Les touristes chinois sont des cibles privilégiées pour des escrocs chinois qui opèrent avec des locaux en Thaïlande.
Le retour des touristes chinois en Thaïlande s’accompagne d’escroqueries dont les autorités thaïlandaises craignent qu’elles n’entachent la réputation du pays.
Les réseaux sociaux chinois sont, en effet, remplis de posts qui décrivent les arnaques ou les dangers (fictifs ou réels) qui guettent les voyageurs en Thaïlande.
Voir : La Thaïlande considérée comme un pays dangereux par les touristes chinois
Pour faire face à cela, la Thaïlande redouble d’effort pour lutter contre ces escrocs et assurer la sécurité des voyageurs.
Voir : La Thaïlande cherche à assurer la sécurité des voyageurs avant le boom touristique prévu
Le mois dernier, lors d’une conférence de presse, le chef adjoint de la police, le lieutenant-général Surachate Hakparn, a déclaré que 18 Chinois avaient été inculpés d’escroquerie pour avoir vendu à des prix excessifs des amulettes prétendument sacrées à des touristes chinois.
L’arnaque était organisée lors de la visite du temple de Khao Chi Chan, dans la province de Chonburi située dans l’est du pays.
Le temple, un monument bouddhiste, se trouve à environ 160 kilomètres au sud-est de Bangkok, dans une région réputée pour sa beauté naturelle et ses délicieux fruits de mer.
La fraude présumée concerne la vente d’amulettes, objets de foi ou de mode, convoités par les touristes chinois.
Les vraies amulettes peuvent se vendent des milliers de dollars en fonction de leur provenance et de leur matériau.
Mais les amulettes vendues aux touristes chinois, bien que chères, étaient fausses.
Les ventes frauduleuses ont eu lieu au cours du premier semestre 2023, et 20 personnes ont été inculpées, selon la police.
Seize d’entre elles sont des hommes, 18 sont chinoises et deux sont thaïlandaises.
Des moines bouddhistes complices dans les arnaques

La montagne du Bouddha ou Khao Chi Chan et sa grande gravure au laser de Bouddha doré de 109 m sur 70 m.
L’incident du temple de Khao Chi Chan signale le retour d’une escroquerie touristique de longue date qui avait disparu avec l’arrivée de la pandémie.
Surachate a déclaré au journal VOA Thai que quatre autres temples de Chonburi font l’objet d’une enquête pour avoir organisé des escroqueries similaires.
Environ deux douzaines d’autres boutiques de temples de la région de Chonburi soupçonnés de vendre de fausses amulettes ont fermé après que les autorités aient annoncé les arrestations au temple de Khao Chi Chan, a déclaré Surachate.
Le colonel de police Danprai Kaewwehol, commandant adjoint des enquêtes du Bureau de l’immigration, a déclaré lors de la conférence de presse qu’un groupe de voyagistes avait persuadé des touristes chinois d’acheter des amulettes après avoir participé à des rituels à l’intérieur du temple de Kao Chi Chan.
Les objets religieux, dont le prix varie entre 715 et 2 830 dollars, valaient environ 11 dollars chacun, a-t-il précisé.
Les amulettes sont des copies de celles qui se trouvent dans l’une des plus célèbres collections d’amulettes du célèbre moine Phra Somdej du temple Wat Rakang.
La police a récupéré environ 3,7 millions de dollars en espèces, en terres et en biens auprès des suspects chinois.
Wisutthammanusitsomsak, l’abbé de Khao Chi Chan, a été accusé de malversations et libéré sous caution pour avoir loué des locaux aux voyagistes, selon Surachate, qui a ajouté qu’un parent et un assistant de l’abbé étaient également impliqués.
L’enquête a également révélé que les ventes par carte de crédit étaient créditées à des entités en Chine, selon M. Surachate.
L’argent permettait d’assurer le fonctionnement de l’opération en Thaïlande, selon la police.
Yuttasak Supasorn, gouverneur de l’Autorité du tourisme de Thaïlande (TAT), a déclaré à VOA Thai que de telles escroqueries menacent l’industrie touristique post-pandémique du pays, qui a ciblé les touristes chinois avec des publicités et des offres.
Il a exhorté les forces de l’ordre à fermer les entreprises qui exploitent les touristes chinois « en les faisant venir à bas prix et en cherchant à faire des bénéfices en leur vendant des produits de mauvaise qualité à des prix élevés à partir de leur propre réseau de points de vente ».
Voir : Le tourisme « zéro dollar » chinois menace à nouveau la Thaïlande
Lors de la conférence de presse, M. Surachate a déclaré que le président chinois Xi Jinping avait insisté, il y a plus de cinq ans, pour que l’on mette fin à ce tourisme à zéro dollar.
« Il (le président Xi) voulait que les Chinois viennent voir l’histoire de la nation thaïlandaise, le temple du Bouddha d’émeraude, et ne soient pas enfermés dans un circuit d’attractions touristiques ou de restaurants », a déclaré M. Surachate.
La Chine et la Thaïlande ont conclu des accords au mois d’août 2023 pour intensifier la lutte contre les criminels et cybercriminels chinois qui se cachent ou ont des activités frauduleuses en Thaïlande.
Voir : La Thaïlande et la Chine s’associent pour lutter contre la criminalité transnationale
Vente d’amulettes

Vente d’amulettes dans le temple Wat Phra Sri Rattana à Phitsanulok.
Les bouddhistes thaïlandais achètent depuis longtemps des amulettes, qu’ils considèrent comme des protections sacrées et des objets de collection.
Les prix varient de presque rien à des dizaines de milliers de dollars, en fonction de l’origine de l’amulette et des pouvoirs sacrés qui lui sont attribués.
Les temples thaïlandais tirent leurs revenus de la production et de la vente d’amulettes et d’autres objets sacrés.
Le gouvernement et l’organe directeur du bouddhisme thaïlandais, le Conseil suprême du Sangha, réglementent les ventes.
Intiporn Chan-iam, directeur par intérim du Bureau national du bouddhisme, a déclaré lors de la conférence de presse que les temples étaient devenus la cible d’activités frauduleuses et a exhorté les abbés à prendre connaissance des réglementations relatives à la vente d’objets religieux.
Mais la demande croissante en provenance de l’intérieur et de l’extérieur de la Thaïlande, associée à des technologies sophistiquées, a fait des amulettes, vraies ou contrefaites, un marché important pour les acheteurs chinois, ce qui a fait grimper les prix au cours de la dernière décennie.
La croyance selon laquelle une fois qu’un moine a sanctifié une contrefaçon, l’amulette « offre toujours une protection à son propriétaire, à condition qu’il la respecte et qu’il se comporte bien selon les préceptes bouddhistes » complique toute répression, explique Tanistha Danslip dans son livre « Things Thai ».
Wang Lei, marchand d’amulettes à Pékin, a déclaré au Global Times que la plupart des touristes chinois considéraient les amulettes comme des accessoires de mode plutôt que comme des objets religieux, même si certains de ses clients pensaient que le port d’une amulette leur porterait chance.
Les Chinois sont le 2e groupes le plus important de visiteurs en Thaïlande

Des touristes chinois au Grand Palais à Bangkok. Photo : Xinhua/Wang Teng
Au cours des six premiers mois de 2023, la Thaïlande a accueilli 15,4 millions de touristes étrangers, soit cinq fois plus qu’au cours de la même période en 2022, ce qui devrait lui permettre d’atteindre l’objectif de 25 millions de visiteurs fixé par le gouvernement.
Après les 2,4 millions de Malaisiens, les Chinois constituent le deuxième groupe le plus important avec 1,85 million de personnes, selon les données du ministère du tourisme et des sports.
Les Russes, les Sud-Coréens et les Indiens viennent ensuite avec environ 800 000 à 900 000 personnes chacun, tandis que les Américains représentent environ 534 000 personnes.
Voir aussi :
Les arnaques en Thaïlande : les connaître et s’en protéger
Vol d’électricité en Thaïlande, une arnaque courante qui prend pour cible les étrangers
Le tourisme chinois découragé par les arnaques en Thaïlande
Source : VOA
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1 commentaire
Ce qui est remarquable (et que j’ai déjà souligné dans un commentaire précédent sur le même sujet), c’est que ces arnaques prennent naissance dans l’esprit de mafieux chinois qui, par l’intermédiaire sur place d’employés chinois ou thaïlandais subalternes, accompagnées de faits de corruption (de moines dans ce cas précis), arnaquent et volent leurs propres concitoyens en vacances !
Le message que la Thaïlande doit donc envoyer aux touristes chinois en Chine, via les canaux médiatiques de communication de leurs Ambassades et sites Internet officiels, c’est : Si vous venez en Thaïlande, méfiez-vous des tours opérateurs dans votre pays qui vous font des offres de voyage pour quelques centaines de Yuans… (100 Yuans = 13 euros, alors que le salaire mensuel moyen en Chine se situe entre 900 et 1000 euros)…
Si vous venez en Thaïlande, méfiez-vous plus des Chinois qui y travaillent que des thaïlandais…
Si vous venez en Chine, organisez votre voyage en famille, sans passer par une agence de voyage chinoise…
A quand le petit manuel distribué gratuitement dans les aéroports internationaux thaïlandais aux touristes chinois et intitulé :
« Comment les Chinois arnaquent les Chinois… mode d’emploi » et regroupant toutes les affaires criminelles du genre, passées et présentes, faisant ou ayant fait l’objet d’enquêtes de police ?
Et pourquoi se limiter aux seuls touristes chinois ?
Les autres aussi, se font arnaquer malgré les nombreuses mises en garde et témoignages que l’on peut trouver sur les sites de forums de voyageurs victimes de ces gangs…
Pourquoi le Président chinois Xi Jin Ping ne prend pas, avec la puissance et la capacité de répression dont il dispose via ses fonctionnaires de police, des mesures pour interdire à la source, dans son pays, l’organisation de voyages « zéro dollar » en imposant un prix minimum aux agences de voyage chinoises ?
Pas compliqué ça quand même !!!