Les risques politiques croissants en Thaïlande incitent les investisseurs étrangers à rester prudents à l’égard des obligations du pays.
Les fonds mondiaux ont acheté pour 511 millions de dollars d’obligations thaïlandaises le mois dernier.
Ce montant est dérisoire par rapport à leurs achats en Indonésie, en Inde et en Corée du Sud, pays asiatiques qui fournissent des données actualisées sur les flux de capitaux étrangers.
Une jauge du positionnement étranger par rapport à la tendance historique montre également que la Thaïlande est en queue de peloton régional.
L’escalade des tensions entre la Banque de Thaïlande et le gouvernement accroît le risque sur les marchés locaux.
Voir : La Thaïlande souhaite une accélération de l’inflation
Une affaire juridique qui menace la position du Premier ministre Srettha Thavisin et les inquiétudes concernant les emprunts importants du gouvernement ont déjà jeté une ombre sur les obligations thaïlandaises et le baht.
Voir : Thaïlande : le Premier ministre pourrait être destitué
Poon Panichpibool, stratège à la banque Krungthai, a déclaré :
« Cette incertitude politique à court terme ajoute une certaine volatilité au marché, ce qui pourrait empêcher les investisseurs étrangers d’acheter davantage d’actifs thaïlandais, même si certaines actions et obligations sont déjà à des niveaux très attractifs ».
Les paris renouvelés sur les réductions des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine cette année, à la suite de données économiques américaines plus faibles que prévu, ont entraîné une hausse des obligations et des devises des pays émergents d’Asie en mai.
Cependant, les obligations thaïlandaises ont peu profité de la reprise mondiale, le rendement de référence ayant augmenté de six points de base au cours du mois.
Il se situe actuellement à environ 2,82 %, près de son niveau le plus élevé de l’année.
Le positionnement étranger sur les billets en baht reste faible en raison des sorties de capitaux au cours de l’année écoulée, et se situe à 1,1 écart-type en dessous de la moyenne sur cinq ans.
Voir : Les fondamentaux du baht thaïlandais se sont détériorés
Les indicateurs pour l’Indonésie, l’Inde et la Corée du Sud sont plus élevés, ce qui indique un positionnement étranger plus important dans leurs obligations nationales.
Des tensions politiques se font jour en Thaïlande

Le Premier ministre thaïlandais Srettha Thavisin lors de sa rencontre avec le président français Emmanuel Macron, le jeudi 16 mai à Paris. Photo : The Nation Thailand
La Cour constitutionnelle a accepté en mai une requête d’un groupe de sénateurs demandant la destitution de M. Srettha pour des raisons éthiques, pour avoir nommé un ministre ayant un casier judiciaire, même si ce dernier a démissionné par la suite.
Une affaire de diffamation royale contre l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, en liberté conditionnelle et leader de facto du parti Pheu Thai au pouvoir, suscite également une certaine nervosité.
Par ailleurs, le gouvernement étudie les moyens d’exercer un contrôle accru sur la banque centrale, selon des personnes au fait du dossier, ce qui alimente les inquiétudes quant à l’indépendance de l’autorité monétaire.
Les inquiétudes concernant l’offre de dette réduisent encore l’attrait des obligations thaïlandaises, l’économie ayant besoin d’un coup de pouce après avoir connu le rythme de croissance le plus lent de l’Asie du Sud-Est au cours du premier trimestre.
Voir : L’économie de la Thaïlande est loin derrière les autres pays d’Asie du Sud-Est
Le gouvernement a annoncé fin mai qu’il viserait un déficit budgétaire plus important cette année et une dette publique plus élevée pour financer sa distribution de 500 milliards de bahts d’argent par le biais du portefeuille numérique au quatrième trimestre.
La banque d’investissement américaine Goldman Sachs continue d’être baissière à la fois pour les taux et les devises thaïlandais, car elle voit un déficit budgétaire plus important augmenter les besoins de financement cette année et la suivante, ont écrit les stratèges dans une note la semaine dernière.
La banque s’attend également à ce que l’important différentiel de taux entre la Thaïlande et les États-Unis et les problèmes structurels de l’économie pèsent sur le baht.
Source : Bangkok Post
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1 commentaire
Le journaliste ajoute du blanc au noir de l’économie thaïlandaise.
Il ne faut pas se leurrer, il n’y a personne au gouvernement.
Aucun projet faisable pour l’économie thaïlandaise.
Les ministres pourront avoir sur leur carte de visite : ministre…
Il ne faut pas chercher au-delà.