La Thaïlande pourrait bientôt reconnaître davantage de droits aux travailleurs du sexe grâce à un projet de loi présenté au Parlement.
La prostitution est officiellement illégale en Thaïlande depuis 1960, une position juridique souvent critiquée par les associations de défense des travailleurs du sexe, qui estiment qu’elle permet à l’État d’éviter d’encadrer réellement cette activité.
La fondation Empower, qui défend les droits des travailleurs du sexe, souhaite dépénaliser la prostitution volontaire et accorder aux personnes concernées les mêmes protections du travail que dans d’autres professions.
- La fondation Empower a présenté un projet de loi sur le travail du sexe au Parlement thaïlandais.
- Le texte vise à dépénaliser le travail du sexe volontaire.
- La loi actuelle de 1996 est jugée obsolète et discriminatoire.
- Le projet veut accorder des protections du travail aux travailleurs du sexe.
Un projet de loi présenté au Parlement thaïlandais

Parlement thaïlandais. Photo : Thairath
L’organisation a présenté ce jeudi 28 mai 2026 à la Chambre des représentants un projet de loi visant à dépénaliser le travail du sexe volontaire.
Le texte, officiellement baptisé « projet de loi sur la protection des prestataires de services sexuels », a été remis à 10 h 30 à un conseiller du président de la Chambre, Sophon Zarum, agissant en son nom.
Des représentants de la commission parlementaire sur le droit, la justice et les droits de l’homme étaient également présents, ainsi que des députés du Parti du peuple et du Parti Pheu Thai.
Une loi de 1996 jugée dépassée

Hôtesses devant un gogo bar de Thaïlande. Photo : Crazy Asia – Flickr
Selon Empower, l’actuelle loi de 1996 sur la prévention et la répression de la prostitution ne correspond plus aux réalités actuelles.
L’organisation estime que cette législation criminalise les travailleurs du sexe volontaires et les expose davantage à l’exploitation, aux abus et aux discriminations.
Dans de nombreux cas, les établissements liés au sexe doivent verser des « frais de protection » mensuels à la police locale.
Voir : Thaïlande : le paradoxe d’un tourisme sexuel illégal mais mondialement connu
Le nouveau texte propose donc d’abroger cette loi afin de reconnaître le travail du sexe comme une activité légitime, avec des protections comparables à celles accordées aux autres travailleurs.
Les militants réclament les mêmes droits que les autres travailleurs

Des représentants de la fondation Empower et des soutiens au projet de loi ont déposé plus de 11 000 signatures au Parlement thaïlandais pour demander la dépénalisation du travail du sexe volontaire et de meilleures protections pour les travailleurs du secteur.
Un représentant de la fondation a insisté sur le fait que le projet ne visait pas à promouvoir le travail du sexe, mais à garantir des droits fondamentaux aux personnes concernées.
« Ce projet de loi n’est pas une approbation du travail du sexe.
Il s’agit de respecter les décisions de ceux qui exercent ce métier et de garantir qu’ils bénéficient des mêmes droits fondamentaux que n’importe qui d’autre — ni plus, ni moins », a déclaré le représentant.
La fondation estime également qu’un cadre juridique plus clair permettrait d’améliorer la sécurité des travailleurs du sexe, des clients et des exploitants d’établissements.
Voir aussi :
- La prostitution en Thaïlande, ce qu’il faut savoir
- Prostitution en Thaïlande : quand la loi nie l’évidence
- Thaïlande : le projet de réglementer le commerce du sexe suscite un vif débat
Source : Khaosod English
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