Un vaste réseau soupçonné d’avoir truqué les concours de la fonction publique a été démantelé en Thaïlande.
Une dizaine de suspects, dont la plupart sont des fonctionnaires, ont été arrêtés dans la province de Nonthaburi.
Ils sont accusés d’avoir falsifié les copies d’examen de milliers de candidats en échange de sommes pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de bahts.
Une descente menée dans une maison de Nonthaburi
La police, épaulée par des agents de la Commission nationale de lutte contre la corruption (NACC), a mené une opération le lundi 22 juin vers 18 heures dans une maison située dans le district de Bang Yai, dans la province de Nonthaburi.
Une dizaine de personnes, principalement des fonctionnaires, ont été interpellées sur place.
Les enquêteurs ont également saisi 18 ordinateurs ainsi que les copies d’examen d’environ 3 000 candidats.
Des copies d’examen falsifiées contre de grosses sommes d’argent
Selon les premiers éléments de l’enquête, les suspects auraient modifié les copies d’examen afin d’assurer la réussite de candidats au concours national de recrutement de la fonction publique locale organisé en février de l’année dernière.
Ce concours, organisé par le Département de l’administration locale, visait à pourvoir 6 669 postes de fonctionnaires.
Le réseau aurait demandé entre 350 000 et 800 000 bahts par candidat, selon le poste convoité.
D’après la police, environ 3 000 candidats auraient eu recours à ce système, et les copies d’au moins 2 000 d’entre eux auraient déjà été falsifiées.
Le montant total des sommes versées au réseau est estimé à plusieurs milliards de bahts.
L’enquête se poursuit
Les autorités poursuivent désormais leurs investigations afin d’identifier l’ensemble des personnes impliquées, qu’il s’agisse des organisateurs du réseau ou des candidats ayant bénéficié de ces manipulations.
Voir aussi :
- Les acteurs du tourisme en Thaïlande dénoncent la corruption policière
- Corruption record en Thaïlande en 2025 : net recule dans l’indice mondial
- Corruption policière en Thaïlande : de nouvelles révélations secouent le pays
Source : Bangkok Post
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1 commentaire
Au vu des montants réclamés par les agents coupables de corruption, les postes à pourvoir doivent être d’un niveau moyen à supérieur dans la hiérarchie des nominations et des grades administratifs thaïlandais !!!
Il est devenu rare qu’il se passe un seul jour sans qu’une nouvelle révélation, dénonciation, enquête ou découverte d’un système de corruption ne vienne alimenter les pages des médias de presse et des réseaux sociaux thaïlandais…
Est-ce qu’il faut en conclure que la lutte contre la corruption généralisée s’est intensifiée et que de plus en plus de corrupteurs, organisations, groupes ou individus sont poursuivis par les cellules et membres non corrompus de la police et de la justice ?
Il est certain en tout cas que la médiatisation des affaires en ce domaine de criminalité est en hausse constante.
À ma connaissance, c’est la première fois qu’une fraude de cette ampleur à un examen d’admission à des fonctions dans une administration thaïlandaise est mise à jour et dévoilée dans les médias.
La première réflexion qui me vient à l’esprit est, qu’une fois de plus, il s’agit très probablement, non pas d’un cas isolé, touchant cette fois-ci la province de Nonthaburi, mais de la partie visible de l’iceberg.
Et que cette pratique a certainement déjà été utilisée (depuis combien d’années ?) par des fonctionnaires véreux lors de concours et d’examens d’admission à divers niveaux de promotion dans la fonction publique.
Qu’il s’agisse de la police, de départements de divers ministères, d’offices de contrôle, notamment dans le domaine des normes d’hygiène et de fabrication dans les différents secteurs alimentaires, agricoles et de transformation.
Ce qui expliquerait la présence sur le marché de la consommation de taux de pesticides cancérigènes élevés lors d’analyses aléatoires et trop peu nombreuses, dans les fruits et légumes indigènes ou importés, mais aussi l’existence de manufactures et ateliers clandestins d’aliments préparés – saucissons, et autres charcuteries, fabriquées et vendues dans tout le pays sous des normes d’hygiène inexistantes et pouvant mettre en danger la santé et jusqu’à la vie des consommateurs.
Ou encore d’autres départements incluant les dépenses publiques en matière de travaux, d’infrastructures routières, de bâtiments officiels, de commissions gouvernementales, de bureaux d’études, de comités de gestion de fonds publics, bref de tout ce qui constitue l’organisation politique, économique et financière d’un État à travers ses institutions publiques et l’utilisation plus ou moins transparente, réglementée et contrôlée de son budget global.
Quelle est l’étendue de ce tsunami de corruption, par rapport aux vaguelettes d’une marée basse qui laissent apparaître quelques affaires dévoilées par le journalisme d’investigation, par quelques cellules, fonctionnaires de justice ou policiers incorruptibles ou encore par la dénonciation ou l’incompétence naïve et criminelle de ses auteurs ?
Probablement ne le saura-t-on jamais…
Alors faut-il se réjouir plus de l’augmentation des « affaires » découvertes que d’un silence prolongé, d’une absence d’affaires qui pourrait faire croire que la corruption est désormais marginale, à l’instar de la prostitution, qui, selon certains officiers de police d’un niveau intellectuel douteux, n’existe tout simplement pas, puisqu’elle est interdite.
D’où ma conclusion qui, dans le même ordre d’idées, rejoint la logique implacable de la loi aveugle et d’une justice sourde et muette, et déclare avec la plus grande fermeté, que la corruption n’existe pas en Thaïlande, puisqu’elle est (évidemment) interdite !