La Thaïlande veut accélérer sa transformation économique pour rejoindre le cercle des pays à revenu élevé d’ici 2038.
Les autorités ont dévoilé une stratégie reposant sur quatre moteurs de croissance et plusieurs secteurs jugés prioritaires, de l’intelligence artificielle au tourisme de bien-être.
Une stratégie pour sortir la Thaïlande du piège du revenu intermédiaire

Le Premier ministre Anutin Charnvirakul et le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Ekniti Nitithanprapas, lors d’une réunion du Comité consultatif mixte public-privé (JPPCC), le lundi 22 juin 2026, à la Maison du Gouvernement. Photo : The Nation Thailand
Ces objectifs ont été présentés à l’issue de la première réunion du Comité consultatif mixte public-privé, organisée le lundi 22 juin 2026 et présidée par le Premier ministre Anutin Charnvirakul.
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Ekniti Nitithanprapas, a expliqué que les propositions du secteur privé avaient été intégrées à une stratégie économique articulée autour d’actions à court, moyen et long terme.
Selon lui, cette feuille de route doit permettre à la Thaïlande de sortir durablement du « piège du revenu intermédiaire », dans lequel le pays stagne depuis plusieurs années malgré une économie diversifiée.
À moyen terme, le gouvernement souhaite également faire progresser la Thaïlande parmi les 20 économies les plus compétitives du monde d’ici 2030 et porter son potentiel de croissance au-delà de 3 %, contre une estimation actuelle de 2,7 %.
L’économie thaïlandaise vue comme une équipe de football

Cette illustration symbolise les ambitions économiques de la Thaïlande, qui souhaite accélérer sa croissance, attirer davantage d’investissements et rejoindre le cercle des pays à revenu élevé d’ici 2038.
Pour expliquer cette stratégie, Ekniti Nitithanprapas a comparé l’économie thaïlandaise à une équipe de football, où le gouvernement et les entreprises doivent jouer collectivement plutôt que chacun de leur côté.
La « défense » repose sur le maintien de la stabilité macroéconomique et de la discipline budgétaire afin de renforcer la confiance des investisseurs et de protéger l’économie face aux incertitudes mondiales.
Selon le ministre, la rigueur financière observée ces sept à huit derniers mois a contribué à préserver la solidité de la notation de crédit du pays malgré les turbulences internationales.
Le « milieu de terrain » consiste à renforcer les infrastructures indispensables à la croissance future.
Les priorités concernent notamment :
- la sécurité de l’approvisionnement en électricité
- la gestion des ressources en eau
- le développement des énergies propres
- la transformation numérique
- l’intelligence artificielle
- la modernisation du cadre juridique
- le développement des compétences
L’« attaque », enfin, vise à stimuler les revenus en développant sept secteurs jugés stratégiques :
- l’agriculture et l’alimentation haut de gamme
- les véhicules de nouvelle génération
- l’électronique intelligente liée à l’intelligence artificielle
- les produits pharmaceutiques et les services de santé
- le tourisme de bien-être
- le commerce et la logistique
- l’économie créative
« Notre objectif est de définir un GPS clair afin que chacun partage la même vision : faire entrer la Thaïlande dans le top 20 mondial de la compétitivité d’ici 2030 », a déclaré le ministre.
Il a souligné que cet objectif nécessitait une coopération étroite entre les administrations et le secteur privé afin d’identifier les difficultés et d’y apporter des solutions communes.
Quatre moteurs pour doper la croissance thaïlandaise

Le projet Saraburi Sandbox s’appuie sur les infrastructures industrielles de la province de Saraburi pour développer un modèle de production plus sobre en carbone, intégrant énergies renouvelables, économie circulaire et innovation.
Le gouvernement a également défini quatre grands axes destinés à soutenir la croissance économique.
Moteur 1 – Attirer les industries d’avenir
Le premier consiste à attirer davantage d’industries d’avenir grâce au programme « Thailand Fast Pass » (guichet unique pour les investisseurs), à développer un pôle financier régional, à accélérer la transition vers une économie verte et à moderniser l’industrie automobile.
Cette stratégie s’appuie notamment sur des initiatives comme le projet Saraburi Sandbox, destiné à favoriser la décarbonation de l’industrie et le développement d’une économie plus verte.
Moteur 2 – Consolider les secteurs existants
Le deuxième vise à renforcer les secteurs du tourisme, de la santé, de l’agriculture à forte valeur ajoutée, de l’économie créative, du commerce et de la logistique.
Le gouvernement entend également accélérer la signature de nouveaux accords de libre-échange afin de consolider le rôle de la Thaïlande comme plateforme régionale de production et d’échanges.
Voir : La Thaïlande pousse pour un accord de libre-échange rapide avec l’UE
Moteur 3 – Investir dans le capital humain
Le troisième moteur concerne le développement du capital humain et de l’innovation.
Les autorités prévoient d’améliorer l’enseignement des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM), tout en renforçant le soutien à la recherche et aux start-ups.
Elles veulent également développer les programmes de perfectionnement et de reconversion professionnelle, en particulier dans les domaines liés à l’intelligence artificielle.
Moteur 4 – Moderniser l’administration
Enfin, le quatrième axe prévoit de simplifier les démarches administratives grâce à la numérisation des services publics, à un renforcement de la transparence, à la lutte contre la corruption et à une meilleure gestion des actifs publics.
Les autorités estiment que cette stratégie doit permettre à la Thaïlande de renforcer durablement sa compétitivité et d’atteindre le statut de pays à revenu élevé d’ici 2038.
Voir aussi :
- Crise énergétique : la Thaïlande doit agir plutôt que subir
- La Thaïlande mise sur le tourisme et le numérique pour doper sa croissance
- La Thaïlande résiste aux secousses de l’économie mondiale
Source : Bangkok Post
Liens utiles pour préparer votre voyage en Thaïlande
Souscrire une assurance voyage
Réserver bus, train et bateau en Thaïlande
Gérer son argent en voyage avec Wise
Voyage sur mesure avec Evaneos
Vous pouvez nous suivre sur :
Twitter, LinkedIn, Facebook, Google News
2 commentaires
Tout cela est bien beau sur papier et très ambitieux, mais je me pose la question du financement de tous ces projets et changements tant concernant les entreprises privées, les multinationales, PME et petits indépendants, ainsi que les secteurs étatiques des administrations et de la gestion politique du pays.
Silence total sur le coût de toutes ces réformes !
Et seulement 6 mots (voir moteur 4) pour aborder un des gros problèmes (si pas le problème majeur) qui viendra inévitablement ronger tous ces beaux projets, les uns après les autres… la corruption actuelle qui existe dans tous les secteurs évoqués par le PM Anutin…
Il devrait commencer par là et envisager une refonte complète de la police, de la méthode actuelle de recrutement de ses agents, qui déjà à ce niveau-là constitue une sélection discriminatoire, ainsi que la formation des candidats retenus à la fonction et aux devoirs d’une police intègre et de ses agents…
Quand la Thaïlande aura cette police-là, incorruptible et dévouée au bien-être de ses citoyens, au service de la population et d’une justice, elle-même partisane, politisée et gangrenée et qui devra aussi être « nettoyée » à l’acide chlorhydrique, alors peut-être pourra-t-on espérer un effet boule de neige dans tous les autres secteurs…
Mais si c’est pour dépenser des milliards de baths pour redynamiser tous les vecteurs économiques nationaux et internationaux cités par Anutin, et qu’il veut porter ces vecteurs au sommet d’une économie survitaminée, sans enlever la vermine qui va pourrir le fruit et toute la récolte, ce sera une fois de plus de l’argent gaspillé au détriment d’un mieux-être social, d’une stabilité politique au-delà de la durée d’une législature et de la santé économico-financière de l’État.
Priorité absolue : détruire le ver qui est dans la pomme Thaïlande en utilisant un insecticide radical et définitif… reste à trouver le superman qui va pulvériser le vermifuge !
Le principal frein à ce plan ambitieux reste selon moi la démographie.
À mon humble avis, ils sont déjà en déclin.
Un peu comme l’Occident mais en plus rapide