L’industrie du cannabis en Thaïlande envisage une renaissance sous l’impulsion du nouveau Premier ministre qui a soutenu son essor.
Le nouveau Premier ministre, Anutin Charnvirakul, est l’homme politique qui a été le pionnier de la dépénalisation du cannabis et de ses premiers succès.
Voir : Thaïlande : Anutin Charnvirakul élu 32ᵉ Premier ministre à la majorité des voix
Depuis que M. Anutin a dépénalisé la marijuana en 2022 en tant que ministre de la Santé, faisant de la Thaïlande le premier pays asiatique à le faire, l’industrie a été secouée par une série de revirements politiques.
La réglementation de son usage généralisé s’est avérée difficile en l’absence d’une loi sur le cannabis, ce qui a incité les autorités à envisager de le classer à nouveau comme stupéfiant.
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Un gouvernement fragile mais favorable au cannabis

Anutin Charnvirakul fait la promotion du cannabis lors d’un meeting lorsqu’il était ministre de la Santé publique,
Le groupe de défense Writing Thailand’s Cannabis Future (Écrire l’avenir du cannabis en Thaïlande) a déclaré :
« Avec M. Anutin et son parti Bhumjaithai à la barre, des milliers de propriétaires de dispensaires, de cultivateurs de cannabis et d’autres parties prenantes voient désormais cette menace s’atténuer. »
M. Anutin, un conservateur aux liens royalistes étroits, dirigera un gouvernement minoritaire après avoir obtenu le poste de Premier ministre la semaine dernière avec le soutien du Parti populaire, le plus grand bloc parlementaire.
Il s’est engagé à organiser de nouvelles élections dans les quatre mois et à prendre des mesures pour réécrire la constitution.
Des revirements politiques qui ont fragilisé l’industrie

Un restaurant présente des plats à base de feuilles de cannabis en Thaïlande. Photo : Pornprom Satrabhaya
« L’idée de reclasser le cannabis comme stupéfiant a peu de chances de se concrétiser une fois que le Bhumjaithai sera à la tête du gouvernement », a déclaré Prasitchai Nunual, secrétaire général de Writing Thailand’s Cannabis Future.
« Depuis qu’il est devenu évident qu’Anutin serait Premier ministre, les responsables se sont montrés plus amicaux et ont tenu des propos plus positifs. C’est un changement visible. »
La croissance rapide de l’industrie du cannabis a d’abord été menacée par un gouvernement dirigé par le parti populiste Pheu Thai à la suite des élections générales de 2023.
Le Premier ministre de l’époque, Srettha Thavisin, avait menacé de le reclasser comme stupéfiant, afin de tenir une promesse électorale, avant de faire marche arrière.
Cette année, l’ancienne Première ministre Paetongtarn Shinawatra, qui a été destituée le mois dernier, a pris des mesures pour interdire l’usage récréatif et limiter la consommation à des fins médicales sur prescription médicale.
Voir : Le cannabis en Thaïlande est désormais réservé à 5 usages médicaux
Paetongtarn avait engagé ces actions contre le cannabis après le départ d’Anutin du gouvernement de coalition suite à la divulgation d’une conversation privée avec Hun Sen, président du Sénat cambodgien.
Voir : Une trahison de Hun Sen sème la zizanie en Thaïlande : la coalition éclate
En revanche, le parti Bhumjaithai de M. Anutin a préconisé une solution intermédiaire : maintenir la dépénalisation du cannabis tout en renforçant la réglementation afin de limiter son usage récréatif.
M. Anutin, surnommé le « roi du cannabis » et le « champion du cannabis » par les médias locaux et étrangers, portait même une chemise imprimée de motifs de cannabis lorsqu’il a rencontré les candidats potentiels au poste de ministre samedi, au lendemain de son élection.
Des milliers de dispensaires frappés par la répression en Thaïlande

Des touristes achètent de la marijuana dans un dispensaire de cannabis à Pattaya. Photo : Joshua Resnick
Au cours des mois qui ont précédé l’arrivée au pouvoir de M. Anutin, le gouvernement dirigé par le Pheu Thai a intensifié sa répression contre l’industrie du cannabis en inspectant des milliers de magasins, en fermant des centaines et en suspendant leurs licences.
Voir : Thaïlande : 1 000 magasins de cannabis fermés lors d’une vaste opération
Les autorités ont également renforcé les mesures de surveillance afin de prévenir la contrebande, suite à des informations faisant état d’une augmentation des expéditions illégales vers le Royaume-Uni, l’Inde, le Pakistan, Hong Kong et plusieurs autres destinations.
Voir : Voyages gratuits en Thaïlande : le piège des trafiquants de cannabis
Avec le changement de gouvernement, l’industrie s’attend à ce que les autorités assouplissent leur répression.
Entre espoirs de répit et marché noir florissant

Une personne se prépare à rouler un joint de cannabis.
Rattapon Sanrak, propriétaire du Highland Cafe, un dispensaire situé dans le quartier de Khaosan à Bangkok, très fréquenté par les routards et défenseur de longue date de l’industrie du cannabis, a déclaré :
« Il y aura peut-être moins d’intensité dans la fermeture des magasins ou dans les actions menées à des fins politiques ».
« Le changement concernera probablement davantage le climat d’application de la loi que la loi elle-même. »
Selon M. Rattapon, l’environnement politique imprévisible a rendu la survie des entreprises légales encore plus difficile.
Il a ajouté que l’augmentation des coûts liés à l’amélioration des pratiques agricoles dans la culture du cannabis et l’obligation d’obtenir une ordonnance médicale ont déjà poussé un grand nombre d’acteurs à se tourner vers le marché noir.
Cannabis : un répit fragile avant les prochaines élections

Un ouvrier inspecte les feuilles de cannabis à la ferme Rak Jang, l’une des premières fermes autorisées par le gouvernement thaïlandais à cultiver du cannabis et à vendre des produits à des établissements médicaux, à Nakhon Ratchasima. Photo : Reuters.
Comme le gouvernement de M. Anutin ne restera probablement au pouvoir que quelques mois, il n’est pas réaliste d’espérer une refonte majeure de la politique et l’adoption du projet de loi sur le cannabis, a déclaré M. Prasitchai, de Writing Thailand’s Cannabis Future.
« C’est inquiétant, car si un autre parti avec une politique différente remporte les prochaines élections, l’industrie du cannabis sera à nouveau en plein bouleversement », a déclaré M. Prasitchai.
« C’est pourquoi notre réseau est déterminé à faire pression pour que le projet de loi sur le cannabis soit adopté immédiatement après l’entrée en fonction du nouveau gouvernement après les prochaines élections. »
Voir aussi :
Cannabis, motos, vols : Phuket sous pression pour sauver son tourisme
Thaïlande : les nouvelles règles plongent l’industrie du cannabis dans le chaos
Fin de la récréation : la Thaïlande interdit le cannabis récréatif
Une star de Netflix revient d’un voyage en Thaïlande avec 40 kilos de cannabis
Le cannabis est-il encore légal en Thaïlande en 2025 ?
Source : Bangkok Post
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2 commentaires
Je cite : « M. Anutin (…) dirigera un gouvernement minoritaire après avoir obtenu le poste de Premier Ministre avec le soutien du Parti populaire (…)
Il s’est engagé à organiser de nouvelles élections dans les quatre mois et à prendre des mesures pour réécrire la constitution ». Fin de citation.
Donc, toutes les dispositions qu’Anutin prendra à partir de ce jour ne seront que temporaires, jusqu’à la mise en place d’un nouveau gouvernement après les élections au printemps prochain…
Et en fonction de la composition de ce gouvernement, la législation risque une nouvelle fois de changer…
Les commerçants, producteurs, intermédiaires, grossistes, laboratoires et boutiques de vente au détail vont donc se retrouver comme un canot de sauvetage en pleine tempête au milieu de l’océan, ballotté d’un récif à l’autre sans savoir s’ils vont s’échouer sur une île de sable blanc, cocotiers et source d’eau douce ou sombrer dans une fosse abyssale en 2026 !!!
Aaaah, belle réalité d’une situation économique en plein marasme, d’une instabilité politique chronique et d’un manque de respect et de considération pour les commerçants, petites et moyennes entreprises du secteur de la part des dirigeants politiques et membres d’un gouvernement « intérimaire » qui se fichent bien de l’incertitude qu’ils font planer sur toute une catégorie de thaïlandais(e)s, de la précarité de revenus aléatoires et d’un avenir commercial incertain en 2026, qui sera joué à la roulette au sein du « grand casino » qu’est le Parlement thaïlandais.
Un seul petit espoir pour tous ceux qui vivent jusqu’à présent dans la zone grise du commerce du cannabis, entre légalité et marché noir : c’est que Anutin fasse partie du prochain gouvernement élu et occupe le poste de ministre de la Santé.
C’est loin d’être une certitude !!!
Cannabis en Thaïlande : un faux progrès…
Présenté comme un atout économique, le cannabis banalise en réalité une drogue dangereuse.
Il fragilise les jeunes, accroît les dépendances et multiplie les troubles psychiatriques.
Derrière le discours « médical », il s’agit surtout d’intérêts financiers.
Faire du cannabis un moteur de croissance, c’est affaiblir les générations futures.
La Thaïlande mérite mieux que de confondre fumée et progrès.
Une étude récente publiée dans la revue Heart (et citée par Business Insider) a examiné les données de 24 études regroupant environ 200 millions de personnes.
Elle montre que, chez les usagers de cannabis, le risque d’infarctus est augmenté de 29 %, et celui d’AVC de 20 %, y compris chez des jeunes adultes sans antécédents cardiovasculaires.
Cela concerne aussi bien le cannabis fumé que les autres formes comme les produits comestibles.