Deux journalistes cambodgiens ont été condamnés à 14 ans de prison après la publication d’une photo prise près de la frontière avec la Thaïlande.
Cette photo prouverait que ce sont bien des militaires cambodgiens qui posent des mines à la frontière avec la Thaïlande, ce que le Cambodge continue de nier.
Depuis la reprise du conflit entre les deux pays, 11 soldats thaïlandais ont été amputés, perdant un pied ou une jambe après avoir déclenché des mines lors de patrouilles dans des zones thaïlandaises proches de la frontière.
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Une photo embarrassante au cœur de l’affaire

Photos de soldats cambodgiens dans un temple contesté, sur lesquelles on voit clairement des mines antipersonnel PMN-2 russes à leurs côtés. Ces mines sont semblables aux mines qui ont blessé des soldats thaïlandais qui patrouillaient sur le sol thaïlandais.
Le 26 mars, une cour d’appel cambodgienne a confirmé les peines prononcées à l’encontre de Pheap Phara et Phorn Sopheap, reconnus coupables de trahison.
Leur condamnation fait suite à la diffusion sur Facebook d’une photo prise dans une zone d’accès restreint à l’armée, située à proximité de la frontière thaïlandaise.
L’image montre des soldats cambodgiens posant devant les ruines du temple de Ta Krabei avec des mines antipersonnel PMN-2 russes à leurs côtés.
Cette image a ensuite circulé dans des médias thaïlandais, qui ont affirmé qu’elle prouvait que c’étaient bien des soldats cambodgiens qui posaient les mines.
Une accusation immédiatement rejetée par les autorités cambodgiennes.
Les deux hommes ont ensuite été arrêtés en juillet, sur ordre urgent de Hun Sen, ancien Premier ministre devenu président du Sénat, qui reste le véritable homme fort du pays, bien que son fils, Hun Manet, lui ait succédé à la tête du gouvernement.
Une condamnation pour trahison contestée
En décembre, les deux journalistes ont été condamnés pour avoir « fourni à un État étranger des informations préjudiciables à la défense nationale », des faits qu’ils contestent.
Lors de leur appel, ils ont demandé une requalification des charges, affirmant que leur publication visait à mettre en avant la résilience des soldats cambodgiens, et non à transmettre des informations sensibles à un pays étranger.
Des inquiétudes sur la liberté de la presse
Seize organisations de presse locales et régionales ont dénoncé cette décision judiciaire, estimant que ces lourdes peines pourraient dissuader les journalistes de traiter des sujets d’intérêt public.
Dans un communiqué, elles ont mis en garde contre l’utilisation de chefs d’accusation liés à la sécurité nationale, jugés trop larges et susceptibles de porter atteinte à la liberté d’expression.
Le gouvernement cambodgien assume la décision
De son côté, le porte-parole du ministère de l’Information, Tep Asnarith, a défendu le jugement.
Il a déclaré que cette affaire devait servir « de leçon aux journalistes pour qu’ils tiennent soigneusement compte de la sécurité nationale et défendent l’intérêt national ».
Il a également insisté sur le fait que « la liberté de la presse doit aller de pair avec la responsabilité ».
Un climat déjà dégradé pour les médias
Le Cambodge se classe actuellement 161ᵉ sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, un indicateur qui illustre les préoccupations croissantes autour de l’indépendance des médias dans le pays.
Mines posées par le Cambodge en Thaïlande : de nombreuses preuves

Photos du militaire cambodgien qui aurait perdu son téléphone alors qu’il posait des mines dans une zone frontalière avec la Thaïlande. L’appareil contenait de nombreuses photos et vidéos montrant des soldats cambodgiens en train de poser des mines.
Après les condamnations des deux journalistes, on peut se demander ce qui est arrivé au militaire cambodgien qui a perdu son téléphone qui contenait de nombreuses photos et vidéos de soldats cambodgiens posant des mines.
L’appareil avait été trouvé le 19 août 2025 par des démineurs thaïlandais dans une zone frontalière où de récentes mines venaient d’être posées.
Voir : Mines : la Thaïlande accuse, le Cambodge dénie, les preuves accablent
Suite à la découverte de ces preuves, la Thaïlande a accusé le Cambodge de violer la convention d’Ottawa.
Elle a appelé le Cambodge à cesser immédiatement toutes les activités de pose de mines terrestres, à autoriser des inspections conjointes de la zone et à fournir des informations précises à la communauté internationale.
Voir : Mines : la Thaïlande dévoile de nouvelles preuves accablantes contre le Cambodge
La Thaïlande a également demandé aux gouvernements étrangers et aux ONG internationales de cesser toute aide au déminage au Cambodge.
Voir : La Thaïlande exige la fin de l’aide internationale au Cambodge pour le déminage
Voir aussi :
Cambodge : échappés des centres d’escroquerie, des survivants décrivent l’enfer
Conflit Thaïlande-Cambodge : nouvel incident inquiétant à la frontière
Le Cambodge sacrifie un proche du pouvoir accusé de cyberescroqueries
Source : Khaosod English
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