Le baht thaïlandais a atteint son plus haut niveau en cinq semaines le lundi 15 mai après que les partis liberaux soient sortis vainqueurs des élections générales.
Le baht a augmenté de 0,9 % lundi matin pour atteindre 33,70 contre le billet vert, pour la première fois depuis le 5 avril, après que les partis d’opposition Move Forward Pary (MFP) et Pheu Thai ont remporté la majorité des sièges, ouvrant la voie à une coalition pour arracher le pouvoir à l’armée.
Les partis associés à l’armée ont reçu beaucoup moins de soutien, les partis United Thai Nation et Palang Pracharath recevant respectivement environ 10 % et 12 % des voix.
Cependant, les règles du Parlement ayant été rédigées par les militaires, aucune coalition n’est encore certaine en Thaïlande.
Quoi qu’il en soit, l’appel au changement a été massif et a fait grimper la valeur du baht ce matin.
Le baht pourrait bénéficier d’un nouvel élan alors que les données publiées lundi révèlent que l’économie thaïlandaise s’est développée à un rythme plus rapide au premier trimestre.
Selon Bloomberg, le produit intérieur brut de la Thaïlande a augmenté de 2,3 % par rapport à l’année précédente.
Cours du baht ce mardi 16 mai

1 dollar US en bahts le 16 mai 2023

1 euro en bahts le mardi 16 mai
Risque de coup d’état
Toutefois, le résultat d’hier présente un risque important pour l’économie thaïlandaise s’il est suivi d’un coup d’État militaire.
Bien que le chef de l’armée thaïlandaise ait promis que cela n’arriverait pas, une intervention militaire dans un avenir proche ne peut être exclue, compte tenu de l’histoire de la Thaïlande, marquée par les coups d’État.
Après tout, la constitution soutenue par les militaires donne à ces derniers le rôle de sélectionner les 250 membres du Sénat, qui votent en même temps que le Parlement élu de 500 sièges.
Compte tenu de l’histoire politique de la Thaïlande, il est à craindre que les politiques du MFP visant à réformer les principales institutions du pays, bien que populaires auprès des électeurs, ne conduisent à des problèmes majeurs.
Source : The Thaiger
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1 commentaire
Le résultat des urnes étant ce qu’il est au lendemain de ces élections, il est clair que la population a délivré un message politique clair aux partis de droite, à l’Armée et aux classes de la haute bourgeoisie proches de la Monarchie :
« laissez les partis politiques élus par le peuple gouverner le pays et que l’Armée reste dans ses casernes et assure, comme toute armée doit le faire, la sécurité des frontières du pays sans se mêler de la politique intérieure du pays qui n’est pas de son ressort ».
S’il faut craindre à nouveau des manoeuvres de la part des hauts gradés de l’Armée pour faire échouer une coalition civile des partis démocratiques en vue d’élire constitutionnellement un Premier Ministre issu du parti « Move Forward », majoritaire lors de ces élections, il faut encore plus craindre la réaction du peuple si l’Armée, grande vaincue de ces élections, venait à avoir la mauvaise idée de reprendre le pouvoir par la force, de manière anti-démocratique par un « xème » coup d’Etat, l’instauration d’un couvre-feu et le retour de la loi martiale d’ici quelques semaines ou quelques mois…
Il s’agirait ni plus ni moins de la négation complète de la légalité de ces élections et de la volonté exprimée du peuple thaïlandais de rejeter le pouvoir politique exercé depuis 2018 par un gouvernement de droite composé par une majorité de militaires, d’ex-militaires et de parlementaires issus de la haute bourgeoisie royaliste, après 4 ans de dictature entre 2014 et 2018 !!!
Dans cette hypothèse de scénario catastrophe, il est probable que nous assisterions à une période de grande instabilité politique, voir à une possibilité de révolte populaire, de manifestations violentes et de ce qui pourrait ressembler dans le pire des cas à une révolution populaire et une guerre civile…
Espérons que l’on n’en arrivera pas là et que les militaires sauront raison garder !
Mais que ne ferait donc pas un homme de pouvoir pour le garder ? L’Histoire, avec un grand « H » a souvent donné raison à ceux qui ne respectent pas la volonté d’un peuple qu’ils sont censés servir…
Et en dehors de tout contexte particulier à la Thaïlande, je citerais Léo Ferré qui disait entre autres choses : » …Et rappelez-vous ceci, dans tous les cas, et depuis toujours : le pouvoir… c’est de la me… !!!