Les récents « cadeaux » pour les voyageurs russes et chinois montrent les efforts de la Thaïlande pour se rapprocher de ces pays.
Le voyage du Premier ministre Srettha Thavisin au rassemblement international du Centre national des congrès de Pékin, lors du Forum de la ceinture et de la route, représente un effort très important pour développer les liens économiques entre la Thaïlande et deux importants partenaires commerciaux, la Chine et la Russie.
Les dernières nouvelles concernant l’immigration thaïlandaise, qui suppriment, pour une certaine période, les visas pour les touristes chinois et allonge la durée des visas à l’arrivée pour les Russes, s’inscrivent certainement dans le cadre de cette politique.
Les citoyens chinois peuvent entrer en Thaïlande sans visa pour une durée de 30 jours, qui peut être prolongée de 30 jours supplémentaires auprès des services de l’immigration thaïlandais.

Le Premier ministre Srettha Thavisin,, accueille les visiteurs chinois à l’aéroport de Suvarnabhumi le lundi 25 septembre après la mise en place de l’exemption de visa. Photo : Wassana Nanuam – Bangkok Post
Le mois prochain, les ressortissants russes bénéficieront d’une exemption de visa qui leur permettra de rester 90 jours, un privilège rare qui n’était auparavant accordé qu’à la Corée du Sud et à une poignée de pays d’Amérique latine.
Voir : La Thaïlande étend l’exemption de visa à 90 jours pour les touristes russes
Shretta avait annoncé cette mesure comme une preuve d’amitié juste avant sa rencontre avec Vladimir Poutine.
Les présidents Xi et Poutine se sont tous deux déclarés satisfaits de ces mesures en matière d’immigration.
M. Srettha souhaite vivement augmenter le nombre de visiteurs russes en Thaïlande, qui a dépassé le million au cours des douze derniers mois.
Il a discuté avec le dirigeant russe de programmes de coopération en matière de sécurité nationale et d’échanges commerciaux, bien qu’aucun détail n’ait été publié.
Il est important de noter que Poutine a été invité à effectuer une visite officielle en Thaïlande l’année prochaine, visite qu’il a acceptée à une date qui sera bientôt fixée.
Voir : Vladimir Poutine accepte l’invitation à se rendre en Thaïlande
Il est rare que Poutine reçoive une telle invitation de la part d’un pays officiellement non aligné et cela en dit long sur la nouvelle orientation des affaires étrangères thaïlandaises.
Les nouveaux liens de la Thaïlande avec la Chine sont probablement encore plus importants.
La Thaïlande souhaite notamment réaliser un mégapont terrestre de 1 000 milliards de bahts dans le sud pour relier le golfe de Thaïlande à la mer d’Andaman, sur une distance de 89 kilomètres, ce qui pourrait s’inscrire aisément dans le cadre de l’initiative internationale chinoise « la Ceinture et la Route ».
Voir : La Thaïlande recherche des investisseurs pour son mégaprojet de pont terrestre
Le gouvernement chinois qui était plutôt favorable à la construction d’un canal, comme celui de Suez ou de Panama, a déjà manifesté son intérêt et s’entretiendra avec le conseil d’investissement de Bangkok.
La Chine est également le principal investisseur étranger dans le Corridor Économique de l’Est (EEC), une zone économique spéciale dans trois provinces de l’est de la Thaïlande qui vise à encourager les investissements, l’innovation et les technologies de pointe en Thaïlande.
Mais des critiques affirment que la Thaïlande doit agir avec prudence, car une alliance informelle avec la Russie pourrait à l’avenir avoir des répercussions négatives dans toutes sortes de directions, notamment une nouvelle baisse du tourisme occidental au pays du sourire.
Tandis que de nombreux pays ont constaté que les accords économiques avec la Chine pouvaient les laisser dans une situation d’endettement permanent.
Par exemple, certains économistes considèrent que le Cambodge dépend désormais de la Chine pour tous ses mouvements macroéconomiques, comme en témoigne la construction de deux nouveaux aéroports par des entreprises chinoises sur la base d’un contrat de location.
Mais les partisans du gouvernement thaïlandais affirment que la Thaïlande doit s’adapter aux réalités des années 2020 et accepter que le tourisme et les investissements occidentaux n’exercent plus l’attraction qu’ils avaient dans le passé sur l’Asie du Sud-Est.
Le premier ministre du Pheu Thai a fait preuve d’audace en liant si étroitement la politique d’immigration à un avantage économique potentiel.
Voir aussi :
La Thaïlande courtise les entreprises chinoises lors du Forum de la ceinture et de la route
La Thaïlande intéressée par un partenariat avec les BRICS
60 000 chinois ont annulé leur voyage en Thaïlande après la fusillade
Source : Pattaya Mail
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1 commentaire
Suite à ces initiatives d’un rapprochement multilatéral entre la Thaïlande et la Chine d’une part et avec la Russie d’autre part, qui sont de plus des alliés politiques et économiques majeurs, notamment au sein de l’émergence du BRIC’S, actuellement en phase de gestation, il est probable que nous allons assister dans les prochains mois à une réaction des intérêts américains dans le pays pour rééquilibrer les influences des 2 blocs de ces superpuissances et maintenir notamment le dollar comme monnaie commerciale et internationale au niveau mondial en général et en Asie du Sud-Est en particulier…
La bataille s’annonce rude et sans merci et pourrait conduire à des tensions supplémentaires dont cette partie du monde, géographiquement éloignée des terrains de conflits ukrainiens et palestino-israélien, se passerait bien !!!