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Thaïlande : augmentation inquiétante des niveaux d’arsenic dans le Mékong

1 commentaire 4 minutes à lire
Fleuve Mékong entre le Laos et la Thaïlande

Les niveaux d’arsenic augmentent dans le Mékong en Thaïlande, suscitant des inquiétudes sur une pollution liée aux activités minières en amont.

Des associations de la société civile ont alerté sur le fait que des métaux lourds, en particulier l’arsenic, s’accumulent progressivement dans certaines sections du Mékong, dans le nord-est de la Thaïlande.

Elles ont exhorté les autorités à renforcer la surveillance et à s’attaquer à la pollution transfrontalière présumée liée à l’exploitation minière en amont, principalement en Birmanie.

Voir : La ruée chinoise sur les terres rares en Birmanie empoisonne la Thaïlande

Ces préoccupations ont été soulevées lors d’une réunion annuelle des réseaux locaux organisée fin mars 2026 dans la province de Loei pour protéger le Mékong.

Une contamination progressive qui inquiète

Montree Chantawong, coordinateur du groupe Mekong Butterfly, a déclaré :

« Les études préliminaires menées par des organisations de la société civile suggèrent un risque croissant de contamination due aux activités minières dans les pays voisins situés le long du bassin supérieur du Mékong.

La présence d’arsenic indique que le Mékong accumule lentement des métaux lourds sur toute sa longueur.

Les communautés vivant le long du fleuve pourraient subir des impacts inévitables sur la santé et l’environnement à long terme si la surveillance et les mesures préventives ne sont pas renforcées. »

Des niveaux d’arsenic en augmentation détectés dans le Mékong

Selon le Département de contrôle de la pollution (PCD), la surveillance de l’arsenic dans le Mékong a débuté en 2022, sans qu’aucune trace n’ait été détectée au départ.

La première détection a été signalée en août 2024, à peu près à la même période où une contamination à l’arsenic a été identifiée dans la rivière Kok, dans le nord de la Thaïlande.

Des analyses de laboratoire menées par la suite par le département ont révélé des niveaux d’arsenic dépassant la limite de sécurité de 0,01 milligramme par litre à certains endroits de la province de Bueng Kan, ce qui a conduit à une surveillance accrue des sources potentielles en amont.

Voir : Thaïlande : niveaux élevés d’arsenic détectés dans le Mékong et ses affluents

Des analyses encore sous les seuils, mais une tendance préoccupante

L’année dernière, des réseaux de la société civile ont effectué des prélèvements préliminaires à huit endroits dans les provinces de Bueng Kan, Nakhon Phanom, Mukdahan, Amnat Charoen et Ubon Ratchathani.

Les résultats ont montré de faibles concentrations d’arsenic qui s’approchaient du seuil de sécurité, mais restaient généralement en dessous.

Selon les militants, ces résultats suggèrent un phénomène plus général d’accumulation progressive plutôt qu’une contamination isolée.

Des appels à renforcer la surveillance et les contrôles

M. Montree a appelé le PCD à augmenter la fréquence des contrôles, passant de trimestriels à mensuels, avertissant qu’une surveillance trop espacée pourrait ne pas permettre de détecter les nouvelles tendances en matière de pollution.

Il a également exhorté les autorités à étendre les dépistages médicaux aux communautés riveraines et à améliorer la transparence dans la communication des données de contamination.

L’exploitation minière en amont pointée du doigt

Les défenseurs de l’environnement affirment que l’exploitation minière mal réglementée dans les pays voisins, en particulier dans certaines régions de Birmanie et du Laos, est apparue comme une source potentielle de pollution transfrontalière.

Les données compilées par le Stimson Centre indiquent l’existence de milliers de sites miniers à travers l’Asie du Sud-Est.

Des centaines d’entre eux se situent dans le bassin du Mékong.

Certains ont été associés par des chercheurs et des groupes de la société civile à des problèmes de sédiments et de qualité de l’eau en aval.

Suabsakun Klanukorn, maître de conférences à la School of Social Innovation de l’université Mae Fah Luang, a déclaré :

« L’expansion des activités minières est motivée par la demande croissante de minerais et les investissements étrangers, combinés à une surveillance environnementale inégale dans les zones frontalières. »

La Thaïlande appelée à agir sur les chaînes d’approvisionnement

Il a ajouté que la Thaïlande pourrait également jouer un rôle dans la réduction des risques.

Cela passerait par un renforcement de la surveillance des importations de minerais mais aussi par une meilleure traçabilité de la chaîne d’approvisionnement.

L’objectif serait de décourager l’utilisation de matériaux liés à des opérations nuisibles à l’environnement.

Voir aussi :

Thaïlande : l’impact dévastateur de l’arsenic qui pollue les rivières du nord

Empoisonnement des rivières à l’arsenic : la Thaïlande mise sur des filets filtrants

Nord Thaïlande : les enfants empoisonnés à l’arsenic par les mines birmanes


Source : Bangkok Post

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1 commentaire

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HANSSON 31 mars, 2026 - 21 h 22 min

Preuve (s’il en fallait encore une supplémentaire) que depuis les premières alertes et analyses en 2024, rien n’a été fait côté birman pour résoudre le problème et s’attaquer aux entreprises d’exploitation mafieuses chinoises de ces terres rares sur son territoire national…

Il est vrai que du côté des exploitants, ce doit être la dernière de leurs préoccupations, d’autant plus que je suppose que les autorités birmanes au plus haut niveau sont largement « arrosées », financièrement parlant…

La boucle est bouclée et pour le reste, les populations en aval du Mékong et des rivières polluées ????

Bof… peuvent cr…r, rien à foutre !!!

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