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Thaïlande : un projet de loi veut protéger les travailleurs du sexe

5 commentaires 3 minutes à lire
Militants et représentants de la fondation Empower présentent un projet de loi visant à dépénaliser le travail du sexe au Parlement thaïlandais

La Thaïlande pourrait bientôt reconnaître davantage de droits aux travailleurs du sexe grâce à un projet de loi présenté au Parlement.

La prostitution est officiellement illégale en Thaïlande depuis 1960, une position juridique souvent critiquée par les associations de défense des travailleurs du sexe, qui estiment qu’elle permet à l’État d’éviter d’encadrer réellement cette activité.

La fondation Empower, qui défend les droits des travailleurs du sexe, souhaite dépénaliser la prostitution volontaire et accorder aux personnes concernées les mêmes protections du travail que dans d’autres professions.

À retenir
  • La fondation Empower a présenté un projet de loi sur le travail du sexe au Parlement thaïlandais.
  • Le texte vise à dépénaliser le travail du sexe volontaire.
  • La loi actuelle de 1996 est jugée obsolète et discriminatoire.
  • Le projet veut accorder des protections du travail aux travailleurs du sexe.

Un projet de loi présenté au Parlement thaïlandais

Parlement thaïlandais

Parlement thaïlandais. Photo : Thairath

L’organisation a présenté ce jeudi 28 mai 2026 à la Chambre des représentants un projet de loi visant à dépénaliser le travail du sexe volontaire.

Le texte, officiellement baptisé « projet de loi sur la protection des prestataires de services sexuels », a été remis à 10 h 30 à un conseiller du président de la Chambre, Sophon Zarum, agissant en son nom.

Des représentants de la commission parlementaire sur le droit, la justice et les droits de l’homme étaient également présents, ainsi que des députés du Parti du peuple et du Parti Pheu Thai.

Une loi de 1996 jugée dépassée

Hôtesses devant un gogo bar de Thaïlande

Hôtesses devant un gogo bar de Thaïlande. Photo : Crazy Asia – Flickr

Selon Empower, l’actuelle loi de 1996 sur la prévention et la répression de la prostitution ne correspond plus aux réalités actuelles.

L’organisation estime que cette législation criminalise les travailleurs du sexe volontaires et les expose davantage à l’exploitation, aux abus et aux discriminations.

Dans de nombreux cas, les établissements liés au sexe doivent verser des « frais de protection » mensuels à la police locale.

Voir : Thaïlande : le paradoxe d’un tourisme sexuel illégal mais mondialement connu

Le nouveau texte propose donc d’abroger cette loi afin de reconnaître le travail du sexe comme une activité légitime, avec des protections comparables à celles accordées aux autres travailleurs.

Les militants réclament les mêmes droits que les autres travailleurs

Des militants et membres de la fondation Empower présentent au Parlement thaïlandais un projet de loi visant à dépénaliser le travail du sexe

Des représentants de la fondation Empower et des soutiens au projet de loi ont déposé plus de 11 000 signatures au Parlement thaïlandais pour demander la dépénalisation du travail du sexe volontaire et de meilleures protections pour les travailleurs du secteur.

Un représentant de la fondation a insisté sur le fait que le projet ne visait pas à promouvoir le travail du sexe, mais à garantir des droits fondamentaux aux personnes concernées.

« Ce projet de loi n’est pas une approbation du travail du sexe.

Il s’agit de respecter les décisions de ceux qui exercent ce métier et de garantir qu’ils bénéficient des mêmes droits fondamentaux que n’importe qui d’autre — ni plus, ni moins », a déclaré le représentant.

La fondation estime également qu’un cadre juridique plus clair permettrait d’améliorer la sécurité des travailleurs du sexe, des clients et des exploitants d’établissements.

Voir aussi :


Source : Khaosod English

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5 commentaires

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HANSSON 28 mai, 2026 - 16 h 53 min

Cela fait plusieurs années que ce débat a lieu entre les différents gouvernements qui se succèdent et les associations qui regroupent les travailleurs et travailleuses dans les différentes versions professionnelles offrant des services sexuels en Thaïlande, qui, malgré une loi aujourd’hui complètement bafouée dans les faits, se sont développées depuis plus de 60 ans, depuis la guerre du Vietnam, pour devenir une référence dans le domaine si particulier des métiers du sexe tarifé.

Le débat entre les adeptes d’une légalisation destinée à protéger cette profession, qui officialiserait une réalité dont la Thaïlande refuse encore aujourd’hui l’évidence, et ceux qui considèrent cette « corporation » comme une honte pour la nation thaïlandaise toute entière a empêché jusqu’à présent la reconnaissance des professionnel(le)s du sexe comme une activité légale et reconnue, y compris pour le volet fiscal…

Il est clair que dans ce cas, l’hypocrisie qui est de mise depuis des dizaines d’années et consistant pour les autorités politiques et les services de police à fermer les yeux sur ces activités, allant jusqu’à nier purement et simplement l’existence même de prostitué(e)s sur le territoire national, sous la logique implacable qui consiste à affirmer « qu’il n’y a pas de prostitution en Thaïlande, puisque c’est interdit par la loi » (déclaration du chef de la police de Pattaya en 2015 ou 2016, si mes souvenirs sont bons).

Et parmi les adversaires d’une légalisation de la profession qui concerne quand même entre 250 et 300 000 professionnel(le)s sans compter les occasionnel(le)s, comme les étudiantes qui paient leur études universitaires et ceux et celles utilisant les réseaux sociaux sous couvert de sites de rencontres « sérieuses », il y a évidemment ceux qui tirent profit de la situation actuelle en les exposant à l’exploitation des proxénètes, réseaux mafieux, au chantage et à la corruption des effectifs de police qui proposent leur « protection » moyennant quelques gros billets en fin de mois, avec toujours cette épée de Damoclès au-dessus des propriétaires, gérant(e)s et travailleur(euse)s de bars et autres établissements ciblés de possibles poursuites judiciaires…

Chez nous, on appelle ça un dossier classé sans suite !

En cas de légalisation, tout ce fructueux commerce des dessous de table et de compromis ripoux, tout aussi illégaux que la profession elle-même, serait évidemment réduit à néant en plaçant directement comme hors-la-loi les acteurs d’une corruption généralisée qui règne actuellement dans ce secteur très lucratif des métiers de la vie nocturne thaïlandaise.

Personnellement, et au vu des résultats positifs obtenus dans nos pays européens qui ont assimilé la prostitution volontaire comme profession légalisée à part entière, je crois que ce serait une bonne chose pour la Thaïlande et son « image internationale » qui, de toute manière, dans la situation actuelle ne peut pas être pire !

Reste à espérer que dans cette perspective, la rédaction des articles de ce projet de loi hypothétique sera (une première du genre !) rédigée après de multiples et mûres réflexions, afin de ne pas offrir à ses détracteurs une nouvelle loi « gruyère » comme la loi Anutin de libéralisation du cannabis…

Anutin ? c’est un nom qui me dit quelque chose…

C’est qui ça, encore ? Un chanteur de rock thaï ? Un présentateur TV ? Un cultivateur de cerfeuil ???

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Sébastien LAUNAY 29 mai, 2026 - 8 h 32 min

La Thaïlande innove juridiquement.

Protéger l’illégalité : un concept juridique novateur.

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Jean Pierre 29 mai, 2026 - 14 h 35 min

Ni mieux ni pire que chez nous en France, où la prostitution est légale et les clients sévèrement sanctionnés.

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Luc 555 30 mai, 2026 - 10 h 04 min

L’achat de services sexuels est illégal en France… donc par définition la prostitution est illégale.

Même si se prostituer ou racoler n’est pas pénalisé… en partant du principe que les personnes qui le font sont des victimes…

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HANSSON 30 mai, 2026 - 11 h 24 min

Tout à fait exact, Jean-Pierre !!!

À la limite, encore plus hypocrite qu’en Thaïlande, où, à défaut de mieux combattre le proxénétisme pour favoriser et protéger la prostitution librement consentie, on laisse le client participer à l’économie en circuit fermé sans intermédiaire, mano à mano, sans répression si le consentement et l’acceptation des règles sont respectés de la part des 2 parties, sans atteinte aux personnes, à leur intégrité physique et morale et à leur choix de vie…

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