Phuket, l’un des joyaux touristiques de la Thaïlande, devait rouvrir ses portes au monde cet été, mais avec la forte augmentation des cas de Covid-19, la situation désespérée de l’île ne devrait pas prendre fin de sitôt.
Le soleil, qui attire habituellement 15 millions de personnes à Phuket chaque année, reste impitoyable en période de récession.
Les rayons blanchissent les panneaux « À louer » sur les villas isolées et brûlent les greens sur les terrains de golf non entretenus.
Ils mettent à nu le vide des rues de Patong, où les conducteurs de tuk-tuk rôdaient autrefois, faisant office de rabatteurs pour des excursions de plongée en apnée, des peep-shows ou des massages thaïlandais.

Il y a seulement quelques semaines, Phuket semblait prête à faire son retour.
Voir : Phuket sera ouverte aux touristes sans quarantaine à partir de juillet
Après une année où pratiquement aucun touriste étranger n’est arrivé en Thaïlande, le gouvernement thaïlandais a décidé que Phuket commencerait à accueillir les visiteurs vaccinés en juillet, sans qu’ils aient à passer par la quarantaine.
Le projet s’appelait « Phuket Sandbox » (ou bac à sable de Phuket).
Mais la Thaïlande est maintenant en proie à la pire épidémie de Covid-19 depuis le début de la pandémie, propagée en partie par des Thaïlandais aisés qui ont fait la fête à Phuket et à Bangkok sans aucune distance sociale.
Voir : Comment les fêtards ont donné naissance à la 3e vague en Thaïlande
Le nombre de cas quotidiens confirmés – bien que faible par rapport aux normes mondiales – est passé de 26 le 1er avril à plus de 2 000 trois semaines plus tard, dans un pays qui comptait environ 4 000 cas au total début décembre.
Pendant des mois, les quarantaines strictes, les bouclages, la vigilance aux frontières et l’utilisation rigoureuse des masques ont permis de tenir le virus à distance, même si l’économie a souffert.
Mais alors que ces deux dernières semaines ont vu le nombre de cas atteindre des sommets quotidiens, le gouvernement thaïlandais réagit lentement.
Début avril, alors que les cas commençaient à se multiplier, le Premier ministre Prayuth Chan-ocha a réagi par un haussement d’épaules verbal.
« Ce qui arrive, arrive », a-t-il dit.
Voir aussi : Les appels à un nouveau verrouillage se multiplient en Thaïlande
Désespérant de ressusciter son secteur touristique, Phuket, qui avait fermé son aéroport lors d’un pic de Covid l’année dernière, a continué à laisser entrer les gens ce printemps sur des vols intérieurs, même si les cas ont atteint des sommets.
Ce n’est que jeudi que les autorités locales ont commencé à exiger des tests de dépistage du Covid-19 pour les personnes arrivant sur l’île.
« Si vous me demandez à quel point je suis optimiste, je ne peux pas le dire », a déclaré Nanthasiri Ronnasiri, le directeur du bureau de Phuket de l’autorité du tourisme.
« La situation change tout le temps ».
Le 18 avril, le ministre thaïlandais du tourisme a reconnu que l’ouverture de Phuket au 1er juillet semblait peu probable, étant donné que le plan dépendait de l’éradication du Covid en Thaïlande.
Voir aussi : L’Autorité du tourisme de Thaïlande assure que Phuket rouvrira bien en juillet
Pour se préparer au plan « Phuket Sandbox », le gouvernement thaïlandais a acheminé sur l’île une grande partie de son nombre limité de vaccins, dans l’espoir d’atteindre une immunité collective d’ici l’été.
À la mi-avril, plus de 20 % des habitants de Phuket avaient été vaccinés.
À l’échelle nationale, seul environ 1 % de la population a reçu les doses nécessaires.

Plage vide de Phuket. Photo : thethaiger.com.
« Je suis très soulagé », a déclaré Suttirak Chaisawat, un employé d’épicerie qui a reçu son vaccin Sinovac ce mois-ci dans une station balnéaire réaménagée pour les inoculations de masse.
« Nous avons tous besoins d’un peu d’espoir pour Phuket ».
Si les vaccinations ont pu donner un peu d’optimisme à M. Suttirak, le tableau actuel reste sombre.
Normalement, à cette époque de l’année, les plages dorées de Patong Beach sont envahies de vacanciers étrangers.
Mais la plage est maintenant presque déserte, à l’exception d’une poignée de résidents faisant la queue pour des tests Covid dans une unité médicale mobile.
Plus haut sur la route, un varan, une créature qui tient plus du crocodile que du lézard, traverse le macadam en titubant, sans que la circulation ne vienne l’empêcher de passer.
Les complexes de condominiums à moitié construits de Phuket sont en train d’être récupérés par la nature, ce qui est toujours une bataille sous les tropiques mais une cause perdue lorsque l’argent des promoteurs se tarit.
Les panneaux d’affichage pour « Maison de vacances de rêve exclusive » sont tachés par la moisissure et la boue de la mousson.
La période du Nouvel An thaïlandais, ce mois-ci, était censée être une répétition générale de la renaissance de Phuket.
Plutôt que d’accueillir des routards étrangers ou des participants à des conférences d’affaires, les hôtels ont essayé d’attirer des touristes thaïlandais haut de gamme qui, s’il n’y avait pas eu la pandémie, auraient pu aller skier à Hokkaido, au Japon, ou faire du shopping à Paris.
Mais au lieu de préparer l’île à redevenir un paradis touristique mondial, le nouvel an thaïlandais a peut-être anéanti les chances de réouverture de l’île en juillet.
Lors des festivals de Patong et d’autres plages ce mois-ci, des milliers de Thaïlandais aisés ont fait la fête, avec moins de masques que de hauts de bikini.
Pour certains membres de la haute société thaïlandaise, la Covid était considérée comme une maladie susceptible d’infecter les vendeurs de légumes ou les éplucheurs de crevettes, et non la jet-set.
Mais ces fêtards ont commencé à être testés positifs, le virus s’est propagé des boîtes de nuit luxueuses de Bangkok à Phuket.
La résurgence du virus après tant de mois de difficultés économiques est bouleversante pour la majorité des habitants de Phuket, qui dépendent des touristes étrangers pour leur subsistance.
Après le déclin des industries de l’étain et du caoutchouc à Phuket, le tourisme s’est développé, passant de quelques bungalows sur la plage de Patong dans les années 1970 à un phénomène mondial, attirant les golfeurs, les clubbers, les yachtmen et les touristes sexuels.
La plupart des hébergements haut de gamme de Phuket sont regroupés près de la ville balnéaire de Bang Tao, une communauté placide à majorité musulmane où les affiches des bars à vin haut de gamme côtoient les panneaux en arabe des écoles islamiques.
La plus grande mosquée de Phuket se trouve à Bang Tao, et cette année, le premier jour du ramadan a coïncidé avec le début des festivités du Nouvel An thaïlandais, un présage de bon augure après une année de difficultés économiques.

Mosquée de Bang Tao à Phuket. Photo : Jamie Monk
La nuit précédant le début du jeûne, les fidèles ont afflué vers la mosquée.
Les femmes ont coupé des crevettes, des fleurs de bananier et des brassées d’herbes pour le festin à venir.
Mais à la dernière minute, les autorités de Phuket ont annulé les prières de masse par crainte de la propagation du virus.
L’Iftar, la rupture du jeûne, a lieu dans les maisons, et non à la mosquée.
Alors que les autorités locales ont retracé les cas de Covid-19 sur l’île jusqu’aux fêtes de plage haut de gamme, les habitants de Bang Tao se sont sentis frustrés.
« Nous voulons accueillir les gens à Phuket, bien sûr, mais quand ils ne se protègent pas et qu’ils apportent la Covid ici, je suis un peu en colère », a déclaré Huda Panan, une institutrice qui vit derrière la mosquée.
Le mari de Mme Huda est chauffeur de taxi, mais il ne travaille plus depuis plus d’un an.
La plupart des membres de la communauté de la mosquée dépendaient du tourisme, travaillant comme concierges, nettoyeurs, paysagistes et guides.
Aujourd’hui, certains habitants vendent du poisson séché et fouillent les collines à la recherche d’un fruit utilisé pour ajouter du piquant à un curry local – tout ce qu’ils peuvent faire pour survivre.
À l’occasion, les temples bouddhistes, les églises et les mosquées de Phuket distribuent des repas à ceux qui ont faim.
Les files d’attente sont longues. La nourriture vient à manquer.
« Nous pouvons attendre un peu plus longtemps que la situation à Phuket s’améliore », dit Mme Huda dans la chaleur de la journée, alors que le jeûne quotidien s’allonge.
« Mais pas beaucoup plus. »
Source : nytimes.com
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2 commentaires
Xième mise au point des autorités thailandaises dans cet article et dans le suivant sur votre page d’accueil de l’information, avec comme credo immuable, la volonté « bornée » des responsables de l’île à vouloir ré-ouvrir l’île aux touristes internationaux comme prévu au 1er juillet !!!
VRAIMENT comme PREVU ?
Certainement pas, car au départ il faudrait pour cela abandonner la quarantaine et autres freins administratifs et financiers qui depuis maintenant un an ont toujours, et dans tous les cas , découragés les touristes à revenir en vacances dans le pays….
Et ce n’est certainement pas maintenant, alors que la 3ème vague (en réalité, la « vraie » première vague en Thailande) continue à se propager dans une majorité de provinces, que les mesures prises voici quelques jours à Phuket vont être levées de sitôt ….
Il reste 64 jours avant le 1er juillet au Gouverneur de Phuket pour tenir sa promesse réitérée à plusieurs reprises en avril d’ouvrir l’île sans quarantaine aux touristes internationaux vaccinés ….
Personnellement, je n’y crois pas et son obstination irrationnelle n’a d »égale que sa volonté de refuser une réalité sanitaire des plus préoccupante.
A l’heure actuelle, sa volonté est qu’une grande partie des maigres réserves de vaccins (même ceux au départ réservés à Bangkok et sa grande périphérie) soient re-dirigées vers Phuket pour permettre coûte que coûte d’atteindre l’immunité globale des habitants de l’île au 1er juillet, quitte à retarder la campagne de vaccination, déjà très lente dans le reste du pays.
Là aussi, j’y crois à peine et même dans le cas , ou les autorités locales pourraient crier victoire et présenter un bilan positif de vaccination avec au minimum 189.000 personnes vaccinées avec 2 DOSES sur les 270.000 résidents dans l’île, je me pose à l’heure d’aujourd’hui, la question essentielle à laquelle personne ne sait, en connaissance de cause, apporter une réponse :
QUI VA VENIR A PHUKET le 1er Juillet, parmi les touristes internationaux des pays habitués à voir leurs ressortissants attirés par les attraits touristiques de la Thailande ???
A défaut de pouvoir répondre , on peut envisager une réponse par la négative et essayer de deviner QUI NE VIENDRA PAS … et là, on peut déjà dresser une liste des pays qui, suite à une nouvelle vague récente de plusieurs variants ont décidé, soit de fermer leurs frontières, soit d’interdire les vols internationaux ou encore les pays dont les citoyens se sont par le passé et encore actuellement prononcés lors de sondages récents contre toutes formes de vacances assorties de conditions de quarantaine, de restrictions de déplacements et de tracasseries administratives ou encore de contrôles sanitaires à répétition et de tracing invasif ….
Et parmi ces pays, se trouvent, comme par hasard, les plus gros « fournisseurs » de touristes attirés par la Thailande : avec , dans l’ordre : la Chine, l’Inde, le Japon, la Russie, l’Europe « Schengen »dans son ensemble, la Russie et l’Australie dans une moindre mesure….
Je vous laisse tirer les conclusions vous-même !
Je ne veux pas être un oiseau de mauvaise augure, mais ré-ouvrir Phuket dans les conditions initiales du plan « bac à sable » au tourisme international, (alors que même le tourisme national intérieur est au plus bas !) ressemble à un scénario de science-fiction…à moins que ce soit un remake du film français « Le dîner de cons »….
Oui, et puis il y a eu un mort ou 2 dû au vaccin récemment, je crois que ça ne va pas donner confiance pour aller se faire inoculer le produit, surtout qu’il ne protège de rien du tout pour le moment, qu’il empêche peut-être les formes graves, mais c’est encore à démontrer, et qu’il ne permet pas de rester sans son masque, sans quarantaine, sans liberté de mouvements, bref, ça sert a rien pour le moment ..
Puis avec les variants qui émergent, on va rentrer dans une folie vaccinale… Ou donc la Thaïlande aura des moyens pour financer des vaccins ici tous les 6 mois et de le faire accepter ???
C’est mort, archi mort..
Fermez vite le pays, confinez dur un petit moment et sauvez les meubles plutôt que de continuer de rêver que le 1er juillet, il y a 10 millions de farangs à phuket…