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Le côté obscur de la crise de la drogue en Thaïlande

Publié : Dernière mise à jour le 2 commentaires 6 minutes à lire
Le côté obscure de la crise de la drogue en Thaïlande

Deux sombres histoires de toxicomanie ont récemment fait la une des médias et choqué les Thaïlandais, incitant le gouvernement à réagir.

Dans la province de Buriram, au nord-est de la Thaïlande, une mère de 64 ans a pris une mesure extraordinaire qui a choqué la nation : elle a construit une cellule de prison dans sa maison pour y enfermer son fils toxicomane.

À près de 350 kilomètres de là, un petit garçon de la province d’Udon Thani a été retrouvé errant seul sur une autoroute, tentant de rejoindre la maison de sa grand-mère pour échapper à la vie avec sa mère toxicomane.

Ces deux histoires, survenues la même semaine, sont devenues de puissants symboles de l’aggravation de la crise de la drogue en Thaïlande.

Un défi que le gouvernement de la Première ministre Paetongtarn Shinawatra a désormais placé au premier rang de ses priorités nationales.

Il faut rappeler que son père, Thaksin Shinawatra, outre le massacre de Tak Bai, est aussi à l’origine d’une campagne meurtrière contre la drogue.

D’après l’organisation Amnesty International, au moins 2 500 personnes ont été tuées entre février et mai 2003 dans le cadre de la campagne lancée par le Premier ministre de l’époque, Thaksin Shinawatra, pour lutter contre le trafic de stupéfiants.

Les conclusions d’une commission spéciale créée par le gouvernement militaire en 2007, rendues publiques en 2008, ont montré que parmi ces victimes, plus de mille personnes n’avaient que peu, voire pas, de lien avec le trafic de stupéfiants.

En dépit des conclusions et des preuves montrant que de hauts responsables avaient donné comme instruction de recourir à des méthodes brutales pour mener cette campagne, pas un seul responsable du gouvernement ou de la police n’a eu à répondre des homicides perpétrés en 2003.

Comme pour le massacre de Tak Bai…

L’une des drogues les plus consommées dans le pays est le ya ba, une méthamphétamine mélangée à de la caféine.

Voir : Vies détruites, prisons surpeuplées : le coût caché du ya ba, la méthamphétamine en Thaïlande

Elle construit une prison pour son fils toxicomane

Le côté obscure de la crise de la drogue en Thaïlande

La femme de 64 ans (à gauche) montre aux autorités la cellule grillagée qu’elle a construite à l’intérieur de sa maison dans le district de Nang Rong dans la province de Buriram, le 6 novembre 2024.

« Pendant vingt ans, j’ai vécu dans une peur constante », a déclaré une mère de la province de Buriram, qui a engagé des entrepreneurs pour construire une cellule grillagée à l’extérieur de sa cuisine après la dernière libération de son fils de 42 ans.

Cette mesure désespérée, a été prise après des décennies passées à voir son fils passer par la toxicomanie, la réadaptation et la rechute, son comportement devenant de plus en plus agressif et imprévisible.

Bien sûr, cette mesure est illégale et constitue une violation des droits de l’homme, comme l’expliqueront plus tard les autorités.

Cette affaire a attiré l’attention du ministre de la Justice, le colonel Thawee Sodsong, qui a convoqué la première réunion du Comité national de prévention, de contrôle et de résolution des problèmes liés à la drogue 2024 le 7 novembre.

« Il s’agit d’un problème qui mérite une enquête conjointe », a déclaré M. Sodsong, soulignant que les solutions doivent aller au-delà de la simple répression des trafiquants.

Les autorités ont déjà commencé à intervenir.

Le fils de Buriram sera évalué à l’hôpital Thanyarak de Khon Kaen en vue d’un éventuel traitement de santé mentale.

Si un tel traitement est nécessaire, il pourrait prendre plus d’un an.

Un petit garçon tente d’échapper à la vie avec sa mère toxicomane

Le côté obscure de la crise de la drogue en Thaïlande

Un adolescent a récupéré un garçon de trois ans et demi marchant seul sur une route entre Udon Thani et Nong Bua Lam Phu, l’incitant à alerter la police pour obtenir de l’aide, le 5 novembre 2024.

Pendant ce temps, dans la province d’Udon Thani, un autre visage de la dépendance est apparu lorsque de bons samaritains ont découvert un garçon de trois ans et demi qui marchait seul sur une route de contournement entre Udon Thani et Nong Bua Lam Phu.

L’enfant voulait se rendre chez sa grand-mère, à 15 kilomètres de là.

Ils ont alerté la police.

La police a rendu l’enfant sain et sauf à sa mère qui l’a emmené chez sa grand-mère, mais cette dernière et les voisins se sont montrés très inquiets pour son bien-être.

La mère de l’enfant serait toxicomane et négligerait souvent son fils, le forçant à souffrir de la faim et à mendier de la nourriture auprès des voisins et des temples.

Les voisins et les membres de la famille s’inquiètent du bien-être de l’enfant et espèrent que les autorités interviendront et organiseront un traitement pour la mère.

Lorsque les journalistes ont interrogé la mère sur la consommation de drogues, elle a admis en avoir pris, mais a affirmé qu’elle n’était pas dépendante et qu’elle n’en prenait que « tous les trois ou quatre jours », lorsqu’elle avait de l’argent.

Elle a souligné qu’elle aimait son fils et qu’elle voulait l’élever pour qu’il s’engage dans l’armée comme elle.

Cette affaire place les autorités qui veulent la résoudre devant une tâche tout aussi difficile.

La question est de savoir si le garçon continuera à fuguer à l’avenir et s’il grandira en sécurité dans son environnement actuel.

La toxicomanie ravage les familles en Thaïlande

Le côté obscure de la crise de la drogue en Thaïlande

Une mère avoue à la police qu’elle a commandité le meurtre de son fils toxicomane en novembre 2023. Photo : Amarin TV.

Ces crises parallèles mettent en lumière la réalité complexe à laquelle sont confrontés les efforts de lutte contre la drogue en Thaïlande.

La toxicomanie ne détruit pas seulement les individus, elle ravage les familles sur plusieurs générations.

Elle oblige les parents, les enfants et les communautés à faire des choix impossibles dans leur quête de sécurité et de guérison.

En novembre 2023, une mère avait avoué avoir engagé un homme armé pour assassiner son fils toxicomane, dans le nord-est de la Thaïlande.

Elle en était arrivée à cette terrible solution, car son fils venait l’agresser à chaque fois qu’il avait besoin d’argent pour acheter de la drogue.

Cela l’avait forcé à déménager à plusieurs reprises, mais son fils la retrouvait toujours, faisant de sa vie un véritable enfer.

Voir : Une mère avoue avoir commandité le meurtre de son fils toxicomane en Thaïlande

Alors que la Thaïlande est aux prises avec cette crise, les luttes de ces familles nous rappellent brutalement que derrière chaque statistique de l’épidémie de drogue du pays se cache une histoire profondément humaine de désespoir, d’amour et de la longue ombre de la dépendance.

Voir aussi :

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Source : Khaosod English

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2 commentaires

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Gaspard 9 novembre, 2024 - 17 h 19 min

Comme en Europe, la drogue crée des ravages.

Il faut que les dealers soient condamnés comme en Chine et que les consommateurs soient lourdement punis.

Le coût social se chiffre en milliards d’euros et les tragédies familiales sont indescriptibles.

Réponse
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VU Son 9 novembre, 2024 - 18 h 01 min

La drogue est le cancer de la société !

Vous ne réagiriez pas dans la tolérance si un cher de votre famille en était impliqué.

Il faut bien classer le cannabis dans la liste de produits interdits, illicites !

Votre karma, bon ou mauvais, vous appartient, à vous de faire le bon choix.

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