Les professionnels du tourisme thaïlandais dénoncent la multiplication des nouvelles taxes visant les voyageurs thaïlandais et étrangers.
Ils jugent ces mesures injustifiées et mal expliquées dans le contexte économique actuel.
Entre la hausse des frais aéroportuaires, le retour envisagé d’une taxe de départ pour les Thaïlandais et la future taxe touristique de 300 bahts pour les étrangers, le secteur réclame davantage de transparence sur l’utilisation des recettes.
Une hausse des taxes qui inquiète le secteur touristique

Des voyageurs s’enregistrent à l’aéroport de Suvarnabhumi. Photo : Varuth Hirunyatheb/Bangkok Post
La colère monte parmi les opérateurs touristiques thaïlandais face aux différents projets de taxes et de hausses de frais actuellement étudiés ou confirmés par les autorités.
La principale mesure concerne l’augmentation des frais de service aux passagers internationaux décidée par Airports of Thailand (AoT).
À partir du 20 juin 2026, la taxe incluse dans les billets internationaux passera de 730 à 1 120 bahts dans les six grands aéroports gérés par AoT.
Voir : Voyager depuis la Thaïlande coûtera plus cher dès le 20 juin 2026
Cette hausse de plus de 50 % suscite déjà de vives critiques au sein du secteur touristique et aérien.
Parallèlement, le ministère thaïlandais des Finances étudie également la possibilité de réintroduire une taxe de départ de 1 000 bahts (26,36 eurros) pour les voyageurs thaïlandais se rendant à l’étranger.
Voir : La Thaïlande envisage une nouvelle taxe de sortie de 1 000 bahts
De son côté, la fameuse taxe touristique de 300 bahts (environ 8 euros) destinée aux visiteurs étrangers reste toujours en attente d’approbation par le Conseil des ministres après plusieurs reports.
Voir : Thaïlande : bientôt 8€ de taxe touristique et séjour sans visa réduit à 30 jours ?
Les professionnels réclament plus de transparence

L’hôtel Pimalai Resort and Spa.
Thienprasit Chaiyapatranun, président de l’Association thaïlandaise des hôtels, affirme que les opérateurs ne sont pas opposés au principe de ces taxes à condition que leur utilisation soit clairement expliquée.
Selon lui, les autorités n’ont toujours pas détaillé précisément comment les recettes supplémentaires seraient utilisées pour améliorer le tourisme thaïlandais.
Il estime notamment que ni la future taxe touristique de 300 bahts, ni le retour envisagé de la taxe de départ pour les Thaïlandais, ne s’accompagnent actuellement d’un véritable plan d’investissement public clairement présenté.
Le dirigeant critique également Airports of Thailand, qu’il considère comme opérant dans une situation de quasi-monopole, sans avoir fourni d’explications détaillées pour justifier une telle augmentation des frais passagers.
D’après certaines informations relayées dans les médias, une partie des revenus supplémentaires servirait à financer des projets d’infrastructures aéroportuaires.
Mais pour Thienprasit Chaiyapatranun, ces investissements devraient normalement être financés par d’autres sources, d’autant plus que l’entreprise publique continue d’afficher d’importants bénéfices.
AoT continue d’enregistrer des bénéfices importants

Un avion de la compagnie Thai Airways décolle de l’aéroport international de Suvarnabhumi.
Airports of Thailand a enregistré environ 18 milliards de bahts de bénéfices pour l’exercice 2025.
L’entreprise a également dégagé près de 4,6 milliards de bahts de bénéfices au premier trimestre de l’exercice 2026, couvrant la période d’octobre à décembre 2025.
Ces résultats financiers renforcent les critiques de certains acteurs du tourisme qui estiment que l’augmentation des frais passagers n’était pas nécessaire dans l’immédiat.
Les opérateurs touristiques évoquent un mauvais timing

Des voyageurs font la queue à l’aéroport de Suvarnabhumi. Photo : Somchai Poomlard/Bangkok Post
Adith Chairattananon, secrétaire général honoraire de l’Association des agents de voyage thaïlandais (ATTA), a indiqué qu’après discussion avec AoT, il semblait désormais peu probable que l’augmentation prévue en juin soit reportée.
Il estime toutefois que l’entreprise publique devrait davantage considérer son rôle dans la compétitivité globale du tourisme thaïlandais.
Selon lui, les acteurs du secteur devraient pouvoir participer aux décisions concernant l’utilisation des nouvelles recettes générées par ces taxes.
Adith Chairattananon souligne également que ce durcissement intervient dans un contexte international déjà fragile, notamment en raison des tensions et de la crise actuelle au Moyen-Orient qui affectent le tourisme mondial et les coûts du transport aérien.
Voir : La Thaïlande face à une crise majeure du tourisme sur fond de tensions mondiales
Suvarnabhumi appelé à rivaliser avec les grands hubs asiatiques

Aéroport Changi à Singapour. Photo : VacacionesPagodasBlog
Le débat intervient également alors que plusieurs professionnels demandent une amélioration plus ambitieuse des infrastructures aéroportuaires thaïlandaises.
Selon le classement mondial Skytrax, l’aéroport de Suvarnabhumi se situe actuellement à la 36ᵉ place mondiale.
Sur un autre classement, il est en 10ᵉ place :
Thaïlande : l’aéroport Suvarnabhumi classé 10ᵉ meilleur au monde
À titre de comparaison, l’aéroport de Changi à Singapour occupe la première place du classement.
Les professionnels du tourisme estiment que la Thaïlande devrait viser beaucoup plus haut afin de mieux rivaliser avec les grands hubs régionaux comme Singapour, Hong Kong ou Incheon en Corée du Sud.
Adith Chairattananon estime notamment que Suvarnabhumi devrait avoir pour objectif d’intégrer le top 10 mondial dans les trois à cinq prochaines années.
Voir aussi :
- Thaïlande : vers une réduction de la durée des séjours sans visa
- La Thaïlande vise les voyageurs riches avec le tourisme de bien-être
- Thaïlande : carburant cher, inflation, tourisme en baisse… l’économie vacille
Source : Bangkok Post
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