La Thaïlande veut s’imposer comme la plaque tournante du tourisme de bien-être en Asie, en misant sur ses atouts culturels, médicaux et naturels.
Massage thaï, médecine traditionnelle, spas haut de gamme, méditation ou retraites en bord de mer : le royaume entend capter un marché mondial en plein essor depuis la pandémie.
Selon l’Autorité du tourisme en Thaïlande (TAT), le royaume dispose d’un potentiel unique pour séduire les voyageurs en quête de santé, de repos et d’expériences holistiques.
La Thaïlande veut devenir la référence asiatique du bien-être

Centre de bien-être Amanpuri à Phuket. Photo : Amanpuri
Thapanee Kiatphaibool, directrice générale de la TAT, estime que la Thaïlande figure déjà parmi les destinations les mieux préparées au monde dans ce secteur.
Elle met en avant une identité forte autour du bien-être, portée notamment par le massage thaïlandais, les plantes médicinales locales, la diversité des paysages et des standards de service reconnus à l’international.
Pour soutenir cette stratégie, la TAT a récemment mené une étude intitulée « Tourisme de bien-être et opportunités pour la Thaïlande », destinée à aider les professionnels à mieux identifier les clientèles cibles et à développer une offre durable.
Voir aussi : La Thaïlande lance un plan pour renforcer le tourisme de bien-être
Un marché mondial en forte croissance

Exercices de santé dans le centre de bien-être et de réhabilitation The Dawn en Thaïlande. Photo : Luxury Society Asia
Le marché du tourisme de bien-être progresse rapidement depuis la crise du Covid-19.
Le Global Wellness Institute prévoit que ce secteur atteindra 1 351 milliards de dollars d’ici 2028, avec une croissance annuelle moyenne de 10,2 % entre 2023 et 2028.
En 2023, il représentait déjà 830,2 milliards de dollars, soit environ 7,8 % de l’ensemble des voyages touristiques mondiaux.
Des touristes qui dépensent davantage

Centre de bien-être Chiva-Som à Hua Hin. Photo : Chiva-Som
Les voyageurs internationaux axés sur le bien-être dépensent en moyenne 1 668 dollars par séjour, soit 36 % de plus qu’un touriste classique.
Les voyageurs domestiques dépensent, eux, environ 673 dollars par voyage, soit 163 % de plus que la moyenne nationale.
Pour la Thaïlande, ce positionnement représente donc une opportunité importante pour attirer une clientèle à fort pouvoir d’achat.
La Thaïlande classée 24ᵉ mondiale
Dans le classement du Global Wellness Institute portant sur 145 pays, la Thaïlande occupe la 24e place.
Les États-Unis arrivent en tête, devant la Chine, l’Allemagne et le Japon.
Les pays les mieux classés disposent généralement d’infrastructures solides en santé et tourisme, de politiques favorables au secteur et de consommateurs prêts à investir dans leur bien-être.
Six grands profils de voyageurs ciblés

Massage au centre de bien-être Kamalaya à Koh Samui.
La TAT a identifié six catégories majeures de touristes du bien-être :
Groupe 1 : Les personnes soucieuses de leur santé
Elles ont de solides habitudes en matière de santé physique et mentale, font régulièrement de l’exercice, s’intéressent à la nutrition et à une alimentation saine, et privilégient la prévention plutôt que le traitement.
Groupe 2 : Les actifs et la génération Y
Ils souhaitent échapper au stress de la vie urbaine ou du travail et recherchent des expériences qui les aident à se ressourcer.
Groupe 3 : Personnes âgées et retraités
Ils recherchent des soins de santé, une récupération physique et un soutien anti-âge, et recherchent des lieux calmes et des services de remise en forme pour des séjours de longue durée.
Groupe 4 : Ceux qui cherchent à redémarrer leur vie
Ce sont des personnes qui ont récemment traversé une période de stress ou d’épuisement professionnel et qui ont besoin de temps pour se remettre ou se ressourcer, tant physiquement que mentalement.
Groupe 5 : Les adeptes du bien-être à fort pouvoir d’achat
Ils sont prêts à payer pour des services de qualité et exclusifs, accordent plus d’importance au temps et à la santé qu’au prix, et choisissent généralement des destinations certifiées ou réputées.
Groupe 6 : Les voyageurs internationaux
Ils voyagent souvent pour combiner loisirs et soins de santé (Loisirs + Santé) et s’intéressent à la culture locale, aux plantes médicinales, à la médecine traditionnelle thaïlandaise et à l’identité unique du tourisme de bien-être en Thaïlande.
Chaque région thaïlandaise mise sur ses atouts

Séance de massage thaïlandais. Photo : NBT
Les caractéristiques distinctives du tourisme de bien-être en Thaïlande et les activités de bien-être qui intéressent les voyageurs de différents pays peuvent être résumées comme suit :
- Le « Haut Nord » se distingue par la médecine Lanna et les herbes indigènes, les temples et centres de méditation propices à la méditation et au ressourcement mental, une cuisine locale saine aux vertus médicinales, et les bains dans des sources chaudes naturelles.
- Le « Bas Nord » se distingue par ses parcs historiques et ses sites classés au patrimoine mondial, propices à la méditation pour le renouveau mental, la randonnée en pleine conscience ou la méditation en marchant dans les forêts, les rituels de bien-être locaux tels que le Yam Khang, ainsi que les spas aux herbes et les bains de vapeur aux herbes thaïlandaises.
- Le « Haut-Nord-Est » se distingue par ses centres de méditation, ses temples et ses attractions naturelles propices à la méditation, sa cuisine locale saine riche en herbes et légumes indigènes, ainsi que ses fermes de bien-être et son agriculture biologique qui soutiennent le concept « de la ferme à la table ».
- Le « Bas-Nord-Est » est connu pour ses attractions naturelles et ses parcs nationaux propices à la récupération par la thérapie par la nature, ses centres de méditation et ses anciens temples propices à la guérison mentale par la méditation, ainsi que le massage Isan ancestral ou massage Khid Sen.
- Le « Centre-Nord » se distingue par ses centres de méditation et ses anciens temples propices à la méditation, ses promenades dans la nature et ses bains de forêt, ainsi que ses bains de vapeur aux herbes thaïlandaises et ses spas à base de plantes.
- Le « Centre-Sud » est connu pour ses complexes de bien-être haut de gamme ou ses retraites de bien-être, ses sites de tourisme biologique et ses fermes de santé qui soutiennent le concept « de la ferme à la table », ainsi que pour sa cuisine saine à base d’ingrédients locaux.
- Le « Sud » se distingue par ses plages et ses îles abritant des complexes de bien-être de classe mondiale et proposant du yoga en bord de mer, ainsi que par ses sources chaudes et ses eaux minérales naturelles propices à l’hydrothérapie.
- La « Côte sud du golfe » se distingue par ses sites d’agriculture biologique et ses jardins d’herbes aromatiques qui soutiennent le concept « de la ferme à la table », ainsi que par ses expériences de spa naturel.
- La « Côte sud de l’Andaman » se distingue par ses plages et ses îles proposant des complexes de bien-être et des cours de yoga en bord de mer, une cuisine locale saine à base d’herbes, ainsi que des sites d’agriculture biologique et des fermes biologiques.
- La « Région Est » est réputée pour ses plages et ses complexes de bien-être proposant des retraites de bien-être et des cours de yoga en bord de mer, des centres d’herboristerie et de médecine traditionnelle thaïlandaise, des centres de médecine indigène, des fermes de santé biologiques qui prônent le concept « de la ferme à la table », ainsi que des activités de guérison par le son.
- « Bangkok » propose des hôpitaux et des centres de bien-être de classe mondiale proposant des bilans de santé et des thérapies anti-âge, des centres de fitness et de yoga haut de gamme dans des hôtels cinq étoiles, une alimentation saine et des thérapies nutritionnelles telles que des restaurants végétaliens et cétogènes, ainsi que des spas et des centres de massage thaïlandais de haut niveau.
Les activités de bien-être selon les pays

Femme en train de méditer. Photo : Lograstudio
Les caractéristiques distinctives du tourisme de bien-être en Thaïlande et les activités de bien-être qui intéressent les voyageurs de différents pays peuvent être résumées comme suit :
- Les voyageurs allemands préfèrent la méditation, le yoga, les onsen, les sources chaudes et le fitness haut de gamme.
- Le marché britannique privilégie les spas et les spas à base de plantes, ainsi que le massage thaï.
- Les voyageurs français s’intéressent à la thérapie par la vapeur aux herbes, à la sylvothérapie et à l’alimentation biologique.
- Les voyageurs américains préfèrent le yoga, la thérapie par la nature et les centres de bien-être.
- Les voyageurs russes sont attirés par les spas de bien-être et médicaux.
- Les voyageurs chinois préfèrent les onsen, la médecine traditionnelle thaïlandaise et les thérapies anti-âge.
- Le marché japonais privilégie les herbes thaïlandaises, les onsen et les bains dans les sources chaudes, ainsi que la médecine traditionnelle thaïlandaise.
- Les voyageurs des pays scandinaves préfèrent le yoga et la thérapie par la nature.
Il est donc important de développer des produits de bien-être qui répondent véritablement aux besoins des voyageurs pour soutenir les ambitions de la Thaïlande de devenir une plaque tournante du bien-être.
Un nouvel axe stratégique pour le tourisme thaïlandais
Face à une concurrence régionale accrue, la Thaïlande voit dans le tourisme de bien-être un levier majeur pour monter en gamme, augmenter les dépenses par visiteur et diversifier son offre.
Le royaume espère ainsi transformer ses traditions ancestrales et ses infrastructures modernes en moteur de croissance touristique pour les prochaines années.
Voir aussi :
L’économie du bien-être en Thaïlande dépasse les 670 milliards de bahts
La Thaïlande désignée 1ʳᵉ destination mondiale pour les spas et le bien-être
Apprendre à méditer : cours complet de méditation
Source : The Nation Thailand
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7 commentaires
Nettement, c’est un créneau qui ne s’adresse pas aux Thaïlandais (excepté une tranche de revenus supérieurs), puisqu’il faut compter des dépenses se situant à 163 % habituellement consacrées aux loisirs touristiques…
Pour les étrangers, cela reste abordable si on prévoit 36 % de dépenses supplémentaires par rapport à un séjour classique… il faut donc être fan de ce genre de loisirs pour y consacrer un surplus de dépenses de « bien-être ».
Cependant, et à titre de comparaison, d’autres catégories de touristes seront plus attirés par plusieurs parcours « bien-être », successifs parmi les nombreux établissements situés entre les Soi 6 à 13 de Pattaya, ce qui au final ne sera pas forcément moins onéreux, en fonction des qualités individuelles et spécialités proposées par les professionnelles d’un secteur touristique en constante rotation (d’où l’expression « roulez jeunesse »).
D’un côté, dans un cadre verdoyant de montagne appelant à la méditation proche du Nirvana, une expérience de béatitude et un repos complet du corps et de l’esprit en symbiose complète avec la nature, et de l’autre, des propositions de menus spéciaux avec aujourd’hui, en cette période pascale, chez Roberta de Marseille (surnommée la Mama San décapsuleuse) au 36.4 Soi Buakhao : la double raie au beurre de Montcuq (village français, dépt du Rhône), farcie au blanc de poireau, sauce blanche aux petits oignons… bon appétit
Il manque le village de Poil !!
De Montcuq à Poil, il n’y a qu’une raie !!!
Même Khao San rd, va attirer des bien-nantis, mais qui portent des vêtements griffés achetés au Week-end Market, dehors les begpackers et hippies qui n’auront pas la sagesse de se fringuer pour le paraître, et qui dépenseront à qui mieux mieux pour des substances comme le gaz hilarant et autres substances, on est bien loin de la philosophie de Bouddha qui prône l’éveil spirituel.
Encore un délire bureaucratique dont les arcanes du pouvoir local ont coutume.
Commençons par les hôtels de grand luxe.
Dès qu’on sort de Bangkok, il y a l’Aman Phuket et une offre haut de gamme trop limitée.
À Phuket, à part le Rosewood, y a pas grand-chose pour héberger le touriste fortuné.
Rien à Chiang Mai et Pattaya.
À Koh Samui, plus de choix avec le Four Seasons, le W et le Conrad, mais bon certains sont vieillissants et bénéficieraient sûrement d’une rénovation.
Pas suffisant pour faire tourner une économie touristique.
Car la réalité du tourisme thaïlandais, c’est qu’il s’adresse à la classe moyenne, celle qui souffre le plus du prix des avions et du baht.
Or les mesures fortes pour attirer cette touriste ne sont pas prises.
C’est plus facile de faire un PowerPoint détaché de la réalité du marché que de mener une lutte sans merci contre les mafias qui soutiennent le baht artificiellement.
Joli blabla. C’est la rengaine annuelle.
Un beau projet qui ne se concrétisera pas.
Dans le nord, se trouve de la pollution atmosphérique à la haute saison. Quid ???
Faire du yoga en portant un masque, bonne chance.
Que les gouvernements soient moins ambitieux et réalisent leurs buts. Là, ce n’est que du vent.
En tout cas, ce gouvernement ne fait pas grand-chose pour développer le pays.
Ah, j’oubliais, il vise la dernière place du PIB ASEAN!! Dans ce contexte, il est sur la bonne voie.
La Thaïlande est en chute libre en termes de fréquentation et croit pouvoir attirer une clientèle d’élite qui a les moyens de se payer autre chose qu’un séjour balnéaire low cost à Pattaya ou à Hua Hin.
La Thaïlande a tout sacrifié à un tourisme de masse qui a détruit le pays qui ne fait plus rêver.
Même Songkran a été transformé en un énorme défouloir qui n’a rien à voir avec l’esprit initial de cette fête.
Tourisme haut de gamme inexistant ou presque…
Le gouvernement et plus largement la très grosse majorité des Thaïlandais n’ont aucune idée de ce qu’est accueillir une clientèle très aisée…
Ce sentiment de « low cost » commence dès les formalités d’immigration…
À bon entendeur.