La Thaïlande a enregistré un déficit record de sa balance courante de 7,6 milliards de dollars en avril 2026, le plus important jamais observé dans le pays.
Malgré ce résultat préoccupant, la Banque de Thaïlande (BOT) estime que cette détérioration reste temporaire et ne reflète pas une faiblesse structurelle de l’économie.
Elle compte notamment sur le retour des touristes étrangers en haute saison pour contribuer à réduire progressivement le déficit.
Un déficit record alimenté par les importations et l’énergie

Chayawadee Chai-anant, porte-parole de la Banque de Thaïlande, estime que le déficit record de 7,6 milliards de dollars enregistré en avril est temporaire et lié à la hausse des importations et des coûts énergétiques. Les autorités comptent sur le retour des touristes étrangers en haute saison pour améliorer la situation d’ici la fin de l’année.
Mme Chayawadee Chai-anant, sous-gouverneure chargée des relations avec les entreprises et porte-parole de la Banque de Thaïlande, a expliqué que ce déficit historique était principalement lié à une forte hausse des importations.
Les achats de composants électroniques ont fortement progressé ces derniers mois, tandis que la facture énergétique du pays a augmenté sous l’effet des tensions géopolitiques et de la hausse des prix du pétrole.
Voir : Pétrole et produits chinois plongent la Thaïlande dans un déficit record
Selon la responsable, cette situation devrait progressivement s’améliorer au cours de l’année.
« Le déficit de la balance courante dépend fortement de l’évolution du conflit au Moyen-Orient », a-t-elle déclaré.
« Nous prévoyons une amélioration de la situation au cours du second semestre, ce qui devrait contribuer à réduire le déficit. »
La crainte d’un scénario de double déficit
La balance courante mesure les échanges de biens, de services et de revenus entre la Thaïlande et le reste du monde.
Historiquement, le royaume s’est appuyé sur ses exportations et sur le tourisme pour dégager des excédents qui contribuent à soutenir le baht et la stabilité économique.
Face à ce déficit record, certains économistes s’inquiètent de voir apparaître un scénario de « double déficit », dans lequel le pays enregistrerait simultanément un déficit extérieur et un déficit budgétaire.
La Banque de Thaïlande se veut toutefois rassurante.
Elle rappelle que de telles situations se sont déjà produites par le passé, notamment lors des périodes marquées par une forte hausse des prix mondiaux du pétrole.
Selon la banque centrale, le véritable risque apparaîtrait uniquement si ces déficits devenaient durables et révélaient des faiblesses plus profondes, comme une baisse persistante des recettes touristiques, une perte de compétitivité des exportations ou une dépendance excessive aux importations.
Pour l’instant, les autorités considèrent que la dégradation observée reste largement liée à des facteurs temporaires, notamment les coûts énergétiques élevés et les incertitudes économiques mondiales.
Le tourisme au cœur des espoirs de reprise

Des voyageurs étrangers attendent pour passer les formalités d’immigration à l’aéroport Suvarnabhumi. Photo : Somchai Poomlard/Bangkok Post
La confiance affichée par la Banque de Thaïlande repose en partie sur une reprise attendue des arrivées de touristes étrangers à l’approche de la haute saison touristique, traditionnellement observée à partir de la fin de l’année.
Les autorités estiment que l’augmentation des recettes du secteur des services devrait contribuer à réduire progressivement le déficit extérieur au cours du second semestre.
Le tourisme demeure l’une des principales sources de devises du royaume et a souvent permis de compenser les déséquilibres commerciaux lors des périodes difficiles.
Une amélioration des arrivées internationales en fin d’année pourrait ainsi contribuer à renforcer les recettes en devises et à réduire les pressions sur la balance courante.
Des mesures de relance pour soutenir la croissance
La Banque de Thaïlande s’apprête également à revoir ses prévisions économiques pour 2026.
Le Comité de politique monétaire tablait jusqu’à présent sur une croissance du PIB de 1,5 %.
Cependant, les récentes mesures de relance financées par un programme d’emprunt d’urgence de 400 milliards de bahts pourraient ajouter entre 0,5 et 0,7 point de pourcentage à l’expansion économique.
Si ces estimations se confirment, la croissance de l’économie thaïlandaise pourrait atteindre environ 2,1 % cette année.
Une économie toujours dépendante des facteurs extérieurs

Des pétroliers immobilisés à Mascate (Oman) en mars 2026. Les tensions au Moyen-Orient pèsent lourdement sur la facture énergétique thaïlandaise. Photo : Reuters
Les autorités restent optimistes quant à l’effet combiné du tourisme, d’une éventuelle baisse des prix de l’énergie et des mesures de relance budgétaire.
Néanmoins, ce déficit record met en lumière la forte dépendance de l’économie thaïlandaise à des facteurs extérieurs tels que les conflits internationaux, les prix des matières premières ou encore le pouvoir d’achat des visiteurs étrangers.
Autant d’éléments qui continueront d’influencer les perspectives économiques du pays dans les prochains mois.
Voir aussi :
- Tourisme : la Thaïlande fait-elle fausse route avec la fin du visa de 60 jours ?
- La Thaïlande résiste aux secousses de l’économie mondiale
- Thaïlande : chute historique de la confiance des consommateurs
Source : Pattaya Mail
Liens utiles pour préparer votre voyage en Thaïlande
Souscrire une assurance voyage
Réserver bus, train et bateau en Thaïlande
Gérer son argent en voyage avec Wise
Voyage sur mesure avec Evaneos
Vous pouvez nous suivre sur :
Twitter, LinkedIn, Facebook, Google News