Une épidémie de diarrhée se propage à Phuket créant la panique chez les autorités, les résidents de l’île ainsi que les nombreux touristes qui y sont en vacances.
Il y a actuellement des centaines de cas répertoriés chaque jour, des hôpitaux submergés, des écoles fermées en urgence, des cas graves recensés et l’agent pathogène n’a toujours pas été identifié.
Face à la propagation galopante de l’épidémie, un Centre d’Opérations d’Urgence (COU) a été mis en place par le ministère de la Santé publique pour tenter d’apporter une réponse aux nouvelles centaines de cas recensés chaque jour.
Contrairement à ce qu’affirmait encore il y a deux jours Narong Woonsiew, le gouverneur de Phuket, tout laisse à penser que l’épidémie de diarrhée qui sévit sur l’île aujourd’hui est encore loin d’être maîtrisée.
Le journal Thai Rath rapporte que les hôpitaux, publics et privés, de Phuket ont été inondés de patients souffrant de graves diarrhées.
Des cas qualifiés de sévères ont été rapportés.
La majorité des cas provenaient de la ville de Phuket, des districts de Kathu et de Thalang.
L’inspecteur général de la santé, le Dr Kittisak Aksornwong, a confirmé que de nombreuses personnes avaient été admises dans les hôpitaux de ces trois districts.
Opas Karnkawinpong, secrétaire permanent du ministère de la Santé publique, a déclaré que les autorités sanitaires s’étaient emparées de l’affaire et enquêtaient sur la cause de l’épidémie.
Ces autorités supposent que l’épidémie doit initialement provenir d’un virus sans pour autant être en mesure de le certifier formellement.
L’agent pathogène est à l’heure actuelle toujours non identifié.
Le COU a été mis en place pour gérer la situation de crise en étroite collaboration avec les autorités provinciales.
Le Dr Opas qui en fait partie se veut cependant rassurant.
Il rappelle que le taux de mortalité de la diarrhée reste extrêmement faible, mais qu’il est surtout essentiel d’appliquer des règles d’hygiène strictes pour éviter qu’elle ne devienne un véritable problème de santé publique.
Il souligne que la plupart des personnes qui ont cherché à se faire soigner ne présentaient que des symptômes bénins, notamment des crampes d’estomac, des vomissements et une faible fièvre.
La décision de mettre en ordre un Centre d’Opérations d’Urgence a été prise suite à la recrudescence du nombre de patients présentant ces symptômes dans la nuit de jeudi à vendredi.
Le Dr Kittisak a ajouté que plusieurs écoles ont également signalé des cas d’élèves souffrant de diarrhée et de problèmes de santé.
La décision a été prise de fermer plusieurs écoles de Phuket aujourd’hui pour qu’il y soit pratiqué un nettoyage complet.
Les salles de classe, les toilettes et réfectoires ainsi que tout le matériel vont être désinfectés pendant le week-end.
Les élèves ont été invités à apporter leur propre eau potable de chez eux durant toute la saison des pluies pendant laquelle la propagation des virus est plus aisée.
Des fonctionnaires des services de santé ont été dépêchés pour prélever des échantillons d’eau et de glace afin qu’ils soient examinés.
Ils sont aussi allés inspecter la production et le transport de l’eau potable afin de parer à toute contamination.
Un incident similaire s’était produit l’année dernière.
Plus de 700 habitants ainsi que de nombreux touristes dans la province centrale de Chantaburi avaient souffert des mêmes symptômes.
Les autorités sanitaires de la province s’étaient alors vues contraintes de traiter en ces temps à la fois les patients souffrants du COVID-19 et ceux de diarrhée.
Le bureau provincial de la santé publique de la province avait découvert qu’il s’agissait vraisemblablement d’un norovirus.
Le norovirus est une cause fréquente de gastro-entérite dans le monde, synonyme d’inflammation de l’estomac et des intestins.
Les symptômes d’une infection à norovirus comprennent généralement des nausées, des vomissements, des diarrhées, des crampes d’estomac et parfois une légère fièvre.
Ces symptômes apparaissent généralement dans les 12 à 48 heures suivant l’exposition au virus et peuvent durer de un à trois jours.
Les épidémies de diarrhées recensées montrent qu’elles surviennent surtout à la faveur de la saison des pluies et qu’elles ne durent en moyenne que de un à deux mois.
Rien n’indique pour l’instant qu’il s’agisse bien du même pathogène dont il est aujourd’hui question à Phuket.
Face à l’incertitude et n’étant pas en mesure de proposer une médication efficace et appropriée, les autorités sanitaires n’ont dans la situation actuelle pas vraiment d’autres choix que de prendre des mesures d’hygiène.
Le directeur adjoint de l’hôpital administratif provincial de Phuket, Bancha Khakong, a dans ce sens recommandé aux habitants de choisir des ingrédients frais pour faire la cuisine et d’éviter de consommer des aliments cuisinés deux ou quatre heures plus tôt.
Le Dr Kusak soupçonne lui aussi les patients présentant ces symptômes d’avoir ingurgité de la nourriture douteuse d’un point de vue bactériologique.
Il suspecte également la consommation d’eau potable ou de glace susceptible d’avoir été contaminée par le virus Noro ou Rota ou par la bactérie E.coli connus tous les trois pour provoquer des troubles gastriques.
Il suppose que c’est un virus de l’intestin contenu dans les matières fécales, dont le fameux norovirus fait partie, qui a réussi à s’infiltrer dans l’approvisionnement local en eau.
Ce serait selon lui la cause la plus probable concernant le déclenchement de cette épidémie.
Les responsables de la santé publique ont à cet effet prélevé des échantillons de glace dans six grandes usines de production de la province à fin d’analyse.
Plusieurs usines de production d’eau potable et de glace de la province ont également fait l’objet d’investigations poussées.
Pour l’instant, rapporte le COU, aucun virus n’y a été détecté.
Faute de mieux, les organisations administratives locales ont reçu l’ordre d’ajouter du chlore dans le réseau d’eau du robinet.
Sources : Thai PBS World & The Thaiger
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