La décision de la Thaïlande de restituer à la Chine environ 400 à 500 millions de bahts, saisis à des entreprises illégales, a suscité l’émoi parmi ses citoyens.
L’explication du vice-premier ministre Wissanu Krea-ngam, selon laquelle cette décision faisait suite à une affaire criminelle vieille de sept ans impliquant un escroc chinois, a suscité le désaccord de nombreux net-citoyens thaïlandais.
Si le gouvernement chinois a été impressionné par le geste, la décision a donné lieu à des discussions animées sur l’affectation des fonds et ses implications pour les priorités intérieures de la Thaïlande.
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Le geste controversé
Lors d’une récente visite en Chine, le vice-premier ministre Wissanu Krea-ngam a remis l’argent saisi au ministre chinois de l’Intérieur Li Fangshu, illustrant ainsi la coopération entre les deux pays dans la lutte contre les activités illégales.
L’argent était lié à une affaire dans laquelle un escroc chinois avait trompé des milliers de ses compatriotes avant de s’enfuir en Thaïlande et d’investir les gains mal acquis dans l’immobilier thaïlandais.
Toutefois, le ministre chinois de l’Intérieur a exprimé la crainte que les victimes ne se manifestent pas pour réclamer l’argent en raison de son association avec des activités illégales, ce qui a conduit à la décision d’allouer les fonds à l’Office de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLO).
Lors de l’entretien avec les médias, Wissanu a déclaré :
« J’ai rendu l’argent à la Chine.
Le pays m’a très bien accueilli et a chargé le ministre de l’Intérieur de venir me chercher à l’aéroport et de m’inviter à une fête de bienvenue.
Le ministre a été impressionné par la coopération de la Thaïlande.
Il a déclaré que la Chine n’avait jamais connu ce type d’opération de la part d’un autre pays.
Le gouvernement a donc décidé d’utiliser l’argent pour offrir chaque année des bourses à deux autorités de l’Office de lutte contre le blanchiment d’argent ».
Dissidence nationale
Malgré l’intention du gouvernement de coopérer et de faire preuve de bonne volonté, de nombreux net-citoyens thaïlandais ont exprimé leur désaccord avec la décision de restituer l’argent saisi à la Chine.
Ils estiment que les fonds auraient dû être utilisés à des fins nationales, notamment pour financer des projets d’infrastructure essentiels et des initiatives sociales en Thaïlande.
Certains internautes ont cité des motifs juridiques qui suggèrent que les biens confisqués devraient appartenir au pays, conformément à l’article 35 de la loi pénale.
Cette mesure a suscité des discussions sur la question de savoir si le gouvernement privilégie les relations étrangères au détriment des intérêts et de la souveraineté du pays.
Perception de l’influence chinoise
La décision a également amplifié les inquiétudes de la population thaïlandaise quant à l’influence perçue des ressortissants et des entreprises chinoises.
Certains internautes affirment que les entreprises chinoises illégales reçoivent le soutien du gouvernement thaïlandais, ce qui conduit à l’exploitation des ressources et des citoyens thaïlandais.
Voir : Comment les mafias chinoises et les policiers corrompus sapent la sécurité de la Thaïlande
Ce geste a soulevé des questions sur l’impact des investissements chinois et sur l’étendue du contrôle exercé par la Chine sur les affaires de la Thaïlande.
Voir : La montée en puissance de la Chine en Thaïlande suscite une peur croissante
Appels à l’unité nationale
Au milieu des discussions qui sèment la discorde, certains citoyens thaïlandais exhortent leurs compatriotes à donner la priorité à l’unité et à agir dans l’intérêt supérieur de la nation.
Tout en reconnaissant l’importance du maintien des liens diplomatiques, ils soulignent la nécessité de veiller à ce que les besoins et les priorités internes de la Thaïlande ne soient pas compromis.
Messages des net-citoyens
De nombreux internautes thaïlandais ont exprimé leur désaccord sur la question.
Parmi les commentaires, on pouvait lire :
« La Thaïlande est aujourd’hui très pauvre à cause de ces entrepreneurs illégaux.
Vous avez saisi les biens, mais vous ne les avez pas reversés aux habitants du pays.
Si vous ne savez pas où dépenser l’argent, remboursons la dette publique !
La Chine ne sait plus où donner de la tête. »
« Est-ce vrai ?
Selon la loi, cet argent devrait appartenir à notre pays.
L’article 35 de la loi pénale stipule que les biens confisqués par le jugement de la Cour doivent être dévolus au pays, la Cour peut juger que ces biens doivent être rendus inutilisables ou détruits. »
« Sommes-nous sous le contrôle de la Chine ?
Les ressortissants chinois ne cessent d’ouvrir de nouvelles entreprises en Thaïlande.
Certaines d’entre elles sont illégales, mais bénéficient du soutien du gouvernement thaïlandais, n’est-ce pas ? »
« Les entreprises chinoises illégales utilisent les ressources thaïlandaises pour escroquer les Thaïlandais et d’autres victimes dans les pays voisins, mais nous leur avons donné l’argent.
Avons-nous encore de la dignité ? »
« De nombreux Thaïlandais sont effrayés par le contrôle exercé par les États-Unis.
Effrayons d’abord la Chine. »
« Préparez-vous les gars !
Apprenez le chinois !
Nous serons bientôt un pays chinois ! »
« Quand la Thaïlande disparaîtra de la carte du monde.
Les dirigeants sont tous stupides. »
Source : Chiang Rai Times
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1 commentaire
Les commentaires des citoyens thailandais repris dans l’article sont éloquents et je suppose que certains autres commentaires sont même beaucoup plus « durs » à l’encontre de cette manière de concevoir les relations bilatérales entre les 2 pays.
Chez nous, une telle attitude provoquerait au minimum la démission du Ministre concerné, voire du gouvernement dans son entièreté, et la Thaïlande doit être, à cette date, le premier et le seul pays à avoir agi de la sorte.
On n’hésiterait pas à qualifier cela dans l’hexagone ou dans un autre pays européen de comportement « lèche-Q » sur la plus haute marche d’un podium olympique…
Médaille d’Or de la carpette diplomatique !!!