été conseiller de Hun Sen lorsqu’il était Premier ministre, avant de devenir conseiller de son fils et successeur, l’actuel Premier ministre Hun Manet.
Voir aussi : Centres d’appel au Cambodge : l’étau se resserre sur la famille de Hun Sen
Sous une pression internationale croissante contre les centres d’escroquerie implantés au Cambodge, les autorités cambodgiennes l’ont finalement arrêté en janvier 2026.
Voir : Le Cambodge sacrifie un proche du pouvoir accusé de cyberescroqueries
Il a ensuite été extradé vers la Chine, où il attend désormais son procès pour plusieurs délits financiers.
Des saisies massives dans plusieurs pays
L’affaire dépasse largement les frontières de la Thaïlande.
Plusieurs gouvernements ont saisi ou gelé des avoirs appartenant à Chen Zhi ou liés à son réseau, tandis que les États-Unis ont sanctionné le Prince Group et accusé son fondateur d’être à la tête d’une organisation criminelle transnationale spécialisée dans les cyberfraudes.
À Hong Kong, 9 milliards de dollars de Hong Kong (HK$) (environ 995 millions d’euros) d’actifs et de biens immobiliers liés à Chen Zhi et à son réseau ont notamment été saisis.
Ces opérations illustrent l’ampleur internationale des investigations visant le Prince Group et les flux financiers soupçonnés d’être issus des escroqueries en ligne.
Chen Zhi risque une lourde peine en Chine

Chen Zhi escorté par des policiers chinois après son extradition depuis le Cambodge en janvier 2026. Photo : CCTV
Fin juillet, les procureurs chinois ont ajouté une accusation de coups et blessures volontaires à la longue liste des chefs d’accusation pesant sur Chen Zhi.
Voir : Cambodge : échappés des centres d’escroquerie, des survivants décrivent l’enfer
La date de sa comparution devant un tribunal n’est pas encore connue.
En vertu du droit pénal chinois, le fait d’infliger intentionnellement des blessures corporelles ayant entraîné la mort ou des blessures graves par des moyens particulièrement cruels est passible d’au moins dix ans de prison et peut, dans les cas les plus graves, entraîner la peine de mort.
Voir aussi :
- Le Cambodge lutte-t-il vraiment contre l’industrie des centres d’arnaque ?
- Scambodia : comment le Wall Street Journal humilie le Cambodge
- Cambodge : mort atroce d’un Thaïlandais torturé dans un centre d’appel
- Le Cambodge provoquerait la Thaïlande pour protéger ses centres d’escrocs
- Enfer des centres d’appel au Cambodge : un Sud-Coréen torturé à mort
Source : Bangkok Post
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