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La Thaïlande face à une crise majeure du tourisme sur fond de tensions mondiales

5 commentaires 6 minutes à lire

La Thaïlande fait face à une crise majeure de son tourisme, fragilisé par les tensions mondiales et la hausse des coûts.

Ce que les analystes qualifient de « tempête parfaite » résulte d’une convergence inédite entre l’instabilité internationale, l’explosion du prix des carburants et les fragilités structurelles de l’économie thaïlandaise.

Depuis le déclenchement, le 28 février 2026, de l’« Opération Epic Fury », une offensive militaire conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, les marchés énergétiques mondiaux ont été fortement déstabilisés.

Les répercussions se font déjà sentir, sans attendre la fin du conflit.

Les indicateurs économiques se dégradent rapidement, tandis que le tourisme, pilier de l’économie du pays, montre des signes de ralentissement.

Une dégradation rapide des indicateurs économiques

Un investisseur examine un affichage numérique des cours boursiers

Un investisseur examine un affichage numérique des cours boursiers. Photo : Bangkok Post

Les perspectives de croissance du PIB thaïlandais ont été revues à la baisse, passant de 2,0–2,4 % à seulement 1,5–1,6 %.

Dans le même temps, l’inflation a grimpé entre 2,9 % et 3,0 %, se rapprochant de la limite haute fixée par la Banque de Thaïlande.

Les hypothèses concernant le prix du pétrole ont été fortement révisées, passant de 57,5 à 91 dollars le baril.

L’excédent courant, quant à lui, a été divisé par deux, chutant de 12 à 6 milliards de dollars.

Le baht s’est également déprécié d’environ 4 %, figurant parmi les devises les moins performantes d’Asie sur la période.

Ce mardi 5 mai, 1 euro vaut 38,28 bahts thaïlandais et 1 dollar US vaut 32,77 bahts.

Voir : Cours du baht thaïlandais (THB) : le taux de change du jour face à l’euro

La Banque de Thaïlande face à un dilemme économique

Banque de Thailande

Banque de Thailande. Photo : Money and Banking Online

Dans ce contexte incertain, le Comité de politique monétaire de la Banque de Thaïlande a décidé à l’unanimité (6-0) de maintenir son taux directeur à 1,00 %.

L’institution se retrouve confrontée à une situation de « stagflation modérée » : relever les taux risquerait d’alourdir la dette des ménages, déjà élevée, tandis que les abaisser pourrait accentuer les pressions inflationnistes.

Un choc majeur pour le transport aérien mondial

Avion au-dessus d’une plage avec la mention Cancelled illustrant des vols annulés en Thaïlande

Les annulations de vols se multiplient en Thaïlande. Photo : Air Advisoor

Le secteur aérien a été fortement perturbé par la fermeture du détroit d’Ormuz, entraînant une flambée du prix du kérosène, passé de 60 à 175 dollars le baril, avec des pics dépassant les 200 dollars.

Plus de 46 000 vols ont déjà été annulés dans le monde, et les prévisions évoquent jusqu’à 150 000 annulations d’ici juin.

Plusieurs grandes compagnies internationales, dont Lufthansa, Emirates et Qatar Airways, ont réduit leurs opérations.

Voir : Vols annulés en Thaïlande : la crise des remboursements s’aggrave

Thai Airways a fortement augmenté ses surcharges carburant, les frais en classe économique passant de 55 à 140 dollars par vol, et a annulé 46 vols pour le seul mois de mai.

Le tourisme thaïlandais déjà sous pression

Transats pour touristes sur une plage de Phuket

Transats pour touristes sur une plage de Phuket.

Les premiers signes de ralentissement sont visibles dans les chiffres du premier trimestre 2026.

Les arrivées internationales ont reculé de 2,51 % sur un an, pour atteindre 9,31 millions de visiteurs.

Certaines zones sont particulièrement touchées.

Le marché du Moyen-Orient s’est effondré de 33 %, tandis que les arrivées en provenance d’Europe ont reculé de 4 %.

Face à cette situation, l’Office national du tourisme a revu ses objectifs à la baisse, tablant désormais sur 30 à 34 millions de visiteurs en 2026, contre 36,7 millions initialement.

Un scénario pessimiste évoque même un recul à 28 millions.

Les pertes de recettes pourraient dépasser 150 milliards de bahts.

Le nord de la Thaïlande frappé par une « triple crise »

Une vue prise par drone montre la ville enveloppée dans la pollution atmosphérique, à Chiang Mai

Une vue prise par drone montre la ville enveloppée dans la pollution atmosphérique, à Chiang Mai, en Thaïlande, en mars 2026. Photo : Reuters/Jittrapon Kaicome

La situation est particulièrement préoccupante dans le nord du pays, confronté à une combinaison de facteurs défavorables.

La pollution aux particules fines (PM2,5), les répercussions du conflit au Moyen-Orient et la baisse de la fréquentation touristique pèsent lourdement sur la région.

Pendant le festival de Songkran, période habituellement marquée par une forte affluence, les taux d’occupation hôtelière ont chuté à seulement 50 à 60 %, loin des niveaux proches de 100 % observés les années précédentes.

Une stratégie en cinq volets pour tenter de relancer le tourisme

Campagne de l'Autorité du tourisme de Thaïlande avec Lisa

Campagne de l’Autorité du tourisme de Thaïlande (TAT) avec Lisa. Photo : TAT

Face à cette crise, les autorités thaïlandaises ont lancé un plan articulé autour de plusieurs axes.

1- La stratégie vise d’abord à diversifier les marchés en privilégiant les visiteurs asiatiques de courte distance, avec l’objectif qu’ils représentent 70 % des arrivées.

Des liaisons aériennes directes contournant les hubs du Moyen-Orient sont également envisagées.

2 – Le gouvernement cherche aussi à repositionner l’offre touristique vers le haut de gamme, notamment à travers des campagnes comme « Le bien-être est le nouveau luxe », ciblant une clientèle à fort pouvoir d’achat.

Voir : La Thaïlande vise les voyageurs riches avec le tourisme de bien-être

3 – Le développement du soft power est un autre levier, avec l’implication d’ambassadeurs internationaux, dont Lisa du groupe BLACKPINK, pour promouvoir la marque « Amazing Thailand ».

Voir : La Thaïlande mise sur LISA pour gagner 10 millions de touristes et 3 000 milliards de bahts

4 – Parallèlement, un programme de soutien économique baptisé « Les Thaïlandais aident les Thaïlandais » prévoit des subventions mensuelles via l’application Paotang, ainsi que des prêts d’urgence et des aides aux PME pour un montant total dépassant 650 milliards de bahts.

5 – Enfin, des réformes structurelles sont à l’étude, incluant le report de la taxe d’entrée de 300 bahts pour les touristes, un durcissement des politiques de visas et une possible fusion des ministères du Tourisme et de la Culture.

Voir : Thaïlande : fin de l’exemption de visa de 60 jours et retour à la liste de 57 pays

Un modèle touristique remis en question

Voyageurs dans l'aéroport international de Suvarnabhumi en Thaïlande

Voyageurs dans l’aéroport international de Suvarnabhumi Photo : Bangkok Post

Cette crise met en lumière une fragilité de long terme : la forte dépendance de la Thaïlande à un tourisme de masse à bas coût.

Malgré la baisse attendue du nombre de visiteurs, les autorités maintiennent un objectif de recettes de 2 580 milliards de bahts, misant sur une montée en gamme du secteur.

Dans un contexte mondial instable, la Thaïlande se retrouve ainsi face à un défi majeur : passer d’un modèle basé sur le volume à un modèle centré sur la valeur.

Voir aussi :

Thaïlande : les compagnies aériennes sous pression face à la hausse du carburant

Thaïlande : la guerre au Moyen-Orient fait chuter les réservations d’hôtels

Vol annulé en Thaïlande : jusqu’à 4 500 bahts d’indemnisation, voici vos droits


Source : Pattaya Mail

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5 commentaires

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Oliv 5 mai, 2026 - 10 h 51 min

L’homme intelligent résout les problèmes. Le sage les évitent.

Autant la Thaïlande n’est pas responsable de la guerre irano-USA, autant elle est responsable du reste.

À faire des déclarations dans un sens et agir dans le sens opposé, ce n’est pas constructif. Les dirigeants n’ont qu’à se prendre qu’à eux.

Malheureusement, c’est encore la population qui va trinquer, les gouvernements auront beau faire une nouvelle campagne de publicité, ça ne changera pas la donne.

La Thaïlande n’est pas un pays pour le haut de gamme.

On aura beau leur dire dans toutes les langues, ils ne comprendront jamais.

Ils sont dans la mentalité des années 90.

On ne peut qu’assister au déclin de la Thaïlande (et à d’autres pays).

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HANSSON 5 mai, 2026 - 11 h 21 min

Et oui, et dans les circonstances actuelles et vu l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient qui joue au yo-yo 10 fois en 24h, selon l’humeur de Tonton Donald et la propagande iranienne, il est clair que, mis à part un miracle de « pax vobiscum » généralisé depuis le désert du Sinaï jusqu’à la frontière turque et du canal de Suez jusqu’au Pakistan, le pire est à venir avec des conséquences économico-financières inflationnistes qui vont aller crescendo dans les prochaines semaines et prochains mois.

Si rien ne change et que les tensions politiques et militaires ne vont pas dans le sens d’une désescalade dans les 2 à 3 prochaines semaines, l’été sera chaud, les plages désertes, les avions et notre portefeuille vides !!!

Tout ça, à cause d’un milliardaire mégalomane qui a cru pouvoir rayer un pays de la carte du monde en le bombardant pendant 3 semaines… Misère,

Je voudrais déjà être plus vieux de 6 mois (élections du mid-term présidentiel aux USA), voire de 2 ans (élections d’un nouveau président US), pour ne plus devoir se farcir la même tête à la coiffure peroxydée et au sourire de joker tous les matins aux news des chaînes de télévision…

Sans oublier l’Ukraine, la Russie, Cuba, la Corée du Nord, Taïwan, le Venezuela, la Libye, le Mali, le Soudan, Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot, et notre bon vieux copain inoxydable, Xi Jinping…

Tout bien réfléchi et au vu de la situation mondiale, on est quand même bien en Thaïlande, non ???

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François 5 mai, 2026 - 17 h 42 min

La Thaïlande vit dans le déni de sa propre situation et du contexte mondial…

Politique touristique inadaptée ne favorisant pas les touristes longs séjours avec un bon pouvoir d’achat malgré les crises, mauvais accueil des touristes qui sont toujours suspectés d’être de dangereux délinquants, pollution, haut de gamme absent, arnaques fréquentes…

Bref, la bérézina va continuer pour la Thaïlande, et pour répondre à certains qui pensent tout savoir ici, eh beh non, malheureusement on est plus si bien en Thaïlande et pour de très nombreuses personnes, d’où la forte baisse du tourisme (pas seulement due aux événements mondiaux).

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Oliv 5 mai, 2026 - 21 h 47 min

Ça va être difficile pour le peuple.

Mais je fais confiance aux politiciens de tout poil pour avoir des idées pour leur bien-être.

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HANSSON 6 mai, 2026 - 9 h 01 min

Cher François… Ooooh non !!

Comme disait Jean Gabin… je ne sais pas tout, certainement pas, et je ne m’en targue pas, ni ne fais jamais état d’incertitude en certitude, sauf une seule : celle de mourir un jour !

Et concernant le fait de me sentir bien en Thaïlande de nos jours, bien sûr, tout comme vous, je regrette la Thaïlande des années 90, qui n’est plus celle d’aujourd’hui… mais quand je vois comment ça se passe ailleurs et comme le dit Oliv, les conditions dans lesquelles certaines populations vivent actuellement, il y a de nombreux pays dans le monde que je n’échangerais pas pour aller y vivre avec ma situation en Thaïlande, même dans des pays en paix…

Mais, tout un chacun est libre de ses choix et si certains regrettent la Thaïlande d’il y a 20 ans et ne s’adaptent pas aujourd’hui au point de s’y sentir en « mal de vivre », libre à eux de se décider pour d’autres lieux, d’autres contrées si les conditions de vie peuvent les satisfaire…

Je connais des ami(e)s qui, après des années de vie à Pattaya, Phuket, Chiang Rai ou Hua Hin, ont fait ce choix lors de la crise du covid, qui ont tout quitté en Thaïlande pour aller s’installer au Cambodge, au Vietnam, en Corée du Sud et qui sont toujours là-bas, heureux de leur choix, et d’autres qui, déçus, sont revenus.

C’est un choix personnel et même ce choix, certaines populations ne l’ont pas ou ne l’ont plus : la liberté de pouvoir vivre en paix là où ils voudraient vivre et en sont empêchés par des conflits de toutes origines et des régimes de doctrines imposées…

Donc, oui, par rapport à plus de la moitié des 186 pays dans le monde, on est relativement bien en Thaïlande, un des 71 pays qualifiés de « démocratie » en 2025 (vaste sujet !) par l’ONU, regroupant entre 11 et 15 % de la population totale dans le monde….

Et cette statistique diminue d’année en année, malheureusement !

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