Le terme « Scambodia », utilisé par The Wall Street Journal (WSJ) pour qualifier le Cambodge, a provoqué une vive colère dans le royaume.
L’article « How Cybercrime Became a Leading Industry in ‘Scambodia’ » (Comment la cybercriminalité est devenue l’une des principales industries du « Scambodia ») dénonce le pays comme l’un des principaux foyers mondiaux des escroqueries en ligne.
Près d’une semaine après la publication de l’article, les autorités cambodgiennes et de nombreux internautes réclament toujours le retrait de cette expression jugée insultante.
Face aux nombreux rapports internationaux qui accusent le gouvernement d’être lié à ces réseaux et aux témoignages des victimes kidnappées pour travailler dans ces centres décrits comme des « enfers sur Terre », le gouvernement cambodgien préfère l’attaque.
Voir : Cambodge : échappés des centres d’escroquerie, des survivants décrivent l’enfer
Le quotidien américain n’a toutefois ni supprimé l’article ni modifié la référence contestée.
Un article accusant le Cambodge d’être un centre mondial des arnaques

Chen Zhi, ressortissant chinois accusé d’être lié à un vaste réseau de cyberescroquerie au Cambodge, aux côtés de Hun Sen, ancien Premier ministre cambodgien et actuel président du Sénat.
Le rapport décrit le Cambodge comme une plaque tournante majeure de la cybercriminalité mondiale, alléguant que des syndicats criminels ont corrompu des fonctionnaires, trafiqué et exploité des travailleurs et fraudé des victimes dans le monde entier.
Voir : Centres d’appel frauduleux : la Thaïlande met en cause l’élite cambodgienne
Le texte affirme que ces réseaux frauduleux se sont développés au point de devenir une activité économique majeure dans le royaume.
Jusqu’à 19 milliards de dollars par an selon un rapport cité

Des clôtures barbelées sont visibles à l’extérieur d’un complexe du Great Wall Park, ancien centre d’appels frauduleux dans la ville de Sihanoukville, au Cambodge. Photo : Reuters
Toujours selon le WSJ, un rapport d’experts publié en 2025 et cité par les autorités américaines estimait que les activités frauduleuses au Cambodge pouvaient générer jusqu’à 19 milliards de dollars par an.
Ce montant représenterait près de 40 % du produit intérieur brut du pays, dépassant même son principal secteur légal, l’industrie textile.
C’est ce qui explique le fait que, malgré quelques actions médiatisées destinées à rassurer l’opinion internationale, comme la fermeture de certains centres d’appels bien connus, d’autres sont ensuite ouverts.
Voir : Le Cambodge sacrifie un proche du pouvoir accusé de cyberescroqueries
Le journal souligne également l’ampleur internationale du phénomène, en rappelant que les seuls Américains auraient perdu environ 10 milliards de dollars en 2024 à cause d’arnaques en ligne liées à l’Asie du Sud-Est.
Voir aussi : Comment des centres d’appels ruinent les personnes vulnérables en Thaïlande ?
En Thaïlande, ces escrocs ont provoqué de nombreux drames : un père de famille a tué ses deux enfants et sa femme puis a tenté de se suicider après avoir été ruiné par un centre d’appel de Poipet.
Voir : La police thaïlandaise traque les escrocs responsables d’un terrible drame familiale
Phnom Penh proteste, le journal ne recule pas

Drapeau cambodgien.
Malgré les nombreuses preuves qui accablent le pays et son gouvernement, le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, a adressé une lettre au rédacteur en chef du journal pour rejeter fermement le terme « Scambodia ».
Il y affirme que le gouvernement cambodgien est engagé dans la lutte contre les réseaux criminels et refuse que le pays soit réduit à cette image.
Cette lettre a ensuite été publiée sur le site du journal.
Malgré cette protestation officielle, The Wall Street Journal a maintenu l’article en ligne sans retirer l’expression controversée.
La pression internationale s’intensifie contre les centres d’arnaques au Cambodge

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi (à gauche), serre la main du Premier ministre cambodgien, Hun Manet (à droite), lors d’une rencontre au Palais de la Paix à Phnom Penh. Photo : AFP
Le Cambodge fait face à des pressions internationales croissantes.
Voir : Coup dur pour les cybercriminels au Cambodge et en Birmanie
La Chine a publiquement appelé à l’éradication totale des centres d’escroquerie en ligne installés dans le royaume, un sujet sensible alors que de nombreux ressortissants chinois figurent parmi les victimes.
Dans le même temps, les États-Unis ont sanctionné le sénateur cambodgien Kok An, accusé d’avoir des liens avec ces réseaux criminels.
Ces deux initiatives montrent que Phnom Penh est désormais confronté à une mobilisation diplomatique de plus en plus forte pour fermer ces centres d’appels frauduleux.
Voir aussi :
Thaïlande-Cambodge : une photo de mines vaut 14 ans de prison à deux journalistes
Cybercriminalité au Cambodge : Trip.com met fin à son partenariat
Cambodge : mort atroce d’un Thaïlandais torturé dans un centre d’appel
Le Cambodge provoquerait la Thaïlande pour protéger ses centres d’escrocs
Source : Khaosod English, Thai PBS World, The Diplomat
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7 commentaires
Je cite : « Le quotidien américain n’a toutefois ni supprimé l’article ni modifié la référence contestée. » Fin de citation…
Encore heureux que le Wall Street Journal ne se soit pas laissé intimider par les menaces diplomatiques du Cambodge.
Le journal n’a fait que décrire une réalité intolérable qui est l’une des pires dans le monde concernant l’atteinte à la dignité humaine et le respect des droits de l’homme…
Cette réalité devrait valoir au Cambodge la place de bon dernier dans le classement annuel des pires pays au monde dans ce domaine.
Et bien que les pressions se fassent plus insistantes, la famille Hun Sen au pouvoir n’entend pas se séparer de ces dizaines de milliards de recettes, sans que le pays ne doive se déclarer en faillite…
Au lieu de s’occuper du Groenland et de Cuba, pourquoi le « plus grand apôtre de la Paix que le monde n’a jamais connu » (c’est lui qui le clame partout à longueur de semaines) ne supprime-t-il pas ce régime politique corrompu à 1 000 % ?
Une action de type « Maduro » ou plus radicale, une seule bombe GBU57 suffirait…
Contrairement aux Iraniens, les grandes figures politiques du Cambodge ne se cachent pas dans des bunkers à plusieurs dizaines ou centaines de mètres de profondeur…
Allez, Donald… toi, le meilleur président que les USA aient jamais connu, qui a échappé à 36 tentatives d’assassinat et mis fin à 88 guerres, reçu 22 prix « pas Nobel » de la Paix, un petit effort du côté de Phnom Penh s’il vous plait, M’sieu !!!
Merci d’avance pour tous les esclaves et prisonniers travailleurs forcés et torturés dans les centres d’escroqueries, dont certains finissent entre 4 planches…
C’est vrai que là, Président, tu ne gagnerais rien en retour… ça vaut pas la peine !!!
Petite précision quand même :
Avant de se faire tuer avec des membres de sa famille l’ayatollah Ali Khamenei avait refusé de se cacher dans un abri en expliquant qu’il n’y avait pas d’abri pour tous les Iraniens.
Benjamin Netanyahou lui a carrément fui le pays après avoir déclenché les hostilités, laissant sa population sous les bombes !
Un autre politicien iranien important, Ali Larijani, a été tué après un bain de foule.
Deux pays avec de grandes différences, l’un avec une culture millénaire où les juifs, chrétiens et musulmans vivent en paix et heureux ensemble malgré les fausses informations propagées par nos médias, et un pays très récent, créé artificiellement par l’Occident sur la base de nombreux mensonges, où les musulmans et les chrétiens sont opprimés et assassinés.
Ce dernier pays a même bombardé une importante et très ancienne synagogue en Iran, confirmant le fait que tous les juifs non sionistes, et ils sont plus nombreux qu’on ne le pense car cachés par nos médias, sont les ennemis du sionisme…
Benjamin Netanyahou lui a carrément fui le pays après avoir déclenché les hostilités, laissant sa population sous les bombes !
Ah bon… une info qui m’est inconnue ; où se trouve, ou se cache-t-il ?
Jamais entendu à la TV ou ailleurs.
Marcos, bonjour…
Votre pamphlet mettant en avant le courage suicidaire de Khameinei et de sa famille et la couardise de Nethanyaou, fuyant la possible menace d’un attentat sur sa personne, reflète un aspect d’une réalité qui est bien différente de la propagande médiatique occidentale et en particulier américaine qui nous abreuve de communiqués très opposés selon le camp vers lequel on se tourne, et c’est, si j’ose dire, « de bonne guerre »; cela a toujours existé et l’objectivité des médias fait partie des rêves de certains idéalistes épris de paix et d’amour universel !!!
Mais pour en revenir au sujet de l’article, où est votre avis sur le Cambodge dans tout cela ?
Sur ce coup, les Cambodgiens qui protestent contre le terme Scambodia me font penser aux Israéliens qui refusent le terme « génocide » pour les crimes qu’ils commettent.
Nous sommes dans une période folle où il n’y a plus de droit international, où le monde devient un paradis pour les criminels !
Comment peut-on supporter toutes ces horreurs !
À tous les commentateurs du forum, ne venez pas exporter votre guerre du Moyen-Orient ici ; sur les autres médias on en bouffe déjà matin-midi-soir.
Alors de grâce allez plutôt là-bas si vraiment vous voulez vous rendre utile.
Bonjour Zorg….
La guerre au Moyen-Orient s’est exportée en Thaïlande (et partout ailleurs dans le monde) dès les premières semaines, et ce ne sont pas nos commentaires en interne, et qui touchent quelques centaines d’expatriés, qui vont effectivement y changer quelque chose, mais cela se réfère à certains principes que l’on nomme « liberté d’expression », « libre examen » et « droit de réponse », entre autres…
Quant à aller sur place pour se rendre utile, vous me faites penser aux idéalistes de guerre qui envoient leurs soldats se faire tuer en restant bien calfeutrés chez eux…
Cependant, si vous y allez, je veux bien vous accompagner, mais bonne chance pour obtenir un visa à l’Ambassade d’Iran à Paris…