Les fonctionnaires corrompus sont considérés comme les principaux responsables des activités illégales impliquant des étrangers en Thaïlande.
Selon un sondage national publié par le NIDA Poll Center, 94 % des personnes interrogées considèrent que les investissements étrangers liés à des activités illégales ou au blanchiment d’argent constituent une menace très grave pour le pays.
La corruption au sein de l’administration est également désignée comme le principal facteur permettant à ces pratiques de prospérer.
94 % des personnes interrogées jugent ces activités très dangereuses

Devantures de boutiques affichant des langues étrangères et passants de plusieurs nationalités dans une rue de Pattaya. Photo : Pattaya Mail
Le sondage, intitulé « Étrangers illégaux », a été réalisé du 13 au 15 juillet 2026 auprès de 1 310 personnes âgées de 18 ans et plus dans l’ensemble du pays.
Les résultats montrent une forte inquiétude face aux activités économiques illégales attribuées à certains ressortissants étrangers.
Ainsi, 94,05 % des personnes interrogées considèrent que les investissements étrangers dans des activités illégales ou les entreprises servant au blanchiment d’argent constituent une menace très dangereuse pour la Thaïlande.
Seules 5,42 % les jugent assez dangereuses.
Le recours à des prête-noms thaïlandais pour permettre à des étrangers de posséder des terrains est également perçu comme très dangereux par 82,14 % des répondants.
Par ailleurs, 81,76 % estiment que les montages permettant à des étrangers d’obtenir la nationalité thaïlandaise pour leurs enfants grâce à de faux pères thaïlandais représentent un risque important.
Les entreprises à prête-noms et certaines activités professionnelles dans le viseur

Cette illustration symbolise les investisseurs étrangers qui utilisent des prête-noms thaïlandais pour contourner les restrictions sur la propriété foncière en Thaïlande. Photo : Thai PBS World
Le sondage révèle également une forte préoccupation concernant les entreprises contrôlées de fait par des étrangers grâce à des prête-noms thaïlandais.
Au total, 81,21 % des personnes interrogées considèrent cette pratique comme très dangereuse.
Voir : La Thaïlande étend sa guerre contre les prête-noms au tourisme
Les entreprises dites « zéro dollar », dans lesquelles des investisseurs étrangers contrôlent l’ensemble de la chaîne économique au sein de leur propre communauté et limitent les retombées pour l’économie locale, sont jugées très dangereuses par 81,29 % des répondants.
La présence de communautés étrangères fortement concentrées dans certaines zones du pays suscite également des inquiétudes, 77,48 % des personnes interrogées estimant que ce phénomène représente un danger important.
Voir : La Thaïlande enquête sur des Israéliens naturalisés qui achètent des terres
Le fait que des ressortissants étrangers exercent une activité ne correspondant pas aux conditions de leur permis de travail est considéré comme très dangereux par 72,98 % des répondants.
Par ailleurs, 65,42 % estiment que les étrangers exerçant des professions légalement réservées aux Thaïlandais, comme chauffeur professionnel, guide touristique ou organisateur de circuits, représentent également une menace importante.
Voir : Thaïlande : ces 10 métiers totalement interdits aux étrangers
La corruption des fonctionnaires arrive en tête des causes citées

Photomontage illustrant les soupçons de corruption et d’influence mafieuse dans la province de Phuket.
Interrogés sur les facteurs favorisant les infractions commises par certains ressortissants étrangers, les répondants ont massivement pointé du doigt la corruption.
La corruption ou les fautes professionnelles de fonctionnaires arrivent largement en tête avec 67,10 % des réponses.
Le manque de sévérité des sanctions légales est cité par 59,31 % des personnes interrogées, tandis que 52,21 % évoquent les lacunes de la législation ou certaines politiques gouvernementales pouvant être exploitées.
La corruption de responsables politiques est mentionnée par 50,46 % des répondants.
Près de la moitié des personnes interrogées (48,70 %) estiment également que certains Thaïlandais contribuent au problème en acceptant de servir de prête-noms ou d’intermédiaires en échange d’avantages financiers.
Enfin, 44,35 % considèrent que certaines autorités ferment les yeux sur ces pratiques illégales, tandis que 29,54 % estiment que l’indifférence du public ou le manque de sensibilisation aux infractions impliquant des ressortissants étrangers contribuent également au problème.
Plus d’un tiers des répondants disent n’avoir jamais été confrontés à ces pratiques
Interrogés sur les situations auxquelles ils ont personnellement été confrontés, 35,95 % des répondants déclarent n’avoir jamais observé de comportement illégal impliquant des ressortissants étrangers.
Toutefois, 26,11 % affirment avoir constaté des investissements étrangers dans des entreprises soupçonnées d’activités illégales ou de blanchiment d’argent.
Près de 25,88 % disent avoir observé l’utilisation de prête-noms thaïlandais pour créer ou contrôler des sociétés, tandis que 20,92 % évoquent des montages similaires liés à la propriété foncière.
Environ 18,85 % déclarent avoir constaté une forte concentration de résidents étrangers dans certaines zones du pays.
Par ailleurs, 17,71 % affirment avoir observé des étrangers exerçant des professions réservées aux ressortissants thaïlandais, tandis que 14,35 % disent avoir constaté des activités ne respectant pas les conditions prévues par le permis de travail.
Les entreprises dites « zéro dollar » sont citées par 9,69 % des répondants, tandis que 8,70 % déclarent avoir eu connaissance de montages impliquant de faux pères thaïlandais permettant à des enfants étrangers d’obtenir la nationalité thaïlandaise.
Un contexte marqué par plusieurs affaires récentes

La police thaïlandaise interroge deux suspects arrêtés lors d’une vaste opération contre les prête-noms menée dans les provinces de Phuket, Phang Nga et Krabi le samedi 20 juin 2026. Photo : Bureau des relations publiques de Phuket
Cette enquête intervient alors que les autorités thaïlandaises multiplient les opérations contre les réseaux utilisant des prête-noms thaïlandais pour contourner la législation sur les investissements étrangers.
Voir : La Thaïlande frappe fort contre les prête-noms étrangers : 48 arrestations
Elle survient également dans un contexte de forte médiatisation de l’affaire des bébés chinois enregistrés frauduleusement comme Thaïlandais grâce à de faux liens de filiation.
Dans ce dossier, les enquêteurs soupçonnent l’implication de fonctionnaires, de personnels hospitaliers et d’intermédiaires thaïlandais ayant facilité l’obtention de documents officiels en échange d’avantages financiers.
Voir : Thaïlande : arrestations dans l’affaire des faux pères de bébés chinois
Les forces de l’ordre ont également démantelé ces derniers mois plusieurs entreprises appartenant à des étrangers mais exploitées illégalement par l’intermédiaire de prête-noms thaïlandais dans différentes régions du pays, notamment dans des destinations touristiques populaires.
Les résultats du sondage montrent ainsi qu’une grande partie de la population établit un lien direct entre la corruption et la persistance de ces activités illégales impliquant des ressortissants étrangers en Thaïlande.
Voir aussi :
- La Thaïlande étend sa chasse aux prête-noms étrangers aux restaurants
- La Thaïlande intensifie sa lutte contre les sociétés prête-noms étrangères
- Thaïlande : feu vert à des expulsions plus rapides d’étrangers
Source : Bangkok Post, The Nation Thailand
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1 commentaire
Un sondage réalisé sur un panel de seulement 1 310 personnes pour un pays de 60M+++, on peut honnêtement douter de sa fiabilité…
Néanmoins il montre du « racisme » de la part d’une part importante de la population, bien loin du pays du sourire qu’on essaye de nous vendre.
Autre point : la corruption reste un vrai fléau, mais les Thaïlandais ont presque tous le porte-monnaie ouvert dès qu’il s’agit de prendre l’argent des farangs malhonnêtement. 555, donc ne vous plaignez pas…